jeudi 9 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA00319 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | AMRANE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme C B ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014 ainsi que des intérêts de retard et des pénalités correspondants.
Par un jugement n° 1804539 du 22 novembre 2019, le tribunal administratif de Marseille a prononcé un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance et a rejeté le surplus de leur demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 janvier 2020 et le 23 juillet 2020, M. B et Mme A divorcée B, représentés par Me Amrane, demandent à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 22 novembre 2019 du tribunal administratif de Marseille en tant qu'il a rejeté le surplus de leur demande ;
2°) de prononcer le " sursis à paiement et au recouvrement " des impositions contestées ;
3°) de prononcer la décharge des impositions restant en litige et pénalités correspondantes ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les premiers juges ont commis une erreur manifeste d'appréciation et d'interprétation des dispositions applicables ;
- la procédure d'imposition est irrégulière en vertu des dispositions de l'arrêté du 12 septembre 1996 et du paragraphe V de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôt : la proposition de rectification du 12 mai 2016 a été adressée par la direction générale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, alors notamment qu'ils étaient domiciliés à Paris et le lien entre M. B et la SARL F, dont il est seulement un associé, n'est pas établi ;
- en l'absence d'une réponse de l'administration dans le délai de soixante jours prévu à l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, celle-ci doit être regardée comme ayant accepté leurs observations présentées le 11 juillet 2016 à la suite de la proposition de rectification du 12 mai 2016 ;
- les avis d'imposition mis en recouvrement les 30 avril et 30 juin 2017 émanent de la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône qui n'était pas territorialement compétente ;
- la notification de l'avis de vérification adressée à la SARL F est irrégulière ;
- ils ne pouvaient pas faire l'objet d'une imposition commune dès lors qu'ils étaient mariés sous le régime de la séparation des biens et que seul M. B est associé de la SARL F ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence des recettes dissimulées et de l'appréhension de ces recettes par M. B et a commis une erreur sur le montant du compte courant d'associé, moyen auquel n'a pas répondu l'administration dans sa réponse aux observations du contribuable, en méconnaissance de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2020, le ministre de l'action et des comptes publics conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 1er août 2000 relatif aux directions des services fiscaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de Mme Courbon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL F, qui exerce une activité de marchand de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices 2012 à 2014 à l'issue de laquelle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur les sociétés lui ont été notifiés sur les exercices clos le 31 décembre 2013 et le 31 décembre 2014. M. C B, associé à 50 % de la SARL F, et son épouse ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration leur a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2014. M. B et Mme A divorcée B relèvent appel du jugement du 22 novembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Marseille a prononcé un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement intervenu en cours d'instance et a rejeté le surplus de leur demande tendant à la décharge des impositions ainsi mises à leur charge.
Sur la régularité du jugement :
2. Hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. B et Mme A divrocée B ne peuvent donc utilement se prévaloir, pour demander l'annulation du jugement attaqué, de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur d'interprétation des dispositions applicables que les premiers juges auraient commises.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. En premier lieu, les requérants reprennent en appel le moyen tiré de ce que les avis d'imposition mis en recouvrement les 30 avril et 30 juin 2017 émanent de la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône qui n'était pas territorialement compétente, sans toutefois l'assortir d'éléments de fait ou de droit nouveaux. Par suite, il convient de l'écarter par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 6 du jugement attaqué.
4. En deuxième lieu, aux termes, d'une part, de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts : " () II. Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer les attributions que ces dispositions leur confèrent à l'égard des personnes physiques ou morales ou groupements de personne de droit ou de fait qui ont déposé ou auraient dû déposer dans le ressort territorial du service déconcentré ou du service à compétence nationale dans lequel ils sont affectés une déclaration, un acte ou tout autre document ainsi qu'à l'égard des personnes ou groupements qui, en l'absence d'obligation déclarative, y ont été ou auraient dû y être imposés ou qui y ont leur résidence principale, leur siège ou leur principal établissement. () V. Sans préjudice des dispositions des II, III et IV, les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer leurs attributions à l'égard des personnes physiques ou morales et des groupements liés aux personnes ou groupements qui relèvent de leur compétence. / Les liens existant entre les personnes ou groupements s'entendent de l'appartenance ou du rattachement à un même foyer fiscal, de l'exercice d'un rôle de direction de droit ou de fait, d'une relation d'association, de subordination ou d'interposition, ou de l'appartenance à un même groupe d'intérêts. Les arrêtés d'attributions des services déconcentrés et des services à compétence nationale définissent, s'il y a lieu, la compétence des agents au regard des personnes unies par ces liens. ".
5. Aux termes, d'autre part, de l'article 2 de l'arrêté ministériel du 1er août 2000 relatif aux directions des services fiscaux, alors en vigueur et ayant abrogé l'arrêté du 12 septembre 1996 invoqué par les requérants : " 2. Ces mêmes fonctionnaires territorialement compétents pour le contrôle de la situation fiscale d'une activité professionnelle, d'une exploitation, d'une entreprise, d'une société, d'un groupement ou d'une entité qu'une personne physique ou l'un des membres de son foyer fiscal exerce ou dirige, ou dans lesquels ils sont associés, peuvent procéder au contrôle de l'ensemble des revenus concourant à la détermination du revenu global de cette personne, quel que soit le lieu de son domicile. ".
6. Les requérants, domiciliés à Paris, font valoir que la proposition de rectification du 12 mai 2016 notifiée par la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône, a été établie par un service vérificateur territorialement incompétent. Toutefois, cette proposition de rectification a été annulée et remplacée par celle du 6 septembre 2016, adressée dans le délai de reprise par le service des impôts des particuliers du septième arrondissement de Paris. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant. Au demeurant, il est constant que M. B détient 50 % des parts de la société ainsi qu'un compte courant d'associé. Par suite, les liens existant entre lui-même et la SARL F sont, au sens et pour l'application des dispositions citées au point 4, suffisants pour que le service des impôts des particuliers du septième arrondissement de Paris ait pu régulièrement procéder au contrôle fiscal du foyer qu'il constitue avec son épouse.
7. En troisième lieu, aux termes du I de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de vérification de comptabilité d'une entreprise ou d'un contribuable exerçant une activité industrielle ou commerciale dont le chiffre d'affaires est inférieur à 1 526 000 euros s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, ou à 460 000 euros s'il s'agit d'autres entreprises ou d'un contribuable se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes est inférieur à 460 000 euros, l'administration répond dans un délai de soixante jours à compter de la réception des observations du contribuable faisant suite à la proposition de rectification mentionnée au premier alinéa de l'article L. 57. Le défaut de notification d'une réponse dans ce délai équivaut à une acceptation des observations du contribuable. ".
8. Les requérants, ayant fait l'objet d'un contrôle sur pièces et non d'une vérification de comptabilité, ne sauraient utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, qui s'applique uniquement en cas de vérification de comptabilité. Au surplus, d'une part, il ne peut être fait grief à l'administration fiscale de ne pas avoir répondu aux observations présentées à la suite de la première proposition de rectification qui a, comme il a été mentionné au point 6, été annulée et remplacée. D'autre part, s'ils soutiennent que l'administration fiscale n'a pas répondu, dans sa réponse à leurs observations du 7 octobre 2016 formulées à la suite de la proposition de rectification du 6 septembre 2016, au moyen tiré de l'erreur concernant l'apport de 100 000 euros figurant au compte courant au nom de M. B, ce moyen manque en fait, la réponse datée du 7 novembre 2016, précisant que la distribution constatée par le service résulte de la remise en cause d'une charge fictive comptabilisée par la SARL F sous le libellé " G".
9. En dernier lieu, en vertu du principe d'indépendance des procédures, les moyens relatifs à la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'encontre d'une société soumise au régime d'imposition des sociétés de capitaux sont sans influence sur les impositions personnelles mises à la charge des bénéficiaires des revenus de capitaux mobiliers distribués par cette société. Par suite, pour contester les impositions en litige, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que l'avis de vérification de comptabilité a été irrégulièrement notifié à la SARL F.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
10. En premier lieu, aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " 1. () Sauf application des dispositions des 4 et 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune pour les revenus perçus par chacune d'elles et ceux de leurs enfants et des personnes à charge mentionnés au premier alinéa ; cette imposition est établie au nom de l'époux, précédée de la mention " Monsieur ou Madame ". () / 4. Les époux font l'objet d'impositions distinctes : a. Lorsqu'ils sont séparés de biens et ne vivent pas sous le même toit ; b. Lorsqu'étant en instance de séparation de corps ou de divorce, ils ont été autorisés à avoir des résidences séparées ; c. Lorsqu'en cas d'abandon du domicile conjugal par l'un ou l'autre des époux, chacun dispose de revenus distincts. () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque, dans les trois cas envisagés, les conditions prévues sont remplies, l'imposition distincte des époux est applicable de plein droit. A l'inverse, en dehors de ces cas, les revenus des deux conjoints doivent être obligatoirement cumulés dans le cadre de l'imposition par foyer, sans qu'il y ait possibilité, pour le mari ou son épouse, de demander une imposition séparée.
11. Il est constant que pour la période en litige, M. et Mme B étaient mariés. La seule circonstance, à la supposer établie, qu'ils étaient mariés sous le régime de la séparation de biens ne fait pas obstacle au principe de l'imposition commune, cette circonstance ne faisant pas partie des exceptions prévues à l'article 6 du code général des impôts. Il ne résulte pas de l'instruction que les époux vivaient séparément ou se trouvaient dans l'une des situations énumérées au point 4 de l'article 6 du code général des impôts, alors notamment que l'ensemble des correspondances adressées à l'administration fiscale et versées aux débats font état d'une adresse commune à Paris. Par suite, et sans qu'ait une incidence la circonstance que Mme A divorcée B ne soit pas associée au sein de la SARL F, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a procédé à une imposition commune.
12. En second lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". En cas de refus des rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve, d'une part, de l'existence et du montant des revenus distribués et, d'autre part, de leur appréhension par le contribuable.
13. Il résulte de l'instruction que lors des opérations de contrôle de la SARL F, le service a constaté que l'entreprise avait enregistré, au cours de l'exercice 2014, une charge fictive sous le libellé " G " d'un montant de 384 535,20 euros, dont l'écriture, qui n'a pas été justifiée, figurait au crédit du compte courant de M. C B. Le service a également constaté que le compte courant d'associé de M. B faisait apparaître des prélèvements, en 2014, sur le compte bancaire de la SARL F pour un montant total de 252 000 euros et que M. B n'avait déclaré aucun revenu de capitaux mobiliers. Il a considéré que ces prélèvements avaient été artificiellement justifiés par la charge d'exploitation enregistrée dans le compte fournisseur de l'entreprise, d'un montant de 384 535,20 euros et que cette somme avait été indirectement appréhendée par les deux associés de la SARL F, regardés comme ayant été les bénéficiaires de revenus distribués à hauteur de leur participation respective dans le capital de la société. Si les requérants soutiennent que l'administration n'a pas tenu compte de l'apport de 100 000 euros figurant au compte courant d'associé de M. B, correspondant à des avances sur des achats de biens immobiliers, l'existence de cet apport est, en tout état de cause, sans incidence, dès lors, que la rectification ne porte pas sur le solde du compte courant d'associé de M. B et que les autres écritures passées sur ce compte n'ont pas été remises en cause par le service. Au vu de ces éléments, alors même que M. B aurait déclaré, lors des opérations de contrôle, ne pas être le bénéficiaire des sommes en litige, compte tenu de la comptabilisation par la SARL F de la charge fictive d'un montant de 384 535,20 euros et des prélèvements réalisés par M. B, associé de la SARL à hauteur de 50 %, l'administration apporte la preuve de l'existence, du montant et de l'appréhension par les requérants des sommes réputées distribuées qu'elle a réintégrées dans leurs revenus au titre des revenus de capitaux mobiliers.
Sur les conclusions tendant au bénéfice d'un sursis de paiement :
14. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent () ".
15. Les dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales, qui ont pour objet de permettre de surseoir au paiement des impositions lorsqu'il a été formé contre elles une réclamation contentieuse, n'ont de portée que pendant la durée de l'instance devant le tribunal administratif. Lorsque le tribunal s'est prononcé au fond, son jugement rend à nouveau exigibles les impositions dont il n'a pas prononcé la décharge. Hormis les procédures spécialement édictées en matière de référé, aucune disposition législative ou réglementaire n'a prévu une procédure de sursis de paiement des impositions contestées pendant la durée de l'instance devant la cour administrative d'appel. Par suite, les conclusions de la requête tendant au bénéfice du sursis de paiement et " de la mise en recouvrement " des impositions en litige doivent être rejetées.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et Mme A divorcée B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté le surplus de leur demande. Par voie de conséquence, doivent être rejetées leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et Mme A divorcée B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B, à Mme D A divorcée B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 19 mai 2022, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- Mme Bernabeu, présidente assesseure,
- Mme Carotenuto, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 juin 2022.
nc
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026