LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA00527

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA00527

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA00527
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantDI ANGELO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société à responsabilité limitée (SARL) Rénovation Luxe Marseille a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2012 au 30 septembre 2014 et des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1802799 du 4 décembre 2019, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 février 2020 et le 12 mai 2022, la SARL Rénovation Luxe Marseille, représentée par Me Bordet, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 4 décembre 2019 du tribunal administratif de Marseille ;

2°) de prononcer la décharge des impositions en litige et pénalités correspondantes ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué, qui est insuffisamment motivé et comporte des mentions contradictoires relatives à la date d'audience, est irrégulier ;

- les travaux en litige n'ont pas concouru à la livraison d'un immeuble neuf telle que définie par les dispositions du 2° du 2 du I de l'article 257 du code général des impôts ;

- les travaux ont eu pour conséquence une construction de surface de plancher importante, mais l'emprise au sol a été augmentée pour une surface inférieure à 100 m2 ;

- les travaux d'extension ont consisté notamment en la création d'un nouvel appartement, qui se trouve parfaitement indépendant de l'immeuble ancien ;

- ces travaux sont dissociables du reste des travaux réalisés sur le bâtiment ancien et qui s'analysent en des travaux de rénovation ;

- les fondations du bâtiment étaient saines et les sondages n'ont été réalisés qu'en vue de l'aménagement des garages ;

- les cotes altimétriques du bâtiment n'ont été quasiment pas modifiées ;

- le service n'apporte aucun élément de nature à révéler que la majorité de la consistance des façades hors ravalement a été rendue à l'état neuf ;

- les éléments de second œuvre énumérés à l'article 245 A de l'annexe II au code général des impôts n'ont pas été concernés par les travaux réalisés ;

- la décision par laquelle l'administration assortit les rappels en litige de la majoration de 80 % est insuffisamment motivée en fait ;

- les pénalités ne sont pas fondées, les éléments matériel et intentionnel faisant défaut.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Courbon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Collet représentant la SARL Rénovation Luxe Marseille.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Rénovation Luxe Marseille, anciennement dénommée SARL F, dont le gérant est M. A, relève appel du jugement du 4 décembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés, à la suite de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet, pour la période du 1er janvier 2012 au 30 septembre 2014, résultant de la remise en cause de l'application du taux réduit de taxe aux travaux qu'elle a réalisés au cours des années 2012 et 2013 sur un bien immobilier situé Dà Marseille.

Sur la régularité du jugement :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".

3. Il ressort de l'examen des points 4 et 5 du jugement que le tribunal administratif de Marseille a indiqué les éléments qui l'ont conduit à considérer que les prestations facturées n'entraient pas dans le champ d'application du taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée prévu par l'article 279-0 bis du code général des impôts. Ainsi, le tribunal, alors même qu'il n'a pas procédé à une analyse détaillée des factures de travaux et apprécié si, pour chaque prestation facturée, les travaux ont concouru à la production d'un immeuble neuf, a répondu de manière suffisante au moyen. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision fait apparaître la date de l'audience et la date à laquelle elle a été prononcée ". Il n'est pas contesté que les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience qui s'est tenue le 20 novembre 2019. Si le jugement attaqué, lu en audience publique le 4 décembre 2019, fait état de deux dates d'audience différentes, l'erreur qui affecte l'une de ces dates, qui est purement matérielle, est sans influence sur sa régularité.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

5. Aux termes de l'article 278 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 19,60 % ". Aux termes de l'article 279-0 bis du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 7 % sur les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation, achevés depuis plus de deux ans, à l'exception de la part correspondant à la fourniture d'équipements ménagers ou mobiliers ou à l'acquisition de gros équipements fournis dans le cadre de travaux d'installation ou de remplacement du système de chauffage, des ascenseurs, de l'installation sanitaire ou de système de climatisation dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé du budget. / 2. Par dérogation au 1, le taux prévu à l'article 278 s'applique aux travaux, réalisés sur une période de deux ans au plus : / a) Qui concourent à la production d'un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l'article 257 ; () ". Aux termes de l'article 257 de ce code : " I.- Les opérations concourant à la production ou à la livraison d'immeubles sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée dans les conditions qui suivent. () / 2. Sont considérés : () / 2° Comme immeubles neufs, les immeubles qui ne sont pas achevés depuis plus de cinq années, qu'ils résultent d'une construction nouvelle ou de travaux portant sur des immeubles existants qui ont consisté en une surélévation ou qui ont rendu à l'état neuf : / a) Soit la majorité des fondations ; / b) Soit la majorité des éléments hors fondations déterminant la résistance et la rigidité de l'ouvrage ; / c) Soit la majorité de la consistance des façades hors ravalement ; / d) Soit l'ensemble des éléments de second œuvre tels qu'énumérés par décret en Conseil d'Etat, dans une proportion fixée par ce décret qui ne peut être inférieure à la moitié pour chacun d'entre eux () ".

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée.

7. La SARL Rénovation Luxe Marseille, a effectué, au cours des années 2012 et 2013 pendant lesquelles son activité était celle d'une entreprise générale de bâtiment axée sur l'immobilier de luxe, des travaux portant sur un bien immobilier, acquis par la SARL Ble 17 novembre 2011, société détenue à 50 % par la SARL E, dont le gérant et l'associé était M. A. Il résulte de l'instruction et notamment du dossier de demande de permis de construire déposé le 9 juin 2011, que la SARL B a fait réaliser en 2012 et 2013 dans l'immeuble litigieux des travaux ayant consisté notamment en l'extension d'un bâtiment existant, portant la surface hors œuvre nette de 492 mètres carrés à 973 mètres carrés, la dépose et réfection de la toiture de l'ancien bâtiment, l'arase des murs et la réfection des façades, la surélévation de l'immeuble par la création d'un niveau supplémentaire et le renforcement des fondations. L'importance des travaux réalisés est confirmée par le diagnostic technique du 26 juillet 2012 émanant de la société Arcogex, indiquant que " le corps principal du bâtiment [est] entièrement démoli avec reprise depuis les fondations d'une nouvelle construction en cours d'achèvement () La partie ancienne de l'immeuble () est affectée de démolition partielle, tant au niveau de ses équipements (électricité, plomberie) que de son bâti (couverture, murs de façade, baie) ". Ce même diagnostic fait état d'une nouvelle construction qui permet d'accéder à l'ancienne construction à laquelle elle est accolée. L'étude géotechnique de la société ERG du 19 juillet 2012 fait état, par ailleurs, de la nécessité d'études et de sondages de sols en vue de la réalisation et du renforcement éventuel des fondations pour mener à bien la modification de l'immeuble. La société requérante se borne à faire valoir que les travaux litigieux doivent être regardés comme de simples travaux de rénovation, à l'exception de ceux réalisés dans l'extension construite en dehors du volume du bâtiment existant et pour lesquels elle a accepté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée, que l'altimétrie est sensiblement identique, que les fondations n'ont pas été reprises et que l'emprise au sol n'a quasiment pas augmenté. Toutefois, les travaux ont comporté des démolitions partielles et totales, la restauration complète de la toiture, la création d'un niveau supplémentaire et la surface habitable a été augmentée de façon significative. Par suite, ces travaux doivent être regardés comme portant sur la majorité des éléments hors fondations déterminant la résistance et la rigidité de l'ouvrage au sens du 2° du 2 du I de l'article 257 du code général des impôts, auxquels le taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée n'est pas applicable. La circonstance que l'extension nouvellement construite serait dissociable de l'ancien bâtiment existant et que certaines parties des fondations, certains éléments hors fondations, ainsi que des éléments de second œuvre, notamment les planchers et les cloisons intérieures, n'auraient pas été modifiés, est sans incidence sur la nature et l'ampleur desdits travaux

En ce qui concerne les pénalités :

8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : () / c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses () ". Il ressort de ces dispositions que les pénalités pour manœuvres frauduleuses ont pour objectif de sanctionner des agissements destinés à égarer ou à restreindre le pouvoir de contrôle de l'administration.

9. En relevant que la SARL Rénovation Luxe avait, d'une part, émis des factures ne reflétant pas la réalité des travaux effectués et laissant penser que les travaux litigieux devaient être regardés comme des travaux de réhabilitation d'un immeuble ancien et d'autre part, qu'elle était étroitement liée à la SARL B, faisant partie du même groupe informel de sociétés et ayant le même gérant, l'administration établit l'existence d'agissements destinés à égarer ou restreindre l'exercice de son pouvoir de contrôle. Par suite, l'administration, qui a suffisamment motivé la majoration en cause, apporte la preuve qui lui incombe de l'existence de manœuvres frauduleuses et a pu, à bon droit, mettre à la charge de la société la majoration de 80 % prévue au c. de l'article 1729 du code général des impôts.

10. Il résulte de tout ce qui précède, que la SARL Rénovation Luxe Marseille n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Rénovation Luxe Marseille est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société à responsabilité limitée Rénovation Luxe Marseille et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, où siégeaient :

- Mme Helmlinger, présidente de la Cour,

- Mme Bernabeu, présidente assesseure,

- Mme Carotenuto, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions