jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA02520 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il été assujetti au titre de l'année 2010 et des pénalités correspondantes.
Par un jugement n° 1806561 du 27 mai 2020, le tribunal administratif de Marseille a prononcé un non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement intervenu en cours d'instance et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2020 et le 22 septembre 2022, M. B, représenté par Me Maillard, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 27 mai 2020 du tribunal administratif de Marseille en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;
2°) de prononcer la décharge des impositions restant en litige et pénalités correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie avoir effectué les achats et reventes pour le compte de l'EURL D et ne peut être taxé sur les ventes sans tenir compte des achats ainsi réalisés ;
- dès lors que l'EURL D n'a ni comptabilisé les achats, ni décaissé les sommes permettant d'effectuer les achats en litige, il n'a pas pu appréhender les sommes en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Ury, rapporteur public,
- et les observations de Me Maillard, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) D, dont M. B est le gérant et l'associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2010 et 2011, résultant de la reconstitution de ses recettes relatives à des opérations d'achat et de vente d'or au titre de ces exercices. M. B, qui a parallèlement fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle, a été assujetti, en conséquence des rehaussements des bénéfices de la société, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2010 résultant de la réintégration, dans ses revenus, de revenus réputés distribués par cette société sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et du c de l'article 111 du même code. M. B relève appel du jugement du 27 mai 2020 par lequel, après avoir prononcé la décharge de la part des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux ayant résulté de la majoration de 25 % de la base imposable, le tribunal administratif de Marseille a rejeté le surplus de sa demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 4 décembre 2013 a été régulièrement notifiée à M. B le 12 décembre 2013. Ce dernier, qui n'a pas répondu dans le délai de trente jours à cette proposition de rectification dès lors que ses observations ont été formulées le 10 février 2014, supporte la charge de la preuve de l'exagération du montant des sommes réputées distribuées, de l'absence de leur appréhension ou de la démonstration qu'elles ne constitueraient pas des rémunérations ou des avantages occultes.
4. En second lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ".
5. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale, dans le cadre de l'examen de la situation fiscale personnelle de M. B, a constaté que le compte bancaire personnel CIC n° 59845101 de ce dernier avait été crédité de sommes en provenance des sociétés SAAMP et CMAO. M. B a reconnu, dans le cadre des entretiens réalisés au cours de ces opérations de contrôle et dans sa réponse du 27 août 2013 à la suite de la mise en demeure n° 2172 du 27 juin 2013 qui lui avait été adressée, que ces sommes constituaient des recettes destinées à l'EURL D. Cette société a d'ailleurs confirmé, dans le cadre des opérations de vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet, et notamment dans un courrier du 9 octobre 2013, qu'elle avait choisi d'utiliser le compte bancaire personnel du requérant pour " enregistrer les opérations commerciales de rachat et vente d'or " qu'elle effectuait. Le service vérificateur a également indiqué, qu'à la suite de l'exercice du droit de communication effectué dans le cadre de ces opérations de vérification, que la société SAAMP avait confirmé avoir pour client l'EURL D. L'administration fiscale a donc considéré que les sommes créditées sur le compte bancaire personnel de M. B au titre de l'année 2010, à hauteur de 246 567 euros, correspondant à des recettes professionnelles non comptabilisées par l'EURL et appréhendées par lui, constituaient des revenus distribués, notamment sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. M. B soutient que seuls les bénéfices nets de l'activité d'achat-revente d'or doivent être imposés entre ses mains en qualité de revenus distribués et que doivent, en conséquence, être retranchées des sommes imposées les dépenses correspondant aux achats d'or qu'il a effectués pour la société. Toutefois, M. B, à qui la charge de la preuve incombe, n'apporte aucun élément permettant de déterminer le montant des achats qu'il conviendrait de prendre en compte. A cet égard, la production de ses relevés du compte bancaire CIC n° 59845101 pour les mois de mars 2009 à décembre 2010, comprenant des mentions manuscrites type " achat or ", accompagnés de quelques bordereaux de remise de chèque correspondant à des sommes inscrites au crédit desdits relevés ainsi qu'un tableau récapitulatif établi par le requérant " des achats décaissés ", par chèques ou espèces, ne permet pas d'apprécier le montant des achats d'or qu'il aurait réalisés pour la société ni d'opérer un recoupement entre les écritures de son compte bancaire personnel et les sommes engagées dans l'intérêt de la société. En outre, est sans incidence la circonstance que l'administration fiscale, dans le cadre des opérations de vérification de comptabilité de l'EURL D, a pris en compte les achats d'or réalisés par cette société dès lors qu'il résulte de l'annexe I à la proposition de rectification envoyée à l'EURL D que ses bénéfices nets ont été reconstitués en tenant compte, pour les achats d'or, du livre de police et non des relevés des comptes bancaires personnels de M. B. De même, ce dernier ne peut utilement se prévaloir de la lettre du 4 octobre 2013 adressée par la vérificatrice au représentant de la société indiquant : " Vous m'avez présenté le livre de police de la société sur lequel vous m'avez indiqué les achats et ventes d'or réalisés sur la période vérifiée. Vous m'avez désigné les achats qui correspondraient aux ventes encaissées en 2010 sur vos comptes personnels, examinés dans le cadre de l'examen de votre situation fiscale personnelle. Toutefois, en l'absence de déclaration de ces ventes au niveau des produits de l'EURL D, je vous demanderais de bien vouloir me confirmer par écrit () que ces opérations de vente d'or figurant sur vos comptes bancaires personnels ont bien été réalisées par l'EURL D " qui reprend ses propos et sollicite des précisions sans se prononcer sur le bien-fondé des prétentions du contribuable. Par suite, l'administration fiscale était fondée à regarder la somme en litige comme un revenu distribué imposable entre les mains de M. B, associé unique de l'EURL, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté le surplus de sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- Mme Carotenuto, première conseillère,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 octobre 2022.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026