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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-21MA01596

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-21MA01596

jeudi 31 mars 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-21MA01596
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP ROUZAUD & ARNAUD-OONINCX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C B a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2015, ainsi que des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1908560 du 26 mars 2021, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 27 avril 2021, Mme B, représentée par Me Rouzaud, demande à la Cour :

1°) d'annuler ce jugement du 26 mars 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la proposition de rectification du 15 décembre 2016 ne satisfait pas aux exigences de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales en omettant de l'informer des conséquences financières, de sorte qu'elle n'a pu interrompre la prescription ;

- la somme de 60 000 euros créditée sur son compte courant d'associée au sein de la société Corepro ne constitue pas un revenu distribué au sens du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts, dès lors qu'il s'agit d'un apport en compte courant de fonds personnels ;

- les sommes inscrites sur son compte courant d'associée sous le libellé " Home invest " proviennent de la SARL Home Invest, société à laquelle elle est totalement étrangère.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance demande à la Cour de rejeter la requête de Mme B.

Il fait valoir que les moyens soulevés par l'appelante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2021, la présidente de la Cour a désigné Mme Bernabeu, présidente assesseure de la 3ème chambre, pour statuer dans les conditions prévues à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, qui était associée de la société à responsabilité limitée (SARL) Corepro, qui exerçait notamment une activité d'achat, de vente, de location et de travaux d'aménagement de biens immobiliers, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration lui a notifié, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013 à 2015. L'intéressée relève appel du jugement du 26 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces cotisations supplémentaires et des pénalités correspondantes.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la Cour peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

3. En premier lieu, si la requérante fait valoir que " la proposition de rectification rédigée sur 22 pages le 15 décembre 2016 () ne satisfait pas aux obligations de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, en ce qu'elle [ne l']informe pas pleinement des conséquences financières ", il résulte toutefois des dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales que l'administration n'est tenue d'indiquer le montant des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications proposées que dans les notifications qui font suite à un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle ou à une vérification de comptabilité. Mme B ne saurait donc utilement se prévaloir de cette obligation qui ne s'applique pas aux rectifications consécutives à un contrôle sur pièces. En outre, même si elle n'y était pas tenue, l'administration fiscale a pris soin de préciser à la contribuable, dans la proposition de rectification précitée qui comporte 22 feuillets et non 25, et qui a été réceptionnée par cette dernière le 23 décembre suivant, les conséquences financières de ce contrôle en pages 17 à 22. Par suite, et en tout état de cause, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la proposition de rectification en litige n'a pu valablement interrompre la prescription.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / () ". Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé et ont donc le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts. Pour échapper à cette imposition, il incombe à l'associé de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.

5. D'une part, il résulte de l'instruction que le vérificateur a constaté qu'une somme de 60 000 euros, correspondant à l'encaissement d'un chèque le 12 novembre 2013, figurait au crédit du compte courant d'associée de Mme B dont celle-ci disposait au sein de la SARL Corepro. Il a relevé, après exercice de son droit de communication, que ce crédit correspondait au règlement de travaux effectués pour le compte de la société LHBL, qui est le nom commercial de la SARL Corepro, et non à une dette justifiée de la société vis-à-vis de son associée, le donneur d'ordre du chèque de banque n'étant au demeurant pas Mme B, mais un certain M. G. V.. La requérante n'apporte toujours pas en appel de pièce justificative de nature à contredire le constat ainsi opéré par l'administration fiscale. Dès lors, l'administration a pu à bon droit considérer que la somme précitée inscrite à son compte courant d'associée de la SARL Corepro constituait un revenu distribué en application du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts et a intégré cette somme aux revenus déclarés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de l'année 2013.

6. D'autre part, l'administration a imposé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers la somme totale de 40 400 euros portée au crédit du compte courant d'associé de Mme B dans les écritures de la SARL Corepro les 6 juin 2014, 17 juillet 2014 et 6 août 2014 sous le libellé " Home invest ". Si Mme B soutient que ces sommes proviennent de la société Home Invest, société à laquelle elle est totalement étrangère, d'une part, elle n'établit ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité de procéder, en droit ou en fait, au prélèvement de la somme créditée sur son compte. D'autre part, l'intéressée ne justifie pas davantage que cette somme ne correspondrait pas à la mise à disposition d'un revenu mais constituerait la transcription comptable d'une opération d'une autre nature impliquant une contrepartie pour la société. Dans ces conditions, l'administration fiscale doit être regardée comme ayant établi l'existence et l'appréhension par Mme B A la somme de 40 400 euros en litige.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B qui est manifestement dépourvue de fondement, doit être rejetée par application des dispositions, précitées au point 2, du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris, celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.

Copie en sera adressée au directeur du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.

Fait à Marseille, le 31 mars 2022.

N°21MA01596

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