vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-21MA04931 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CARRASCOSA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er juillet 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
Par un jugement n° 2106330 du 22 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2021, M. B, représenté par Me Carrascosa, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 22 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er juillet 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous la même astreinte.
Il soutient que :
S'agissant de la décision refusant un titre de séjour :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement eu égard à ses conditions de séjour en France.
La demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision du 23 mai 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité arménienne, relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er juillet 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit.
2. En premier lieu, M. A, signataire de l'arrêté contesté, bénéficiait en sa qualité de chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la préfecture des Bouches-du-Rhône, par un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 11 février 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 13-20210-02-11-001 du même jour, d'une délégation à l'effet de signer les décisions en matière d'obligation de quitter le territoire français et celles relatives au délai de départ volontaire.
3. En deuxième lieu, s'agissant des moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision de refus de titre de séjour et de ce qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, il convient de les écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif respectivement aux points 2 et 3 de son jugement en ajoutant, par ailleurs, que la circonstance selon laquelle le préfet aurait fait une appréciation erronée de sa situation personnelle n'est, en tout état de cause, pas de nature à vicier la régularité formelle de cette motivation.
4. En troisième lieu, il convient également d'écarter le moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif au point 6 de son jugement dès lors que, le requérant, en se bornant à faire valoir qu'il est dans l'impossibilité d'apporter la preuve qu'il a effectivement travaillé, qu'il est hébergé par sa mère et qu'il est, sans toutefois en justifier, en recherche active d'emploi, ne critique pas utilement les motifs retenus à juste titre par les premiers juges et ainsi adoptés.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie () et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine (). "
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, est entré en France dès 2017 afin de se faire soigner, en urgence, d'une hydrocéphalie aigue par kyste colloïde du 3ème ventricule et qu'il s'y est maintenu continuellement depuis, ainsi qu'en témoignent, notamment, ses certificats de scolarités des années 2017 à 2020. Si l'intéressé justifie avoir obtenu en juillet 2020 son certificat d'aptitude professionnelle " commercialisation et services en hôtel-café-restaurant " et fait valoir que sa mère, chez qui il réside, et sa sœur, séjournent régulièrement en France sous couvert de titre de séjour respectivement valable jusqu'en décembre 2021 et octobre 2023, toutefois, d'une part, il n'établit ni la régularité ni l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec sa sœur et, d'autre part, il justifie d'une durée de séjour relativement brève sur le territoire national alors qu'il a vécu jusqu'à ses 24 ans, soit la majeure partie de sa vie, en Arménie, où vivent son père et son frère et où il a obtenu un diplôme de mécanicien automobile. Dans ces conditions, eu égard, en particulier, aux conditions de séjour de l'intéressé en France, à la durée de séjour ainsi qu'à la présence d'attaches familiales fortes en Arménie, le préfet, n'a pas, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs du refus et n'a ainsi pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, il n'a, en tout état de cause, pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de ce refus sur la situation personnelle de M. B. Par suite, les moyens soulevés à ces titres doivent être écartés.
7. Enfin, en se bornant soutenir " que compte tenu des développements exposés [à l'égard de la décision lui refusant le séjour, il] ne pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement], M. B ne présente, à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, qu'un moyen non-assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, d'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le préfet, en édictant une mesure d'éloignement à son encontre, n'a ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis, ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle alors que, d'autre part, dès lors que la décision lui refusant le séjour n'est pas entachée des illégalités qu'il allègue, il n'est, ni fondé à exciper de son illégalité à l'appui de sa demande dirigée contre l'obligation de quitter le territoire français attaquée, ni fondé à en demander l'annulation de cette dernière par voie de conséquence.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à Me Carrascosa.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 29 juillet 2022
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026