mercredi 22 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA01241 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VARTANIAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 18 novembre 2021 refusant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2110959 du 28 mars 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, M. A B, représenté par Me Vartanian, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 28 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de trente jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte également de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a dénaturé les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en restreignant les cas de saisine de la commission et s'est fourvoyé dans sa prise en considération des attestations versées au débat ;
- le préfet a commis un vice de procédure en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour ;
- le refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne ;
- la mesure d'éloignement et l'interdiction de retour, qui méconnaissent aussi l'article 8 de la convention européenne, sont dépourvues de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité marocaine, né en 1969, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 18 novembre 2021 refusant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les premiers vice-présidents () des cours, () peuvent, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité du jugement :
3. Hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative attaquée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. A B ne peut donc utilement se prévaloir d'une dénaturation, du reste moyen de cassation, des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'interprétation des attestations qu'aurait commise le tribunal pour demander l'annulation du jugement attaqué.
Sur le bien-fondé du jugement :
4. En premier lieu, comme l'a rappelé le tribunal au point 3 de son jugement et sans être contredit en cause d'appel, M. A B ne peut être regardé comme démontrant une résidence habituelle en France en particulier pour les années 2013, 2015 et 2016 où les pièces produites sont nettement insuffisantes. Il ressort, par ailleurs, du dossier que M. A B, entré en France le 18 août 2001 sous couvert d'un visa Schengen de 27 jours, a déjà fait l'objet de trois précédents refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français pris respectivement les 3 octobre 2007, 13 février 2012 et 24 avril 2018 et dont les recours ont été rejetés par la juridiction administrative. Dans ces conditions et en dépit d'une promesse d'embauche postérieure à l'arrêté préfectoral en litige et d'attestations de proches rédigées en sa faveur, le requérant, célibataire et sans enfant, ne peut valablement prétendre avoir désormais le centre de ses attaches en France et ne peut donc soutenir que le préfet, en prenant l'arrêté de refus de séjour avec obligation de territoire et interdiction de retour, a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne, ni, en tout état de cause, commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation.
5. En deuxième lieu, le moyen portant sur la consultation de la commission du séjour a été écarté à bon droit et à juste titre par le tribunal par des motifs appropriés qu'il convient d'adopter.
6. En troisième lieu, le moyen tiré de l'exception d'illégalité ne peut être qu'écarté en raison de ce qui vient d'être jugé.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 22 juin 2022.