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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-22MA01427

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-22MA01427

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-22MA01427
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantHUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2104861 du 22 octobre 2021, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, M. A, représenté par Me Hubert, demande à la Cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 22 octobre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 26 janvier 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour étudiant, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter d'un délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen individualisé de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet aurait dû saisir le service médical compétent pour avis.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, de nationalité ivoirienne, relève appel du jugement du 22 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande aux fins d'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône refusant de renouveler son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

3. En premier lieu, les moyens tirés de ce que la décision portant refus de titre de séjour serait insuffisamment motivée et de ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, M. A ne développant en appel aucune critique utile du jugement en reprenant l'argumentation qu'il avait soumis au tribunal en première instance.

4. En deuxième lieu, c'est encore à bon droit que les premiers juges ont écarté le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après avoir retenu que le parcours de M. A, lequel n'avait obtenu aucun diplôme ni validé aucune année universitaire après trois ans d'inscription en première année de licence de langues étrangères appliquées, en dépit des problèmes de santé qu'il a connus jusqu'au début de l'année 2019 et qui s'est inscrit à compter de janvier 2021 en brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et de sport, ne traduisait pas de progression dans ses études. Il y a lieu, par suite, d'écarter ce moyen, repris en appel, par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

5. En troisième lieu, M. A ne faisant valoir devant la cour aucun élément nouveau ou déterminant relatif à sa situation privée et familiale, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision portant refus de titre de séjour méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

6. En quatrième lieu, l'obligation de quitter le territoire français ayant été prise sur le fondement du refus de titre de séjour, elle n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision portant refus de titre de séjour en application des dispositions du 3° de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à ce qui a été dit au point 3, la décision de refus de titre de séjour étant suffisamment motivée, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

7. En cinquième lieu, s'agissant des moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision de refus de séjour, de ce qu'elle méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges dès lors que le requérant ne fait valoir en appel aucun élément distinct de ceux soumis à leur appréciation.

8. En sixième lieu, même si elle n'a pas été saisie d'une demande de titre de séjour au titre de l'état de santé, l'autorité administrative qui dispose d'éléments d'informations suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger résidant habituellement sur le territoire français est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, avant de prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire, saisir l'autorité médicale pour avis. En l'occurrence, les éléments dont M. A se prévaut sont, ainsi que l'a relevé le tribunal, antérieurs à janvier 2019, et le certificat établi le 9 janvier 2019 par un interne du centre hospitalier de la Timone attestant que l'état de santé de l'intéressé implique une prise en charge spécialisée et que les soins nécessités ne sont pas disponibles dans son pays d'origine ne peut être regardé comme suffisamment précis ou circonstancié. Le certificat médical du 3 juin 2021, au demeurant postérieur à la décision contestée, attestant que M. A est atteint de drépanocytose et qu'il est vu à un rythme mensuel en hôpital de jour pour subir des saignées ne constitue pas non plus un élément d'information suffisamment précis et circonstancié établissant que l'intéressé est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet n'était pas tenu de solliciter l'avis du collège des médecins de l'OFII avant de prendre à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français.

9. En dernier lieu, ainsi qu'il vient d'être dit au point précédent, les éléments de nature médicale produits par M. A ne permettent pas d'établir que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et doit, en toutes ses conclusions, être rejetée par application des dispositions sus rappelées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Hubert

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 15 septembre 2022.

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