jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA01799 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | LLC & ASSOCIES;Avocat1;Avocat2 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D a demandé au tribunal administratif de Toulon notamment d'annuler l'arrêté en date du 25 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a délivré une décision de non-opposition à déclaration préalable à Mme B pour des travaux de démolition d'un abri voiture, de rénovation et d'extension d'une maison existante, transformation d'un poulailler en pool-house et construction d'une piscine sur un terrain situé, 218 avenue de la Péguière sur la parcelle cadastrée section AX n° 736, d'une superficie de 793 mètres carrés sur le territoire communal.
Par un jugement n° 1904217 en date du 26 avril 2022, le tribunal administratif de Toulon a annulé l'arrêté du 25 juin 2019, mis à la charge de la commune de Saint-Raphaël la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus de conclusions de la demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Garcia, demande à la Cour de :
1°) réformer ce jugement en ce qu'il a reconnu la recevabilité de la requête de M. D et retenu que le poulailler ne pouvait être considéré comme une construction existante ;
2°) rejeter la demande d'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Raphaël du 25 juin 2019 de non-opposition à la déclaration préalable de travaux sollicitée par Mme E B ;
3°) de mettre à la charge de M. D la somme de 2 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de M. D introduite 2 décembre 2019 était tardive alors que l'affichage de l'arrêté du 25 juin 2019 sur le terrain du pétitionnaire avait eu lieu de façon continue durant au moins deux mois ;
- si la Cour devait confirmer l'irrégularité de cet affichage en tout état de cause, il ressort d'un courrier du 7 octobre 2019 que M. D avait eu connaissance acquise de la décision attaquée dès le 30 septembre 2019 ;
- le pool house pouvait légalement s'appuyer sur le poulailler pour être réalisé et, de ce fait, respecter l'article UC3.4 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 aout 2022, M. D, représenté par Mme C, conclut au rejet de la requête et à ce que soit miseà la charge de la commune la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'appelante sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Angéniol,
- les conclusions de M. Quenette,
- et les observations de Me De Sousa représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B a déposé le 12 juin 2019, une déclaration préalable de travaux de démolition d'un abri voiture, de rénovation et d'extension d'une maison existante, transformation d'un poulailler en pool house et construction d'une piscine sur la parcelle cadastrée section AX n° 736, sise, 218 avenue de la Péguière à Saint-Raphaël. Par un arrêté en date du 25 juin 2019, le maire de la commune ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. M A D, voisin immédiat, propriétaire de la parcelle cadastrée section AX n° 1124 a saisi le tribunal administratif de Toulon, le 2 décembre 2019, d'une demande tendant notamment à l'annulation de cet arrêté. La commune de Saint-Raphaël relève appel du jugement du 26 avril 2022 par lequel le Tribunal a annulé cet arrêté du 25 juin 2019 uniquement en ce qu'il portait sur les travaux du pool house.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne la recevabilité de la requête de première instance
2. L'article R. 600-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R.* 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage ". L'article A. 424-16 de ce code dans sa rédaction applicable au litige dispose que : " Le panneau prévu à l'article A. 424-1 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, la date et le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; / () ".
3. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur les caractéristiques de la construction projetée, les dispositions citées au point 2 ont pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture de ce panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet, le délai de recours contentieux ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier. Il s'ensuit que si les mentions prévues par l'article A. 424-16 doivent, en principe, obligatoirement figurer sur le panneau d'affichage, une erreur affectant l'une d'entre elles ne conduit à faire obstacle au déclenchement du délai de recours que dans le cas où cette erreur est de nature à empêcher les tiers d'apprécier l'importance et la consistance du projet. La circonstance qu'une telle erreur puisse affecter l'appréciation par les tiers de la légalité du permis est, en revanche, dépourvue d'incidence à cet égard, dans la mesure où l'objet de l'affichage n'est pas de permettre par lui-même d'apprécier la légalité de l'autorisation de construire.
4. En premier lieu, comme en première instance, la commune de Saint-Raphaël soutient que les travaux objets de l'arrêté du 25 juin 2019 ont donné lieu à un affichage continu et régulier pendant une durée de deux mois à compter du 6 juillet 2019. Par voie de conséquence la requête introduite par M D le 2 décembre 2019 serait de ce fait tardive. Il n'est toutefois pas utilement contesté, l'appelante n'apportant aucun élément nouveau sur ce point, que par constat d'huissier du 10 octobre 2019, il a été réalisé une photographie du panneau d'affichage qui montre que la mention relative aux voies et délais de recours est biffée d'un épais trait de marqueur noir, qui ne laisse pas apparaitre la durée du délai de recours. Sur ce point, et alors qu'en première instance aucun élément de réponse n'était apporté, la commune, pour la première fois en appel, soutient que ce constat d'huissier atteste simplement de l'irrégularité de l'affichage à la date de sa réalisation et non pendant la durée réglementaire imposé. Il appartient toutefois au pétitionnaire d'apporter la preuve de l'affichage de ses travaux s'il est contesté par un tiers. Il ressort des pièces du dossier, que si la commune, et non le pétitionnaire, a produit deux attestations, en tous points semblables, du 27 juillet 2020, indiquant que le panneau d'affichage de la déclaration de travaux comportait toutes les mentions légales prévues par le code de l'urbanisme et a été affiché de façon ininterrompue depuis le 6 juillet 2019, la photographie produite à l'appui de ces attestations et dont la date de réalisation est inconnue, fait elle-même apparaitre que la mention des délais de recours était biffée et de ce fait ne pouvait être appréhendée par les tiers. Dans ces conditions, ces témoignages s'ils peuvent être regardés comme un commencement de preuve pour attester d'un affichage continu depuis le 6 juillet 2019, ne sauraient présenter le même caractère probant quant au fait que cet affichage comportait une mention des voies et délais de recours régulière, la circonstance que le numéro de la déclaration préalable de travaux figure sur l'affichage ainsi que le lieu de la Mairie où le dossier pouvait être consulté étant sur ce point indifférente. Par suite, et si tant est que ce motif soit réellement contesté, la commune n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont considéré que l'affichage de la déclaration préalable de travaux était irrégulier sur ce point et, de ce fait, empêchait le délai de recours contentieux de commencer à courir.
5. En second lieu, si l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire ou une décision de non-opposition à une déclaration préalable montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme, il n'en va pas de même à l'égard du simple courrier du 7 octobre 2019, invoqué par la commune appelante pour soutenir qu'il révélerait que M. D a eu connaissance de cette décision au moins dès le 30 septembre 2019 et ce, alors que dans ce courrier il était seulement demandé conseil au maire de la commune. Par voie de conséquence, là encore, la commune n'est pas fondée à soutenir que la requête introductive d'instance de M. D était tardive au motif que ce dernier avait une connaissance acquise de la décision attaquée dès le 30 septembre 2019.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 25 juin 2019
6. Aux termes de l'article UC3.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les modalités d'application de la règle relative à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives sont définies dans les dispositions générales DG 14.4 du présent règlement d'urbanisme. a) Chaque partie de la construction doit être implantée à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de sa hauteur (mesurée dans les conditions définies à l'article DG 14-2 des dispositions générales) et jamais inférieures à 4 mètresb) une implantation différente peut toutefois être admise en cas de surélévation de constructions existantes, légalement autorisées, implantées différemment du présent règlement ". En outre, selon les dispositions de l'article DG 14-4 du même règlement : " Dans toutes les zones, les articles 3.4 " implantation des constructions par rapport aux limites séparatives " ne s'appliquent pas : Aux terrasses ne dépassant pas de plus de 60 cm le sol existant avant travaux, Aux débords de toiture d'une longueur inférieure ou égale à 30 cm, Aux clôtures et aux murs de soutènement, Aux rampes d'accès au sous-sol, Aux rampes d'accès pour personnes handicapées, Aux escaliers de secours nécessaires aux établissements recevant du public, Aux ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des services publics ou répondant à un intérêt collectif ".
7. La commune appelante soutient en appel que le pool house de Mme B a été construit en lieu et place, d'un poulailler, construction, déjà existante au sens des dispositions précitées de l'article UC3.4 du règlement du plan local d'urbanisme, et non plus, comme en première instance, que le pétitionnaire pouvait en application des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme reconstruire ledit poulailler. Il ressort toutefois des dispositions de l'article UC3.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Raphaël qu'elles n'autorisent une implantation différente des règles de distance par rapport aux limites séparatives applicables que s'agissant du cas de surélévation de constructions existantes, légalement autorisées. Un pool house pouvant difficilement être regardé comme la surélévation d'une construction existante que constituerait un poulailler constitué de grillage et de quelques parpaings, que son existence légale soit établie ou non, c'est donc bien en méconnaissance des dispositions de l'article UC3.4 du règlement du plan local d'urbanisme que le pool house de Mme B se trouve implanté directement sur la limite séparative, sans respecter le recul minimum de 4 mètres imposé par lesdites dispositions.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Saint-Raphaël n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulon a annulé l'arrêté du 25 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a accordé une décision de non-opposition à déclaration préalable à Mme B en ce qu'elle porte sur les travaux du pool house.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacles à ce que M. D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser une quelconque somme à la commune d'Eguilles. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Saint-Raphaël est rejetée.
Article 2 : La commune de Saint-Raphaël versera à M. D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la commune de Saint-Raphaël et à M. A D.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Portail, président,
M. d'Izarn de Villefort, président assesseur
M. Angéniol, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026