mardi 20 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA00205 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre-formation à 3 |
| Avocat requérant | WW & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nice, d'une part, d'annuler l'arrêté du 28 juin 2019 par lequel le ministre de l'action et des comptes publics l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée d'un an à compter du 5 janvier 2017, et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2019 par lequel le ministre de l'action et des comptes publics l'a maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé du 6 janvier au 8 avril 2018.
Par un jugement n° 1904364 du 24 novembre 2022, le tribunal administratif de Nice a rejeté la demande de M. A.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2023, M. A, représenté par Me Willm, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1904364 du 24 novembre 2022 du tribunal administratif de Nice ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2019 par lequel le ministre de l'action et des comptes publics l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée d'un an à compter du 5 janvier 2017, et l'arrêté du 16 juillet 2019 par lequel le ministre de l'action et des comptes publics l'a maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé du 6 janvier au 8 avril 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés litigieux sont entachés d'un vice de procédure et d'une erreur de droit en ce que l'administration ne l'a pas invité à demander un reclassement avant son placement et son maintien en disponibilité d'office, dans les conditions de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure en ce que le comité médical n'a pas été consulté préalablement à leur édiction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- et les conclusions de Mme Balaresque, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, inspecteur divisionnaire des finances publiques, a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 5 janvier 2016. Par courrier du 31 mars 2016, il a sollicité son placement en congé de longue maladie. Après avis défavorables du comité médical des 21 juin et 6 septembre 2016, M. A a été maintenu en congé de maladie ordinaire jusqu'à épuisement des droits statutaires, et, par arrêté du 30 décembre 2016, le directeur départemental des finances publiques a placé l'intéressé en disponibilité pour raisons de santé à compter du 5 janvier 2017 pour une durée d'un an. Saisi par M. A, le tribunal administratif de Nice a annulé l'arrêté du 30 décembre 2016 pour le motif tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Par arrêté du 28 juin 2019, le ministre de l'action et des comptes publics a de nouveau placé M. A en disponibilité d'office pour raisons de santé pour une durée d'un an à compter du 5 janvier 2017. Et, par un second arrêté du 16 juillet 2019, cette même autorité a maintenu l'intéressé en situation de disponibilité d'office pour raisons de santé du 6 janvier au
8 avril 2018. Dans la présente instance, M. A demande à la Cour d'annuler le jugement du 24 novembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation des arrêtés des 28 juin et 16 juillet 2019.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de
trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () ". Aux termes de l'article 51 de cette loi, dans sa version en vigueur : " () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 34. () ". Aux termes de l'article 63 de cette loi, dans sa rédaction en vigueur :
" Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes () ". Enfin, aux termes de l'article 43 du décret du
16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " La mise en disponibilité ne peut être prononcée d'office qu'à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 34
de la loi du 11 janvier 1984 susvisée et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues à l'article 63 de la loi du
11 janvier 1984 susvisée () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'administration doit, après avis du comité médical, inviter le fonctionnaire qui a été déclaré inapte à l'exercice de ses fonctions par suite de l'altération de son état physique et dont le poste de travail ne peut être adapté, à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps. En revanche, lorsque le fonctionnaire a été déclaré apte à reprendre ses fonctions et que le placement en disponibilité d'office n'intervient, comme en l'espèce, qu'à titre rétroactif pour régulariser la situation du fonctionnaire, l'administration ne saurait être tenue de l'inviter à présenter une demande de reclassement.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du comité médical du 20 mars 2018, et n'est au demeurant pas sérieusement contesté, que M. A a repris ses fonctions le 9 avril 2018, de sorte qu'à cette date, il avait nécessairement été déclaré apte à une telle reprise d'activité. En outre, par les décisions en litige, intervenues les 28 juin et 16 juillet 2019 après que le tribunal administratif de Nice a annulé une précédente décision du
30 décembre 2016 de placement en disponibilité d'office pour raison de santé en raison de l'incompétence de son signataire, le ministre de l'action et des comptes publics a placé l'intéressé, à l'expiration de ses droits à congés maladie ordinaire et à titre rétroactif, en disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 5 janvier 2017, conformément à l'avis émis par le comité médical des Alpes-Maritimes le 20 mars 2018, et ce dans le seul but de régulariser sa situation. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que ces décisions sont intervenues en méconnaissance de son droit à reclassement, l'annulation de la décision initiale du 30 décembre 2016 de placement en disponibilité d'office étant, à cet égard, sans incidence sur leur légalité.
5. En second lieu, il est constant que les décisions attaquées sont intervenues après que le comité médical a rendu son avis, lequel a été formulé le 20 mars 2018 ainsi qu'il a été dit au point précédent. La circonstance que le jugement par lequel le tribunal administratif de Nice a annulé la décision initiale du 30 décembre 2016 est intervenu le 17 mai 2019 ne saurait avoir eu pour effet de priver l'avis du comité médical du 20 mars 2018 de toute portée, celui-ci n'ayant pas la nature, en tout état de cause et contrairement à ce que soutient l'appelant, d'une décision administrative prise en application de l'acte annulé par le tribunal, ce dernier n'en constituant pas davantage la base légale. Par suite, le vice de procédure tiré de l'absence de consultation médicale ne peut qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes.
Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'annulation ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, où siégeaient :
- M. Marcovici, président,
- M. Revert, président assesseur,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
No 23MA00205
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026