mercredi 6 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA00523 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ALMAIRAC;IBRAHIM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme H F a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
Par un jugement n° 2205837 du 20 janvier 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2023, Mme F, représentée par Me Almairac, demande à la cour :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler ce jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nice du 20 janvier 2023 ;
3°) d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 29 novembre 2022 ;
4°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'ayant introduit une demande de réexamen de sa demande d'asile, elle pouvait se maintenir sur le territoire ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet n'a pas exercé son pouvoir d'appréciation sur les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine en s'étant cru lié par la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme F, de nationalité russe, relève appel du jugement du 20 janvier 2023 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande aux fins d'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2022 du préfet des Alpes-Maritimes refusant de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.
Sur les conclusions aux fins d'admission au bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Par une décision du 28 avril 2023, Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, les conclusions présentées par l'intéressée tendant à ce que la cour l'admette provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet à la date de la présente ordonnance. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
5. La décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, et vise notamment les articles L. 541-2 et L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que Mme F a présenté deux demandes de réexamen de sa demande d'asile qui ont été définitivement rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Elle mentionne également sa date d'entrée sur le territoire, sa situation familiale en précisant que son époux a également vu sa demande d'admission au séjour rejetée et qu'elle a cinq enfants à charge qui sollicitent l'asile avec elle. Enfin, il est indiqué que les risques qu'elle allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine ne sont pas avérés. Par suite, l'arrêté contesté, qui, contrairement à ce qui est soutenu par Mme F, n'est nullement rédigé de manière stéréotypée mais se réfère aux éléments de sa situation personnelle que le préfet n'était pas de tenu de rappeler de manière exhaustive, est suffisamment motivé en droit et en fait. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, ni de l'ensemble des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de se livrer à un examen particulier de la situation de la requérante. Il suit de là que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige et du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle par le préfet doivent être écartés.
6. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ".
7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. /
Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme F a présenté une première demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 25 août 2020, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 janvier 2021. Mme F a déposé une première demande de réexamen qui a été regardée comme irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides par une décision du 4 mars 2021. Le recours contre cette décision a été rejeté par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 30 juin 2021. Mme F a alors présenté une deuxième demande de réexamen qui a également été regardée comme irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides par une décision du 21 décembre 2021. Le recours contre cette décision a aussi été rejeté par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 18 mai 2022.
9. Mme F se prévaut devant la cour de sa convocation par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prévue le 17 février 2023 dans le cadre de sa troisième demande de réexamen de sa demande d'asile pour soutenir qu'elle bénéficiait toujours de son droit au maintien sur le territoire. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que son droit au séjour a pris fin le 18 janvier 2021, date de lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. Mme F se prévaut de sa présence sur le territoire depuis l'année 2020 avec son mari et leurs six enfants qui sont scolarisés. Toutefois, les pièces versées au dossier ne font état d'aucun obstacle empêchant la reconstitution de la cellule familiale dans le pays d'origine de la requérante dont tous les membres de la famille sont ressortissants, son mari étant également en situation irrégulière, ou la poursuite de la scolarité des enfants dans leur pays d'origine. En outre, si Mme F se prévaut de ses diplômes de " bijoutier-joaillier-tailleur de pierre " et " artiste peintre sur bois " obtenus en Russie et de son assiduité à des cours de français, ces circonstances sont insuffisantes pour établir une insertion socioéconomique significative. En outre, Mme F n'établit être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels l'arrêté en litige a été pris. Ainsi le moyen tiré de ce que cette décision aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, l'arrêté n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de Mme F.
12. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un refus de séjour, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. L'époux de Mme F est, comme elle, en situation irrégulière. Rien ne fait obstacle à ce qu'il reparte avec elle et leurs enfants dans leur pays d'origine, où ces derniers pourront poursuivre leur scolarité. Dès lors, Mme F n'est pas fondée à soutenir que l'intérêt supérieur de ses enfants n'aurait pas été suffisamment pris en compte. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. Contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet, qui a mentionné dans son arrêté que " cette décision ne contrevient pas non plus aux stipulations de l'article 3 de la CEDH ni à celles de l'article 33 de la convention de Genève dans la mesure où l'analyse, au regard des dispositions de ces textes, des risques encourus en cas de retour de l'intéressée dans son pays d'origine, n'a pas fait apparaître que ces risques soient avérés " ne s'est pas estimé lié par les décisions de l'Office de protection des réfugiés et des apatrides ayant rejeté ses demandes de réexamen de sa demande d'asile mais a exercé son pouvoir d'appréciation au regard des risques qu'elle allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré ce que le préfet se serait à tort estimé en situation de compétence liée doit donc être écarté.
16. La requérante se prévaut devant la Cour de faits nouveaux qui justifient de sa troisième demande de réexamen de sa demande d'asile et qui établissent les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Elle fait valoir que son engagement politique en faveur du parti démocrate de Russie lui a valu de nombreuses menaces de la part des autorités locales, et qu'une fois en France, elle a de nouveau été destinataire de menaces de la part du FSB qui lui a envoyé des convocations. Sa propriété a en outre été l'objet de menaces et dégradations répétées, faits pour lesquels elle a déposé plainte en France le 12 août et 24 août 2021. Toutefois, et d'une part, les pièces versées au dossier, constituées du procès-verbal de complément de sa plainte établi le 24 août 2021, des convocations à se présenter le 5 septembre 2019, le 16 février 2020 et le 21 janvier 2021 délivrées par la direction de la sécurité économique et de la lutte contre la corruption du ministère de l'intérieur de la Russie et de la région de Kaliningrad avaient déjà été soumises à l'Office de protection des réfugiés et apatrides et à la Cour nationale du droit d'asile, laquelle y fait explicitement référence dans son ordonnance n° 21022252 du 30 juin 2021 : " À l'appui de son recours, Mme F, qui se borne à rappeler les faits invoqués, n'apporte aucun élément de contestation des motifs de la décision attaquée ni aucun élément de preuve nouveau et probant de nature à modifier l'appréciation du bien-fondé de sa demande de protection au regard de sa situation personnelle. Si Mme F soutient qu'un homme vivant en France aurait transmis des informations aux autorités russes sur sa famille et sa demande d'asile, ce fait nouveau n'a pas été assorti de précision sur le contexte et les circonstances dans lesquelles ces informations auraient été récoltées et communiquées. Les éléments de preuve produits présentés comme relatifs à cette situation consistant en des captures d'écran d'un homme, sans élément permettant de l'identifier et de le relier aux faits allégués ainsi qu'une convocation à se présenter aux autorités datée du 21 janvier 2021, rédigée en des termes généraux et accompagnée d'aucune précision de l'intéressée sur les modalités d'obtention de ce document et le déroulement précis de la procédure dans laquelle s'inscrirait cette convocation, ne sauraient revêtir de valeur probante quant à la réalité de ce fait nouveau. Il en est de même des captures d'écran relatives à la destruction de caméras de surveillance de sa propriété en France et de la copie du procès-verbal de plainte contre X afférente, faits pour lesquels l'intéressé n'a livré aucune précision tangible dans le cadre de sa demande de réexamen. () " et dans son ordonnance n° 22016243 du 18 mai 2022 : " À l'appui de sa seconde demande de réexamen, Mme F a fait valoir devant l'OFPRA qu'elle éprouve toujours les mêmes craintes de persécutions, en cas de retour dans son pays d'origine, du fait des autorités russes en raison de son militantisme au sein du parti LDPR et de ses liens avec le FSB. Elle soutient que le FSB a connaissance de sa présence en France et que les membres de sa famille et elle subissent des violences et des menaces en raison de son implication au sein du LDPR et de l'appartenance passée de son père à l'armée russe. Elle produit un document en langue russe non traduit, un compte-rendu de procès-verbal établi le 12 août 2021 ainsi qu'un complément de plainte du 23 août de la même année portant sur des dégradations commises à son domicile d'Antibes et dix-huit photographies illustrant ces dégradations. () En premier lieu, Mme F, qui se borne à rappeler, à l'appui de son recours, les faits invoqués devant l'Office, ne présente pas d'éléments sérieux de contestation de la décision attaquée, ni aucun élément de preuve nouveau et probant de nature à modifier l'appréciation portée sur la recevabilité de la présente demande de réexamen. En effet, elle n'a pas présenté de traduction en langue française du document rédigé en langue russe versé devant l'OFPRA. De plus, le procès-verbal établi en France, par lequel elle déclare les dégradations apportées à son domicile ainsi que les photographies illustrant lesdites dégradations, n'ont été accompagnés d'aucune explication supplémentaire susceptible d'établir un lien avec les craintes exprimées du fait des autorités russes. Dans ces conditions, les faits et éléments présentés par Mme F et ses enfants mineurs, Mme A F, M. B F, Mme C F, M. D F et M. G F, dont la demande d'asile est indissociable de celle de leur mère, ne sont pas susceptibles de modifier l'appréciation portée sur le bien-fondé de leur demande et, par suite, n'augmentent pas de manière significative la probabilité qu'ils justifient des conditions requises pour prétendre à une protection. ". Mme F n'est par conséquent pas fondée à soutenir que ces éléments seraient survenus depuis la date de la dernière décision de la Cour nationale du droit d'asile la concernant. D'autre part, le contenu des pièces produites qui reste général et imprécis, ne permet pas d'établir la réalité des risques qu'elle allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme F est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme F.
Article 2 : La requête de Mme F est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H F et à Me Almairac.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Marseille, le 6 septembre 2023.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026