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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA00566

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA00566

lundi 27 novembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA00566
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantRAMZAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 2 décembre 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et fixant le pays de sa destination.

Par un jugement n° 2210813 du 31 janvier 2023, la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 6 mars 2023, M. B, représenté par Me Ramzan, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 31 janvier 2023 du tribunal administratif de Marseille ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2022 du préfet des Bouches-du-Rhône ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation sur sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale, par voie de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences de la décision sur sa situation personnelle et familiale.

Sur la décision fixant le pays de sa destination :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mars 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations du public avec l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité nigériane, relève appel du jugement du 31 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 2 décembre 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :

3. Il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal, aux points 3, 4, 5 et 6 de son jugement, qui n'appellent pas de précisions en appel.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'incompétence, du défaut de motivation, et de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal, aux points 7, 8 et 9 de son jugement, qui n'appellent pas de précisions en appel.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B déclare être entré en France le 6 décembre 2019, et se maintenir habituellement sur le territoire français depuis cette date. S'il soutient disposer d'une bonne insertion sociale et de fortes attaches familiales, il ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations, alors qu'il est célibataire et sans enfants. Il ne fait pas plus état d'une insertion professionnelle particulière. En outre, M. B n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à ses vingt-six ans. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels ce refus a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le pays de destination :

7. Il y a lieu d'écarter les moyens soulevés par M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, tirés du vice d'incompétence, de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal, aux points 12, 13, 14 et 15 de son jugement, qui n'appellent pas de précisions en appel.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Ramzan.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 27 novembre 2023

nb

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