lundi 1 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA03004 |
| Type | Décision |
| Recours | exécution décision justice adm |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A et Mme B D ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler la décision du 15 mars 2017 par laquelle le conseil du laboratoire dénommé " Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence " les a implicitement exclus des effectifs de ce laboratoire.
Par une ordonnance n° 1703587 du 3 avril 2018, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande comme manifestement irrecevable, sur le fondement de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.
Par un arrêt n° 18MA02638 du 2 décembre 2019, la Cour a annulé l'ordonnance du président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Marseille ainsi que la décision révélée par le procès-verbal du conseil de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence du 15 mars 2017 portant exclusion de M. A et Mme D des effectifs de ce laboratoire puis, a enjoint à l'université d'Aix-Marseille de réintégrer M. A et Mme D au sein des effectifs de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence (IM2NP). Elle a en outre condamné l'université d'Aix-Marseille à verser à M. A et à Mme D une somme globale de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la Cour :
Par lettres des 29 juin 2021, 1er mars 2022 et 8 novembre 2023 M. A et Mme D, représentés par Me Tarlet, ont saisi la Cour des difficultés d'exécution qu'ils rencontrent pour obtenir l'exécution de cet arrêt.
Par une ordonnance du 15 décembre 2023, la présidente de la Cour a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de l'arrêt n° 18MA02638 rendu le 2 décembre 2019 par la cour administrative d'appel de Marseille.
Par un mémoire, enregistré le 17 janvier 2024, Mme D informait la Cour qu'elle renonçait pour sa part à l'exécution de l'arrêt.
Par des mémoires, enregistrés le 23 décembre 2023, le 19 janvier 2024 et le 23 avril 2024, l'université d'Aix-Marseille, représentée par Me Beauvillard, demande à la Cour de constater que l'arrêt du 2 décembre 2019 a été exécuté.
Elle soutient que :
- elle a adressé un courrier recommandé le 8 janvier 2024 aux intéressés afin de les recevoir en présence d'un représentant de la direction des ressources humaines dans les locaux de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence à Saint-Jérôme pour leur présenter les moyens mis à leur disposition ;
- le chef d'établissement était tenu de lui refuser l'accès aux zones à régime restrictif (ZRR) compte tenu de l'avis défavorable du ministre de tutelle ; il a donc refusé de délivrer l'autorisation le 6 mars 2024 ;
- l'université lui cherche une nouvelle affectation et une réunion a d'ailleurs eu lieu avec M. A le 18 avril 2024.
Par un mémoire, enregistré le 22 avril 2024, M. A et Mme D, représentés par Me Tarlet, demandent à la Cour de constater l'absence d'exécution de l'arrêt de la Cour ordonnant la réintégration de M. A et de condamner l'université à réintégrer effectivement M. A sous une astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Ils demandent en outre de condamner l'université à leur verser la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- le refus d'exécuter l'arrêt de la Cour se matérialise par la décision du 6 mars 2024 refusant à M. A l'accès aux zones à régime restrictif (ZRR) de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence à Saint-Jérôme ainsi que par la décision du président de l'université d'Aix-Marseille du 19 mars 2024 rejetant leur recours gracieux contre ce refus ;
- l'université n'a pas procédé à la réintégration de M. A au sein des effectifs du laboratoire IM2NP et ce n'est qu'après l'ordonnance de la Cour du 15 décembre 2023 que son nom a été ajouté dans l'annuaire de l'IM2NP ; toutefois le poste sur lequel il est réintégré n'est pas équivalent.
Un mémoire a été présenté le 6 juin 2024 par M. A seul, et non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative. Il conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures mais réduit sa demande d'astreinte à la somme de 500 euros et sa demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative à 1 500 euros. Il demande en outre que l'université verse au dossier " la demande intégrale contenant l'ensemble des avis que l'université a fait parvenir au Haut fonctionnaire de la défense et de la sécurité. ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Isabelle Gougot, rapporteure,
- les conclusions de M. François Point, rapporteur public,
- et les observations de Me Beauvillard, pour l'université d'Aix-Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () ".
2. Par un arrêt n° 18MA02638 du 2 décembre 2019, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé la décision, révélée par le procès-verbal du conseil de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence du 15 mars 2017, portant exclusion de M. A et de Mme D des effectifs de ce laboratoire, puis a enjoint au président de l'université d'Aix-Marseille de réintégrer M. A et Mme D au sein des effectifs de l'Institut matériaux microélectronique nanosciences de Provence.
3. Mme D a entendu renoncer à l'exécution de l'arrêt ; ce faisant elle doit être regardée comme se désistant de sa demande d'exécution et il y a lieu de lui en donner acte.
4. Concernant M. A, d'une part, il résulte de l'instruction qu'une réunion a eu lieu le 11 janvier 2024 en présence notamment de M. A, du directeur et du directeur adjoint de l'Institut, de la chargée des affaires juridiques de la direction des ressources humaines et d'un fonctionnaire de sécurité de défense de l'université d'Aix-Marseille. M. A admet que depuis son nom a été ajouté dans l'annuaire de l'Institut et l'université doit donc être regardée comme l'ayant réintégré à compter de 2023.
5. M. A n'est pas fondé à contester les modalités de sa réintégration alors que lorsqu'une décision de justice enjoint à l'administration de réintégrer un agent illégalement évincé sur l'emploi même qu'il occupait antérieurement et que l'autorité compétente prend une décision en ce sens, le juge de l'exécution ne peut conclure à la non-exécution de l'injonction que s'il constate que la décision ordonnant sa réintégration n'a manifestement pas été suivie d'effets et qu'en dehors de ce cas, la contestation par l'intéressé des modalités de sa réintégration et par la même du caractère effectif de sa réintégration constitue un litige distinct dont il n'appartient pas au juge de l'exécution de connaître.
6. D'autre part, M. A n'est pas fondé à contester le caractère incomplet de sa réintégration alors qu'il résulte de l'instruction que le renouvellement des accréditations nécessaires d'accès au laboratoire a été sollicité pour tout le personnel le 19 octobre 2023, et que si son nom ne figurait pas sur la liste au mois d'octobre, une demande spécifique a été formulée pour M. A et a donné lieu à un refus d'autorisation d'accès, le 6 mars 2024, qu'il n'a pas contesté et qu'il ne peut contester devant le juge de l'exécution, compte tenu de son office.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner la production des documents sollicités par M. A, les conclusions de celui-ci doivent être rejetées. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme D de son action tendant à l'exécution de l'arrêt de la Cour n° 18MA02638 du 2 décembre 2019.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A, à Mme B D et à l'université d'Aix-Marseille.
Copie en sera adressée au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président de chambre,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Gougot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juillet 2024.
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Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01453
La Cour administrative d'appel de Marseille rejette la requête de Mme B..., qui contestait le refus de l'administration de lui verser l'aide exceptionnelle du fonds de solidarité pour les mois de juillet, août et septembre 2020, ainsi que sa demande d'indemnisation pour préjudice moral. La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Bastia, estimant que les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de demande préalable auprès de l'administration. Sur le fond, elle considère que l'activité de vente sur foires et marchés exercée par Mme B... ne relève pas des secteurs éligibles prévus par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020. La solution s'appuie sur l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 et le décret précité.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026