lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00073 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme A ont demandé au tribunal administratif de Toulon de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 pour un montant, respectivement, de 9 986 euros et 12 834 euros, et de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2102424 du 13 novembre 2023, le tribunal administratif de Toulon a rejeté leur demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, M. et Mme A, représentés par Me Nahon demandent à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Toulon du 13 novembre 2023 ;
2°) de faire droit à leur demande de première instance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le calcul de la superficie du logement est erroné en ce qu'il ne comprend pas le balcon, et doit également être majoré en vertu d'un nouveau certificat Carrez ;
- le montant du loyer doit être diminué des charges réelles et du montant du parking ;
- dans ces conditions, le loyer calculé hors charges et hors parking est bien inférieur au plafond permettant le bénéfice de la réduction d'impôt ;
- faute de précision quant à l'évaluation faite par l'administration des déficits antérieurs, ils ne sont pas en mesure de contester utilement ce point ;
- ils sollicitent le bénéfice du droit à l'erreur ainsi que l'application du principe de loyauté compte tenu de l'écart très minime relevé par le vérificateur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue du contrôle sur pièces de la déclaration de revenus des années 2016 et 2017 dont ils ont fait l'objet, M. et Mme A se sont vu notifier diverses rectifications. Ils relèvent appel du jugement du 13 novembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Toulon a rejeté leur demande de décharge en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis à la suite de la remise en cause de la réduction d'impôt dont ils avaient bénéficié au titre d'un investissement locatif réalisé en 2011, dans le cadre du dispositif dit " loi Scellier " et la rectification des déficits antérieurs.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la Cour peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 199 septivicies du code général des impôts : " I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () ". L'article 2 terdecies B de l'annexe III à ce code prévoit que : " Pour l'application du troisième alinéa du h du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, les plafonds de loyer mensuel, par mètre carré, charges non comprises, sont fixés () b. S'agissant des logements acquis ou construits à compter du 1er janvier 2011 ou des logements acquis par des sociétés civiles de placement immobilier en tout ou partie au moyen de souscriptions réalisées à compter de cette même date, pour les baux conclus en 2016, à 22,99 € en zone A bis, 17,05 € dans le reste de la zone A, 13,76 € en zone B 1, 11,22 € en zone B 2 et 7,81 € en zone C. () ". Selon l'arrêté ministériel du 1er août 2014 auquel renvoient ces dispositions, la commune d'Antibes, sur le territoire de laquelle se situe l'appartement acquis par les contribuables a été classé en zone A.
4. Les requérants soutiennent à nouveau en appel que la surface du balcon de l'appartement acquis aurait été insuffisamment prise en compte, celui-ci devant être ajouté pour la totalité de sa surface soit 6,70 m². Toutefois, dès lors que l'article 2 duodecies de l'annexe III du même code dans le 3ème alinéa du a) précise que : " () La surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer s'entend de la surface habitable au sens de l'article R. 156-1 du code de la construction et de l'habitation, augmentée de la moitié, dans la limite de 8 mètres carrés par logement, de la surface des annexes mentionnées aux articles D. 353-16 et D. 331-10 du même code () ", la surface a été à bon droit prise en compte pour moitié, soit 3,35m². Par suite, et à supposer même que la surface de l'appartement, lui-même soit non pas de 37 m² comme retenu, mais de 38,21 m², cette circonstance est sans incidence sur le dépassement du seuil de loyer ouvrant droit à la réduction d'impôt sollicitée.
5. A cet égard M. et Mme A ne sont pas fondés à se prévaloir des paragraphes n°s 59 et 60 de l'instruction référencée 5 D-4-99 du 20 août 1999 et des paragraphes n°s 200 et 210 de la doctrine référencée BOI-RFPI-SPEC-20-10-20-20 du 21 mai 2015, ces derniers ne donnant pas de la loi une interprétation différente de celle dont il est ici fait application.
6. En deuxième lieu, M. et Mme A soutiennent que le loyer devrait être diminué d'une partie des charges qu'ils acquittent à la place des locataires en vertu d'une convention verbale, ainsi que des frais de parking mais ne l'établissent pas alors que le bail conclu au dossier ne prévoit ni la location séparée du parking ni l'inclusion de charges dans le loyer principal. Leurs prétentions à ce titre doivent par suite être rejetées.
7. En troisième lieu, il y a lieu de rejeter les moyens invoqués par M. et Mme A, et tirés de la méconnaissance du devoir de loyauté de l'administration, et de leur droit à l'erreur, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 6 et 8 de leur jugement, M. et Mme A n'invoquant aucun motif nouveau de nature à remettre en cause l'analyse faite à bon droit par les premiers juges.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme A, qui est manifestement dépourvue de fondement, doit être rejetée par application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B A.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Fait à Marseille, le 27 mai 2024.