jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00093 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'association Unis Services a demandé au tribunal administratif de Toulon de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Par un jugement n° 2103415 du 13 novembre 2023, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2024, l'association Unis Services, représentée par Me Serra demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Toulon du 13 novembre 2023 ;
2°) de faire droit à sa demande de première instance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa gestion est désintéressée même elle est dirigée par un directeur salarié, également gérant de fait ;
- le caractère désintéressé de sa gestion ne peut être apprécié qu'au cours des exercices en litige, toute référence à des exercices antérieurs devant être écartée ;
- le président et le trésorier sont bénévoles ;
- la rémunération et les avantages en nature dont bénéficient les époux A ne remettent pas en cause ce caractère désintéressé ;
- à titre subsidiaire, elle exerce son activité dans un secteur très encadré, et se situe en dehors du marché concurrentiel ;
- elle peut en tout état de cause bénéficier du crédit d'impôt emploi compétitivité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Unis Services qui exerce, à Rocbaron, une activité d'aide à domicile, a fait l'objet au titre des années 2017 à 2019, d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a estimé qu'elle était redevable, eu égard à son activité, des impôts commerciaux et l'a soumise à des cotisations d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée (TVA), selon les procédures de taxation d'office prévue à l'article L. 66 du livre des procédures fiscales en ce qui concerne la TVA et de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du même livre en ce qui concerne l'impôt sur les sociétés. Elle relève appel du jugement du tribunal administratif de Toulon qui a rejeté sa demande de décharge des impositions en litige.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la Cour peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. L'article 206 du code général des impôts, dans sa version applicable au présent litige prévoit que : " 1. () sont passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, () toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif. / 1 bis. Toutefois, ne sont pas passibles de l'impôt sur les sociétés prévu au 1 les associations régies par la loi du 1er juillet 1901, () dont la gestion est désintéressée, lorsque leurs activités non lucratives restent significativement prépondérantes et le montant de leurs recettes d'exploitation encaissées au cours de l'année civile au titre de leurs activités lucratives n'excède pas 62 250 euros. Cette limite est indexée, chaque année, sur la prévision de l'indice des prix à la consommation, hors tabac, retenue dans le projet de loi de finances de l'année. () / Les organismes mentionnés au premier alinéa deviennent passibles de l'impôt sur les sociétés prévu au 1 à compter du 1er janvier de l'année au cours de laquelle l'une des trois conditions prévues à l'alinéa précité n'est plus remplie. / Les organismes mentionnés au premier alinéa sont assujettis à l'impôt sur les sociétés prévu au 1 en raison des résultats de leurs activités financières lucratives et de leurs participations. ". Aux termes de l'article 261 du même code : " Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : / () 7. 1° a. les services de caractère social, éducatif, culturel ou sportif rendus à leurs membres par les organismes légalement constitués agissant sans but lucratif, et dont la gestion est désintéressée. / () b. les opérations faites au bénéfice de toutes personnes par des œuvres sans but lucratif qui présentent un caractère social ou philanthropique et dont la gestion est désintéressée, lorsque les prix pratiqués ont été homologués par l'autorité publique ou que des opérations analogues ne sont pas couramment réalisées à des prix comparables par des entreprises commerciales, en raison notamment du concours désintéressé des membres de ces organismes ou des contributions publiques ou privées dont ils bénéficient. () d. le caractère désintéressé de la gestion résulte de la réunion des conditions ci-après : / l'organisme doit, en principe, être géré et administré à titre bénévole par des personnes n'ayant elles-mêmes, ou par personne interposée, aucun intérêt direct ou indirect dans les résultats de l'exploitation. / () l'organisme ne doit procéder à aucune distribution directe ou indirecte de bénéfice, sous quelque forme que ce soit ; / les membres de l'organisme et leurs ayants droit ne doivent pas pouvoir être déclarés attributaires d'une part quelconque de l'actif, sous réserve du droit de reprise des apports ".
4. Il résulte de ce qui précède que les associations ne sont exonérées de l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée que si, d'une part, leur gestion présente un caractère désintéressé, et que, d'autre part, les services qu'elles rendent ne sont pas offerts en concurrence dans la même zone géographique d'attraction avec ceux proposés au même public par des entreprises commerciales exerçant une activité identique. Toutefois, même dans le cas où l'association intervient dans un domaine d'activité et dans un secteur géographique où existent des entreprises commerciales, elle reste exclue du champ de l'impôt sur les sociétés et continue de bénéficier de l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée si elle exerce son activité dans des conditions différentes de celles des entreprises commerciales, soit en répondant à certains besoins insuffisamment satisfaits par le marché, soit en s'adressant à un public qui ne peut normalement accéder aux services offerts par les entreprises commerciales, notamment en pratiquant des prix inférieurs à ceux du secteur concurrentiel et à tout le moins des tarifs modulés en fonction de la situation des bénéficiaires, sous réserve de ne pas recourir à des méthodes commerciales excédant les besoins de l'information du public sur les services qu'elle offre.
5. Pour justifier l'imposition aux impôts commerciaux de l'association Unis Services, l'administration fiscale s'est fondée sur la circonstance que l'association était en réalité dirigée par M. A, directeur salarié depuis 2008, nonobstant la présence de sa mère et de son épouse en tant que membres à divers postes de l'association, que la gestion de l'intéressé, dont le salaire mensuel brut excédait 7 000 euros n'était pas désintéressée, et qu'en outre deux contrats de location de véhicules Mercedes avec option d'achat avaient été conclus dont bénéficiaient les époux A au cours des exercices en litige. Pas davantage en appel que devant les premiers juges, l'association Unis Services ne démontre le caractère désintéressé de la gestion ainsi opérée par cette association au bénéfice des époux A, peu important à cet égard que certains des membres de la famille exercent des fonctions à titre bénévole. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la gestion de cette association a été considérée comme intéressée, tant par l'administration fiscale que par les premiers juges qui ont sur ce point suffisamment motivé leur jugement.
6. Par ailleurs, si l'association indique, à titre subsidiaire, qu'elle développerait son activité dans un secteur très encadré en dehors du marché concurrentiel, une telle argumentation doit être écartée par les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par le tribunal administratif de Toulon au point 4 de son jugement, les circonstances que l'association intervienne en application du code de l'action sociale et des familles sur un secteur géographique défini, étant sans incidence, et l'association contribuable ne faisant valoir pour le surplus en appel aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges.
7. Enfin l'association n'ayant pas déposé ses déclarations de résultats dans les délais prescrits par le code général des impôts , ni déféré à la mise en demeure qui lui a été adressée, elle ne peut revendiquer le bénéfice du crédit d'impôt emploi compétitivité prévu à l'article 244 quater C du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de l'association Unis Services, qui est manifestement dépourvue de fondement, doit être rejetée par application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'association Unis Services est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Unis Services.
Copie en sera adressée à Me Serra et à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Fait à Marseille, le 23 mai 2024.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026