mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00247 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAVAUD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A D a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler la décision implicite par laquelle le maire du Rouret ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. B C en vue de la réalisation d'un terrain de tennis sur des parcelles cadastrées section AO nos 29 et 30, sises quartier du Billadou sur le territoire communal, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
Par un jugement n° 2101672 du 6 décembre 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 5 février 2024, M. D, représenté par Me Rabhi, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 6 décembre 2023 du tribunal administratif de Nice ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire du Rouret ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. C, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune du Rouret et de M. C la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande comme irrecevable au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; il justifie d'un intérêt à agir au regard de ces mêmes dispositions ;
- la décision contestée est entachée d'incompétence en ce qui concerne la création d'un bassin de rétention, dans la mesure où seule la communauté d'agglomération de Sophia-Antipolis est compétente sur ce point ; elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de saisine de cette communauté ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, eu égard à l'intérêt environnemental des lieux avoisinants ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article N8 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) du Rouret, relatives au nombre d'annexes autorisées par unité foncière ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article N10 du règlement du PLU du Rouret, relatives à la hauteur des murs de soutènement ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article N13 du règlement du PLU du Rouret, en ce qui concerne les précautions liées au déplacement d'oliviers ;
- elle méconnaît les dispositions du règlement de la zone naturelle (N) du règlement du PLU du Rouret, au regard de l'emprise au sol des annexes sur une unité foncière ;
- elle méconnaît les dispositions du règlement du PLU du Rouret relatives aux restanques ;
- elle méconnaît les dispositions du règlement du PLU du Rouret relatives aux talus artificiels ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 31 du règlement du PLU du Rouret, en ce qui concerne les modalités de calcul des ouvrages de rétention des eaux pluviales.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2024, la commune du Rouret, représentée par Me Fiorentino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'avoir donné lieu à la notification prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2024, M. C, représenté par Me Lavaud, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. D la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 28 septembre 2020, une déclaration préalable de travaux portant sur la réalisation d'un terrain de tennis sur des parcelles cadastrées section AO nos 29 et 30, sises quartier du Billadou sur le territoire de la commune du Rouret, laquelle a fait l'objet d'une décision de non-opposition tacite. M. D relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande dirigée contre cette décision, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
3. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. () La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que, conformément à l'objectif de sécurité juridique qu'elles poursuivent, l'obligation faite à l'auteur d'un recours contentieux dirigé contre un certificat d'urbanisme, ou contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol de notifier ce recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation, est prolongée par une obligation similaire lorsque, le recours ayant en tout ou partie été rejeté, son auteur ou, le cas échéant, un intervenant en demande ayant qualité de partie à l'instance, décide d'interjeter appel du jugement de première instance. L'appel doit être notifié de la même façon que le recours introduit devant les premiers juges, à l'auteur de la décision contestée et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation.
5. Il ressort des pièces du dossier que, malgré une invitation à régulariser adressée à M. D par le greffe de la Cour le 21 février 2024 et la fin de non-recevoir opposée sur ce point par la commune du Rouret dans son mémoire en défense du 17 avril 2024, M. D n'a pas justifié avoir notifié sa requête d'appel conformément aux dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. D est manifestement irrecevable et ne peut, par suite, qu'être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Rouret et de M. C, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D respectivement une somme de 500 euros au titre des frais exposés par la commune du Rouret et M. C et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune du Rouret une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. D versera à M. C une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, à la commune du Rouret et à M. B C.
Fait à Marseille, le 12 juin 2024
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