lundi 19 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00266 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler la décision implicite née le 3 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Lorgues a rejeté sa demande tendant au retrait ou à l'abrogation de l'arrêté du 10 novembre 2019 par lequel il a transféré le permis d'aménager n° PA 083 072 16 K0007 T02 à la société Le clos de la bastide.
Par un jugement n° 2200537 du 8 décembre 2023, le tribunal administratif de Toulon a annulé cette décision implicite et a enjoint au maire de la commune de Lorgues de retirer l'arrêté du 10 novembre 2019 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2024, sous le n° 24MA00266, Mme A, née C, demande à la Cour d'annuler le jugement du 8 décembre 2023, de rejeter la demande présentée par M. D devant le tribunal administratif de Toulon et de mettre à sa charge la somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2023-822 du 25 août 2023 modifiant le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'application de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l'article 232 du code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 8 décembre 2023, le tribunal administratif de Toulon annulé la décision implicite née le 3 janvier 2022 par laquelle le maire de la commune de Lorgues a rejeté la demande de M. D tendant au retrait ou à l'abrogation de l'arrêté du 10 novembre 2019 par lequel il a transféré le permis d'aménager n° PA 083 072 16 K0007 T02 à la société Le clos de la bastide.
2. Aux termes de l'article R. 351-2 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence du Conseil d'Etat, son président transmet sans délai le dossier au Conseil d'Etat qui poursuit l'instruction de l'affaire. () ".
3. En application des dispositions de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort sur les recours, introduits entre le 1er decembre 2013 et le 31 décembre 2022, dirigés contre " () les permis d'aménager () lorsque le bâtiment () est implanté en tout ou partie sur le territoire d'une des communes mentionnées à l'article 232 du code général des impôts et son décret d'application (). ".
4. Ces dispositions, qui ont pour objectif, dans les zones où la tension entre l'offre et la demande de logements est particulièrement vive, de réduire le délai de traitement des recours pouvant retarder la réalisation d'opérations de construction de logements ayant bénéficié d'un droit à construire, doivent être regardées comme concernant non seulement les recours dirigés contre des autorisations de construire, de démolir ou d'aménager, mais également, lorsque ces autorisations ont été accordées puis retirées, les recours dirigés contre ces retraits. Il en va de même des recours dirigés contre les refus de retraits. Elles concernent aussi les recours dirigés contre l'autorisation de transfert d'un permis d'aménager et le refus de procéder au retrait de cette autorisation notamment lorsqu'une fraude est alléguée. La commune de Lorgues ayant été ajoutée à la liste des communes dans lesquelles est applicable la taxe annuelle sur les logements vacants, en application de l'article 232 du code général des impôts, par le décret susvisé du 25 août 2023, le jugement du tribunal administratif intervenu le 8 décembre 2023, soit postérieurement à l'entrée en vigueur de ce décret, et sur le refus de retirer pour fraude une autorisation de transfert d'un permis d'aménager, doit être regardé comme ayant été rendu en premier et dernier ressort.
5. Il résulte des dispositions précitées que le jugement attaqué ne peut faire l'objet d'un appel, mais seulement donner lieu à pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat. Il y a lieu, en conséquence, en application des dispositions précitées, de transmettre au Conseil d'Etat le dossier de la requête de Mme C épouse A.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de Mme A née C est transmise au Conseil d'Etat.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat et à Mme B A née C.
Fait à Marseille, le 19 février 2024