jeudi 2 octobre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA02799 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | VILLALARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2014.
Par un jugement n° 1903291 du 28 octobre 2021, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour avant cassation :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2021, M. A... B... a demandé à la cour d’annuler le jugement du 28 octobre 2021 du tribunal administratif de Toulon et de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2014.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2020, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique a demandé à la cour de rejeter la requête de M. B....
Par un arrêt n° 21MA04871 du 3 mars 2023, la cour administrative d’appel de Marseille a réduit la base imposable de M. B... à l’impôt sur le revenu au titre de l’année 2012, prononcé la décharge, à concurrence de cette réduction de base, de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu en litige au titre de cette année ainsi que des pénalités correspondantes, réformé le jugement du tribunal administratif en ce qu’il avait de contraire et rejeté le surplus des conclusions de sa requête.
Par une décision n° 473430 du 8 novembre 2024, le Conseil d’Etat statuant au contentieux, saisi d’un pourvoi présenté par le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique contre l’arrêt précité en tant que celui-ci, faisant partiellement droit à l’appel formé par M. B..., a prononcé la décharge de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu en litige au titre de l’année 2012, a annulé les articles 1er, 2 et 3 de l’arrêt n° 21MA04871 du 3 mars 2023 et décidé de renvoyer l’affaire, dans cette mesure, devant la cour administrative d’appel de Marseille.
Procédure devant la cour après cassation :
Par un mémoire sur reprise d’instance après cassation, enregistré le 20 janvier 2025, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande l’entier rejet des conclusions présentées par M. B....
Il fait valoir qu’en retenant que la « deuxième omission successive » mentionnée à l’article 302 nonies du code général des impôts n’est pas caractérisée au titre de l’année 2012 au motif que la seconde déclaration de chiffre d’affaires déposée tardivement au titre de cette période, relative au mois de décembre 2012, a été précédée d’une déclaration souscrite dans le délai légal, la cour administrative d’appel de Marseille a commis une erreur de droit ainsi qu’une erreur de qualification juridique des faits au regard des dispositions de cet article.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Duchon-Doris,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d’une vérification de comptabilité de l’activité professionnelle de M. B..., portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014, l’administration fiscale a notamment remis en cause les allégements d’impôt sur le revenu alors prévus à l’article 44 octies du code général des impôts dont celui-ci avait bénéficié au titre des trois années vérifiées. Par un jugement du 28 octobre 2021, le tribunal administratif de Toulon a rejeté la demande de M. B... tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti, en conséquence de cette rectification, au titre des années 2012 à 2014. Par un arrêt du 3 mars 2023, la cour administrative d’appel de Marseille a, sur appel de M. B..., réduit sa base imposable à l’impôt sur le revenu au titre de l’année 2012, prononcé la décharge, à concurrence de cette réduction de base, de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu en litige au titre de cette année ainsi que des pénalités correspondantes, réformé le jugement du tribunal administratif en ce qu’il avait de contraire et rejeté le surplus des conclusions de sa requête. Par une décision du 8 novembre 2024, le Conseil d’Etat statuant au contentieux a, saisi d’un pourvoi présenté par le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, annulé les articles 1er, 2 et 3 de l’arrêt du 3 mars 2023 et décidé de renvoyer l’affaire dans cette mesure devant la cour administrative d’appel de Marseille.
2. Aux termes de l’article 302 nonies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l’année d’imposition en litige : « Les allégements d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés prévus aux articles 44 septies, 44 octies, 44 octies A, 44 decies, 44 terdecies, 44 quaterdecies, 44 quindecies, 208 quater A et 208 sexies ne s'appliquent pas lorsqu'une ou des déclarations de chiffre d'affaires se rapportant à l'exercice concerné n'ont pas été souscrites dans les délais et qu'il s'agit de la deuxième omission successive ». Il résulte de ces dispositions que les allégements d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés qu’elles mentionnent ne s’appliquent pas au titre d’une année ou d’un exercice lorsque le contribuable a omis de souscrire dans les délais une ou plusieurs des déclarations de chiffre d'affaires auquel il était tenu au titre de cette période alors qu’il avait déjà, au cours de l’année ou de l’exercice en cause, déjà omis de souscrire dans les délais une ou plusieurs de ces déclarations.
3. Il résulte de l’instruction et n’est pas contesté que M. B..., qui est tenu de déposer chaque mois ses déclarations de chiffres d’affaires le 19 du mois suivant celui au titre duquel elles sont établies, a omis de souscrire dans les délais ses déclarations de chiffres d’affaires au titre des mois de février et de décembre 2012, commettant ainsi une deuxième omission successive au titre de la même année. Par suite, M. B... n’est pas fondé à soutenir que l’administration ne pouvait invoquer l’article 302 nonies pour remettre en cause l’allègement d’impôt dont il avait bénéficié au titre de 2012.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulon a rejeté les conclusions de sa demande tendant à la décharge, en droits et majorations, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2012. Ses conclusions aux fins d’annulation de ce jugement et de décharge au titre de cette année doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: Les conclusions de M. B... tendant à la décharge, en droits et majorations, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2012, renvoyées par le Conseil d’Etat par sa décision n° 473430 du 8 novembre 2024, sont rejetées.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l’audience du 18 septembre 2025, où siégeaient :
- M. Duchon-Doris, président de la cour,
- Mme Courbon, présidente assereure,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 octobre 2025.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026