mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-20TL00098 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier de condamner solidairement la société La Poste et l'Etat à lui verser la somme de 109 450,26 euros avec intérêts au taux légal à compter du 26 juin 2017 et de mettre à la charge de la société La Poste et de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1704754 du 22 novembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a condamné solidairement l'Etat et la société La Poste à payer à M. B une somme de 3 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 26 juin 2017 et à verser à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2020 et un mémoire en réplique enregistré le 19 juin 2020 au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille sous le n° 20MA00098, puis le 11 avril 2022 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse sous le n° 20TL00098, la société anonyme La Poste, représentée par Me Bellanger, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1704754 du 22 novembre 2019 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) de mettre à la charge de M. B la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- dans le contentieux des reclassés, le Conseil d'Etat a retenu à l'encontre de La Poste la faute consistant à priver de manière générale les fonctionnaires reclassés de toute promotion interne, sur la période de 1993 à 2009 ; le fait générateur est l'absence de toute voie de promotion et non de telle ou telle voie de promotion ; il a pris fin avec la publication du décret n° 2009-1555 du 14 décembre 2009 et l'intervention de la décision de La Poste n° 350-23 du 16 décembre 2009 et de l'ouverture de la liste d'aptitude pour l'année 2009 ainsi que pour les années suivantes ; M. B pouvait candidater sur la liste d'aptitude au grade de contrôleur jusqu'à la date de son départ à la retraite, le 1er novembre 2014 ; aucune faute ne peut donc être retenue à l'encontre de La Poste après le rétablissement des listes d'aptitude ; le fait générateur n'a pas perduré au-delà de l'année 2009 contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges ;
- les préjudices indemnisés ne présentent pas de lien de causalité avec la faute consistant à priver les fonctionnaires reclassés de toute promotion interne ; le jugement est entaché d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation ;
- en tout état de cause, M. B n'établit pas l'existence de ses préjudices ;
- le préjudice de carrière n'est pas constitué en raison de ses notations B ou A ; c'est donc à juste titre que les premiers juges ont écarté la perte de chance sérieuse de promotion ;
- c'est à tort que les premiers juges ont indemnisé le préjudice moral et les troubles dans ses conditions d'existence pour la période postérieure au 26 juin 2012 ; M. B n'apporte aucun élément de nature à caractériser ces chefs de préjudice ; enfin, le montant alloué est trop élevé et devrait être réduit à 1 500 euros pour le préjudice moral ainsi que le retient la cour pour des agents lorsque la perte de chance sérieuse de promotion n'est pas retenue ; le Conseil d'Etat n'a jamais indemnisé les troubles dans les conditions d'existence dans ce contentieux, faute pour les requérants de les établir ;
- les premiers juges ont fait une inexacte application des règles de la prescription quinquennale prévue par les dispositions de l'article 2224 du code civil ; le dommage a bien pris fin à la fin de l'année 2009 ; il avait jusqu'au 31 décembre 2014 pour se prévaloir d'un préjudice de carrière ; sa demande préalable du 7 mars 2017 était tardive ; il était au courant de sa situation bien avant le dépôt de sa demande indemnitaire ;
- l'appel incident n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2020 et un mémoire en réplique enregistré le 14 juillet 2022, M. B, représenté par Me Lerat, conclut au rejet de la requête de La Poste, à la réformation du jugement n° 1704754 du 22 novembre 2019 du tribunal administratif de Montpellier en tant qu'il a limité son indemnisation au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence à la somme de 3 000 euros, à la condamnation solidaire de l'Etat et la société La Poste à lui verser une somme complémentaire de 2 000 euros à ce titre assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable et à ce que soit mise à la charge de La Poste une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- c'est à bon droit que les premiers juges ont estimé que l'atteinte aux droits statutaires de M. B avait perduré pour la période postérieure au 26 juin 2012 ;
- l'indemnisation au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence fixée à 3 000 euros n'est pas surévaluée mais sous-évaluée et doit être portée à 5 000 euros ;
- l'exception de prescription opposée par La Poste est rejetée par les juridictions administratives ; il a été maintenu dans l'ignorance du caractère illégal de l'absence de voies de promotion interne ; le préjudice n'a pas pris fin avec l'organisation de listes d'aptitude qui n'ont pas eu de caractère rétroactif ;
- l'Etat n'est pas fondé à contester sa responsabilité ni à demander la réduction de son indemnisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2020, l'Etat, représenté par Me Andreini du cabinet d'avocats Eleos, conclut au rejet de l'appel incident de M. B, ou à titre subsidiaire, que les sommes demandées soient ramenées à une plus juste mesure.
Il fait valoir qu'aucune faute ne peut lui être reprochée pour la période postérieure à 2009 et que les préjudices invoqués ne sont pas justifiés.
Par une ordonnance en date du 11 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué à la cour administrative d'appel de Toulouse le jugement de la requête de la société La Poste.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la date de la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 12 août 2022.
Par un avis en date du 12 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de l'appel incident de M. B tendant à la réévaluation de l'indemnisation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, en tant qu'il est dirigé contre l'Etat, dès lors que ces conclusions ont été présentées au-delà du délai d'appel.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le décret n° 64-953 du 11 septembre 1964 modifié ;
- le décret n° 72-500 du 23 juin 1972 modifié ;
- le décret n° 2009-1555 du 14 décembre 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Armelle Geslan-Demaret, présidente,
- les conclusions de Mme Michèle Torelli, rapporteure publique,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a intégré l'administration des postes et télécommunications le 25 mars 1976, en qualité de préposé. Le 20 avril 1976, il a accédé au grade d'agent d'exploitation du service général, puis, le 13 décembre 1988, par la voie du concours interne, au grade de contrôleur. Il a d'abord été affecté à Paris, puis à la plateforme industrielle de courrier du Roussillon puis enfin à la plateforme de distribution du courrier de Perpignan. Après l'intervention de la loi susvisée du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications, il a refusé d'intégrer les nouveaux corps dits de " classification " mis en place à l'issue de la réforme et a conservé son statut de fonctionnaire dit " reclassé ", jusqu'à son admission à la retraite le 1er novembre 2014. Estimant qu'il aurait dû bénéficier d'une promotion sur un grade supérieur entre 1993 et 2009, mais également après le rétablissement des voies de promotion interne, l'intéressé a, par courriers du 27 avril 2017, reçus le 26 juin suivant, demandé à la société La Poste et à l'Etat l'indemnisation de ses préjudices. Par un jugement du 22 novembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a condamné solidairement l'Etat et la société La Poste à payer à M. B une somme de 3 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 26 juin 2017 et à verser à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La société La Poste relève appel dudit jugement et, par la voie de l'appel incident, M. B en demande la réformation en tant qu'il n'a pas fait droit à l'intégralité de sa demande indemnitaire au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qui doit, selon lui, être réévalué à 5 000 euros.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne la responsabilité de La Poste :
2. Aux termes de l'article 2224 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile : " Les actions personnelles () se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". Le second alinéa de l'article 2222 du même code, issu de cette même loi, dispose que : " En cas de réduction de la durée du délai de prescription (), ce nouveau délai court à compter du jour de l'entrée en vigueur de la loi nouvelle, sans que la durée totale puisse excéder la durée prévue par la loi antérieure ".
3. La créance dont se prévalait M. B au titre des préjudices qu'il a subis en raison de la faute, relevée au point 9 du jugement attaqué, commise par son employeur et privant les fonctionnaires " reclassés " de La Poste de toute possibilité de promotion interne entre 1993 et 2009, doit être rattachée à chacune de ces années au cours desquelles les préjudices allégués ont été subis.
4. En application des dispositions citées ci-dessus de l'article 2222 du code civil, le nouveau délai de prescription de cinq ans pour les actions personnelles prévu par l'article 2224 du même code court à compter de l'entrée en vigueur de la loi du 17 juin 2008, soit le 19 juin 2008. Ce délai de prescription quinquennale a ainsi expiré le 19 juin 2013 en ce qui concerne les préjudices allégués dont le fait générateur est survenu jusqu'en 2008 et, au plus tard, le 31 décembre 2014 en ce qui concerne les préjudices invoqués dont le fait générateur est survenu en 2009. La demande préalable de M. B n'ayant été reçue par La Poste que le 26 juin 2017, elle était tardive en tant qu'elle portait sur la faute que M. B impute à La Poste antérieurement au rétablissement des voies de promotion interne par le décret n° 2009-1555 du 14 décembre 2009. Par suite, c'est à tort que les premiers juges ont condamné La Poste à indemniser M. B des préjudices subis à raison de cette faute, pour la période postérieure au 26 juin 2012.
5. Il résulte de ce qui précède que c'est à tort que par le jugement du 22 novembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a condamné La Poste, solidairement avec l'Etat, à payer à M. B une somme de 3 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 26 juin 2017 au titre de la faute mentionnée au point 3 du présent arrêt. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres fondements de la responsabilité de La Poste invoqués par M. B devant le tribunal administratif de Montpellier.
6. M. B invoquait également la faute qu'aurait commise La Poste en n'ayant pas organisé de manière régulière des voies de promotion interne après l'édiction du décret du 14 décembre 2009.
7. Par application des dispositions combinées des articles 2222 et 2224 du code civil, La Poste est fondée à invoquer la prescription quinquennale des créances dont se prévaut M. B qui trouvent leur fait générateur dans la période antérieure au 26 juin 2012.
8. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'édiction du décret n° 2009-1555 du 14 décembre 2009, La Poste a, par décision n° 350-23 du 16 décembre 2009, prévu l'organisation de listes d'aptitude pour l'année 2009 ainsi que pour les années suivantes, notamment pour l'accès au grade de contrôleur divisionnaire. Il n'est pas établi que l'établissement de ces listes d'aptitude, durant la période non prescrite, aurait méconnu le principe d'égalité de traitement entre les agents et que l'examen des candidatures n'aurait pas été soumis à la consultation des commissions administratives paritaires régulièrement constituées.
9. Toutefois, M. B avait invoqué devant les premiers juges, à l'appui de son moyen tiré de l'illégalité fautive de l'organisation de voies de promotion interne après l'édiction du décret du 14 décembre 2009, l'absence d'organisation d'un concours interne pour l'accès au grade de contrôleur divisionnaire.
10. Les dispositions de l'article 1er du décret du 14 décembre 2009 susvisé n'emportent pas en elles-mêmes de dérogation à l'article 26 de la loi du 11 janvier 1984 et ne font pas obstacle à l'application des décrets statutaires régissant les différents corps énumérés en annexe dont celui des contrôleurs divisionnaires des postes et télécommunications qu'il n'abroge pas. Le statut particulier du corps des contrôleurs divisionnaires des postes et télécommunications prévoit au nombre des modalités de promotion interne la voie du concours interne et celle de la liste d'aptitude. Alors même que La Poste faisait valoir qu'elle a fait le choix de privilégier la voie de la liste d'aptitude, cette circonstance ne la dispensait pas d'appliquer ces dispositions du statut particulier du corps des contrôleurs divisionnaires régi par le décret susvisé du 11 septembre 1964 et de procéder au recrutement dans ce corps, dans le respect des proportions expressément fixées par le 2° de l'article 2 de ce décret entre les différentes voies d'accès que constituent le concours interne et la liste d'aptitude.
11. Par ailleurs et contrairement à ce que faisait valoir la Poste, le Conseil d'Etat, en refusant de faire droit aux conclusions à fin d'astreinte liées à l'exécution de sa décision n° 304438-304439 du 11 décembre 2008, n'a pas statué sur la légalité du dispositif de promotion qu'elle a mis en place à la suite du décret du 14 décembre 2009, dont l'examen correspond à un litige distinct de celui tranché par cette décision.
12. Par suite, en s'abstenant d'organiser un concours interne pour l'accès au grade de contrôleur, sans qu'aucune disposition dérogatoire n'ait légalement justifié cette exclusion, La Poste a commis une illégalité fautive.
13. D'une part, il est constant que M. B, détenant le grade de contrôleur, remplissait les conditions pour accéder au grade de contrôleur divisionnaire, dès lors qu'il satisfaisait aux conditions d'ancienneté pour accéder au grade supérieur du 26 juin 2012 jusqu'à son départ à la retraite le 1er novembre 2014, qu'il était âgé de plus de quarante ans, qu'il avait atteint le 9ème échelon de son grade en 2000 et qu'il comptait au moins cinq années de services effectifs dans son grade. Toutefois, au regard des notations " B " ou " A " dont il a bénéficié au cours de la période considérée, il n'est pas établi que M. B, qui n'allègue pas avoir fait acte de candidature aux listes d'aptitude et alors même qu'aucun concours n'a été organisé, ait été privé d'une chance sérieuse d'accéder au corps de contrôleur divisionnaire pour exercer les fonctions qui s'y attachent, durant la période non prescrite.
14. D'autre part, s'agissant de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence seuls en litige dans la présente instance, M. B ne peut se prévaloir d'aucune atteinte à ses droits statutaires postérieurement au 26 juin 2012. Il n'a apporté ni en première instance ni en appel, aucun élément de nature à justifier de son indemnisation à ce titre.
15. Il résulte de ce qui précède que La Poste est fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier l'a condamnée solidairement avec l'Etat à indemniser M. B.
Sur l'appel incident de M. B :
16. M. B s'est borné à solliciter, par la voie de l'appel incident, la réévaluation de son indemnisation au titre du préjudice moral et de ses troubles dans ses conditions d'existence. D'une part, il résulte de ce qui précède que ses conclusions ne peuvent être accueillies en tant qu'elles sont dirigées contre La Poste, d'autre part, il n'est pas recevable, en tant qu'il est dirigé contre l'Etat, dès lors que ses conclusions figurant dans un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2020, ont été présentées au-delà du délai d'appel qui expirait le 24 janvier 2020.
Sur les frais liés au litige :
17. D'une part, La Poste n'étant ni devant le tribunal, ni dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions de M. B tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées et la condamnation de première instance annulée. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que La Poste demande au titre de ces dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n°1704754 du tribunal administratif de Montpellier du 22 novembre 2019 est annulé en tant qu'il a condamné La Poste à indemniser M. B et à lui verser une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions de M. B tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à fin d'appel incident sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la société anonyme La Poste, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Geslan-Demaret, présidente de chambre,
Mme Blin, présidente assesseure,
M. Teulière, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La présidente rapporteure,
A. Geslan-Demaret La présidente assesseure,
A. Blin
La greffière,
M-M. MaillatLa présidente rapporteure,
A. Geslan-DemaretLa présidente assesseure,
A. Blin
La greffière,
M-M. Maillat
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°20TL00098 2
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026