jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-20TL22522 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LARRALDE DE FOURCAULD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une soumission d'office présentée en application des articles R. 199-1 et R. 200-3 du livre des procédures fiscales, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a transmis au tribunal administratif de Toulouse une " réclamation " qui lui avait été adressée le 5 février 2016 par M. B C. Ce dernier a également demandé au tribunal d'infliger à l'Etat une amende pour recours abusif.
Par une ordonnance n° 1802986 du 3 mars 2020, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a rejeté cette réclamation soumise d'office, ainsi que le surplus des conclusions de M. C.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 août 2020 sous le n° 20BX02522 au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux et ensuite sous le n° 20TL22522 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, et deux mémoires complémentaires, enregistrés le 8 avril 2021 et le 11 avril 2022, M. C, représenté par Me Larralde de Fourcauld, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de rejeter la soumission d'office présentée par le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne ;
3°) d'infliger à l'Etat une amende pour recours abusif ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 300 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son courriel du 5 février 2016 ne constituant pas une réclamation contentieuse présentée pour le compte de la société de droit espagnol Dépôt Fret Logistique SL, la soumission d'office présentée par l'administration fiscale était irrecevable ;
- la soumission d'office, présentée par l'administration fiscale de manière orientée et plus de deux ans et demi après l'envoi de son courriel du 5 février 2016, est de nature à justifier une condamnation à une amende pour recours abusif.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 11 mars 2021 et le 28 novembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué à la cour administrative d'appel de Toulouse le jugement de la requête de M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Cherrier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Larralde de Fourcauld pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales : " () L'administration peut soumettre d'office au tribunal la réclamation présentée par un contribuable. Elle doit en informer ce dernier () ". L'article R. 200-3 du même livre dispose que : " Dans le cas où l'administration soumet d'office le litige à la décision du tribunal administratif, celui-ci est saisi par un mémoire établi et notifié dans les conditions prévues à l'article R. 200-4. La réclamation initiale du contribuable vaut requête au tribunal ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition () ". L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
3. Par l'ordonnance contestée, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a rejeté, sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la réclamation soumise d'office par l'administration fiscale en raison de son irrecevabilité manifeste, tirée de l'absence de réclamation préalable au sens de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. En soutenant que le courriel qu'il avait adressé à l'administration fiscale le 5 février 2016 ne constituait pas une telle réclamation, M. C ne présente aucune critique de l'irrecevabilité opposée par le premier juge. Contrairement à ce que soutient M. C, cette irrecevabilité n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la soumission d'office par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne avait saisi le tribunal administratif de Toulouse. Par suite, les conclusions correspondantes de M. C doivent être rejetées.
4. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La soumission d'office présentée par l'administration fiscale devant le tribunal administratif de Toulouse, alors même qu'elle n'était précédée d'aucune réclamation, ne présentait pas, en tout état de cause, un caractère abusif. Par suite, alors d'ailleurs que la faculté prévue par l'article R. 741-12 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre du juge, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande qu'il présentait à ce titre. M. C, qui est l'auteur de la requête d'appel, ne peut davantage solliciter l'application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative dans le cadre de la présente instance.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de quelque somme que ce soit sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, où siégeaient :
- M. Barthez, président,
- M. Lafon, président assesseur,
- Mme Restino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
A. Barthez
Le greffier,
F. Kinach
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°20TL22522
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026