mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-21TL03884 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS BECQUE - DAHAN - PONS-SERRADEIL - CALVET - REY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation de la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de faire droit à sa demande du 9 mars 2020, tendant à la délivrance d'un agrément relatif à l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement de catégorie C4 et F 4 et des articles pyrotechniques destinés au théâtre de la catégorie T2.
Par un jugement n° 2003930 du 13 juillet 2021, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de cette décision.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille le 13 septembre 2021, puis réenregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, M. C, représenté par Me Pons-Serradeil, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 13 juillet 2021 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un agrément relatif à l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement de catégorie C4 et F 4 et des articles pyrotechniques destinés au théâtre de la catégorie T2 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que, comme l'a considéré le tribunal, il n'a pas été informé, contrairement à ce qu'imposent les dispositions combinées du 2° de l'article 4 du décret du 31 mai 2010 relatif à l'acquisition, la détention, et l'utilisation des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques destinés au théâtre et celles de l'article R 114-6 du code de la sécurité intérieure, de la consultation par l'administration du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, lequel se trouve au nombre des traitements automatisés de données personnelles relevant de l'article 26 de la loi du 6 janvier 1978 ;
- contrairement à ce qu'a estimé le tribunal, il a été privé d'une garantie à cet égard dès lors que s'il avait été informé, dès le dépôt de sa demande d'agrément, de cette consultation, il aurait sollicité l'effacement des données judiciaires de son bulletin n° 2 de son casier judiciaire auprès du procureur de la République de Perpignan, et, en fonction de la réponse à cette demande d'effacement, aurait décidé de la suite à donner à sa demande d'agrément ;
- le motif du refus d'agrément est, contrairement à ce qu'a estimé le tribunal administratif, entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il ne résulte d'aucune des dispositions du décret du 31 mai 2010 relatif à l'acquisition, la détention, et l'utilisation des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques destinés au théâtre, que la délivrance d'un agrément puisse être subordonnée à la condition que le demandeur n'ait pas fait l'objet de condamnations pénales ;
- par ailleurs, les condamnations prononcées à son encontre relatives à la détention illégale d'armes et à la vente de stupéfiants, sont sans lien avec la question de l'acquisition, la détention, et de l'utilisation d'articles pyrotechniques ; le préfet des Pyrénées-Orientales a donc commis également une erreur de droit à cet égard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 21 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Marseille a accordé à M. C le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'environnement ;
-le code de la sécurité intérieure ;
-la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le décret n° 2010-580 du 31 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Bentolila, président-assesseur,
- les conclusions de Mme Françoise Perrin rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a déposé auprès du préfet des Pyrénées-Orientales une demande d'agrément pour l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement de catégorie C4 et F 4 et des articles pyrotechniques destinés au théâtre de la catégorie T2. Par une décision du 3 juillet 2020 le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer cet agrément.
2. Par la présente requête M. C relève appel du jugement du 13 juillet 2021 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande en annulation de la décision du 3 juillet 2020.
Sur le bien-fondé du jugement et de la décision attaquée :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. En premier lieu, aux termes du 2° de l'article 4 du décret n°2010-580 du 31 mai 2010 relatif à l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques destinés au théâtre, tel que modifié par l'article 6 du décret n° 2019-540 du 28 mai 2019 relatif à l'agrément technique des installations de produits explosifs et à la mise en œuvre d'articles pyrotechniques, dispose notamment que : " La mise en œuvre des artifices de la catégorie 4 et des articles pyrotechniques destinés au théâtre de la catégorie T2 ne peut être effectuée que par des personnes titulaires ou sous le contrôle direct de personnes titulaires : / a) D'une part, d'un agrément délivré pour une durée de cinq ans par le préfet du département ou, à Paris, par le préfet de police, après enquête administrative prévue aux articles L. 114-1 et R. 114-5 du code de la sécurité intérieure. L'agrément est refusé ou retiré lorsque l'enquête diligentée par le préfet révèle que le demandeur a un comportement incompatible avec la détention et l'usage d'articles pyrotechniques dangereux. / b) D'autre part, du certificat de qualification prévu à l'article 6 ". Aux termes du I de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " Les décisions administratives de recrutement, d'affectation, de titularisation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant () les emplois privés ou activités privées réglementées relevant des domaines des jeux, paris et courses, (), peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. / Ces enquêtes peuvent donner lieu à la consultation de traitements automatisés de données à caractère personnel relevant de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. Les conditions dans lesquelles les personnes intéressées sont informées de cette consultation sont précisées par décret ". Son article R. 114-6 dispose " Les personnes qui font l'objet d'une enquête administrative en application de l'article L. 114-1 sont informées de ce que cette enquête donne lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles relevant de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. / Lorsque l'enquête administrative qui donne lieu à la consultation fait suite à une demande de décision de l'intéressé, celui-ci en est informé dans l'accusé de réception de sa demande prévu aux articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration. / () ".
4. S'il est constant que lors du dépôt par M. C de sa demande d'agrément, ce dernier n'a pas, contrairement à ce qu'imposent les dispositions précitées de l'article R 114-6 du code de la sécurité intérieure, été informé de ce que le service procèderait à la consultation du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, qui s'analyse en une consultation de traitements automatisés de données personnelles relevant de l'article 26 de la loi du 6 janvier 1978, cette absence d'information, alors que la consultation a bien eu lieu, ne l'a pas privé d'une garantie. En effet et comme l'ont relevé les premiers juges, il ne pouvait s'opposer à cette consultation et cette absence d'information est sans lien avec le fait que l'intéressé n'a pas demandé le relèvement du bulletin n° 2 de son casier judiciaire.
Sur la légalité interne :
5.Contrairement à ce que soutient l'appelant, la décision de refus d'agrément n'est pas fondée sur les condamnations pénales inscrites au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, mais sur les faits ayant valu ces condamnations à M. C, lesquels, contrairement à ce qu'il soutient, entrent dans le champ et ne sont pas sans lien avec les dispositions précitées du 2° de l'article 4 du décret du 31 mai 2010 relatif à l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques destinés au théâtre, qui disposent que l'agrément peut être refusé ou retiré lorsque l'enquête diligentée par le préfet révèle que le demandeur a un comportement incompatible avec la détention et l'usage d'articles pyrotechniques dangereux.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 3 juillet 2020 par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de faire droit à sa demande du 9 mars 2020, tendant à la délivrance d'un agrément relatif à l'acquisition, la détention et l'utilisation des artifices de divertissement de catégorie C4 et F 4 et des articles pyrotechniques destinés au théâtre de la catégorie T2. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être également rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2: Le présent arrêt sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Orientales
Délibéré après l'audience du 14 février 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rey-Bèthbéder, président,
M. Bentolila, président-assesseur,
Mme El Gani-Laclautre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur
P. Bentolila
Le président,
É. Rey-Bèthbéder
La greffière,
M.M B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026