mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-21TL04427 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LEMOINE CLABEAUT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme B A ont demandé au tribunal administratif de Nîmes, l'annulation de la décision du 7 juin 2019 du directeur du service départemental des impôts foncier de Nîmes rejetant leur demande présentée le 30 mars 2018 tendant à ce que soient opérées des modifications cadastrales conformément à l'acte de partage du 12 et 14 janvier 1952 concernant la limite entre les parcelles D 721 et D 624 situées à Collias.
Par un jugement n° 1902699 du 17 septembre 2021, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2021 au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille, puis réenregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, et un mémoire non communiqué du 30 mars 2023, M. et Mme A, représentés par Me Lemoine, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 17 septembre 2021 du tribunal administratif de Nîmes ;
2°) d'annuler la décision du 7 juin 2019 du directeur du service départemental des impôts fonciers de Nîmes rejetant leur demande tendant à ce que soient opérées des modifications cadastrales conformément à l'acte de partage du 12 et 14 janvier 1952 concernant la limite entre les parcelles D 721 et D 624 situées à Collias ;
3 °) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 320 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 7 juin 2019 refuse de faire droit à leur demande au seul motif du désaccord des consorts C, sur le fondement du jugement rendu par le tribunal de grande instance de Nîmes le 4 mai 2004, sur la proposition qui leur a été soumise par l'administration de modification des limites cadastrales ;
- or, le jugement du 4 mai 2004 ne redéfinit pas les limites de propriété et s'appuie au demeurant sur l'acte de partage qui a été effectué en 1952, lequel ne peut être remis en cause, et sur lequel le service du cadastre s'est fondé pour établir le croquis foncier de conservation n° 656 B du plan cadastral ;
- de plus, l'instruction BOI-CAD-MAJ-20-10-04/04/2014 du 4 avril 2014 de la direction générale des finances publiques n'impose pas le consentement de toutes les parties pour que soit effectuée une modification cadastrale ; en effet, si cette instruction impose aux services de l'État d'inviter les propriétaires concernés par la proposition de modification cadastrale à apposer leur signature sur cette proposition, elle ne prévoit aucunement que le service refuse de procéder à la modification cadastrale, en l'absence de signature des propriétaires intéressés ;
- les appelants ont produit tous les éléments afférents aux modifications cadastrales qu'ils ont proposées, lesquelles n'ont fait l'objet d'aucune contestation judiciaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, et un mémoire en production de pièces du 3 mars 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête de M.et Mme A.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 55-471 du 30 avril 1955 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Bentolila, président-assesseur,
- les conclusions de Mme Françoise Perrin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lemoine, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la décision du 7 juin 2019 du directeur départemental des finances publiques du Gard rejetant leur demande tendant à ce que soient opérées des modifications cadastrales conformément à l'acte de partage du 12 et 14 janvier 1952 concernant la limite entre les parcelles D 721 et D 624 situées à Collias (Gard).
2. M. et Mme A relèvent appel du jugement du 17 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Sur le bien-fondé du jugement :
3. Aux termes de l'article 8 du décret du 30 avril 1955 relatif à la rénovation et à la conservation du cadastre : " La révision du cadastre est effectuée en comparant les données de celui-ci avec l'état actuel des propriétés et en constatant les changements survenus. () ". Et aux termes de l'article 1402 du code général des impôts : " Les mutations cadastrales consécutives aux mutations de propriété sont faites à la diligence des propriétaires intéressés. Aucune modification à la situation juridique d'un immeuble ne peut faire l'objet d'une mutation si l'acte ou la décision judiciaire constatant cette modification n'a pas été préalablement publié au fichier immobilier ".
4. Les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce que les énonciations du cadastre, qui ne constituent pas par elles-mêmes un titre de propriété, puissent, indépendamment des mutations cadastrales consécutives aux modifications de la situation juridique des immeubles, être rectifiées à la diligence de l'administration, lorsqu'elles sont entachées d'inexactitude. Par ailleurs, lorsqu'à la suite d'opérations de révision du cadastre, l'administration est saisie d'une demande tendant à la modification des énonciations portées sur les documents cadastraux relatives à la situation juridique d'une parcelle et qu'un litige s'élève sur le droit de propriété, elle est tenue de se conformer à la situation de propriété telle qu'elle a été constatée pour l'élaboration des documents cadastraux et ne peut que refuser la modification demandée tant qu'une décision judiciaire ou un accord entre les intéressés n'est pas intervenu. Ainsi, quand bien même il serait établi que les indications portées sur les documents cadastraux seraient erronées, l'administration ne peut les rectifier sans l'accord des propriétaires concernés, ou sans décision judiciaire constatant les limites respectives de ces propriétés .
5. En premier lieu, les appelants font valoir, comme en première instance, que le refus des consorts C d'accepter la proposition qui leur a été soumise par l'administration de modification des limites cadastrales ne se fonde que sur la contrariété du relevé cadastral soumis à leur approbation avec un jugement rendu par le tribunal de grande instance de Nîmes le 4 mai 2004, alors que, selon eux, ce jugement s'appuierait sur l'acte de partage du 12 et 14 janvier 1952, lequel définirait les limites de propriété et aurait servi de fondement au croquis foncier établi par l'administration le 25 février 2019. Cependant, ce jugement, qui déboute M. et Mme A de leur action dirigée contre les consorts C tendant à ce que, par interprétation de l'acte de partage de 1952, le chemin séparant les parcelles D 721 et D 624, qualifié de mitoyen par l'acte de partage, soit reconnu comme appartenant de manière divise aux propriétaires de ces parcelles, ne se prononce pas expressément sur les limites de propriété entre les deux parcelles en cause. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le plan d'état des lieux établi le 2 mars 2018 pour les appelants par un géomètre-expert et sur la base duquel ils ont obtenu le croquis foncier établi par l'administration le 25 février 2019, soit conforme à l'acte de partage de 1952.
6. En second lieu, le point 70 de l'instruction BOI-CAD-MAJ-20-10-04/04/2014 du 4 avril 2014 de la direction générale des finances publiques ne prévoit pas, en tout état de cause, qu'en l'absence de décision judiciaire constatant les limites respectives de ces propriétés, l'administration puisse opérer des rectifications cadastrales sans l'accord des propriétaires concernés.
7. Par conséquent, et dès lors qu'il est constant que les consorts C n'ont pas donné leur accord à la modification cadastrale proposée par l'administration, l'administration était tenue, comme elle l'a fait par la décision du 7 juin 2019, de rejeter la demande de M. et Mme A tendant à ce que soient opérées des modifications cadastrales conformément à l'acte de partage du 12 et 14 janvier 1952 concernant la limite entre les parcelles D 721 et D 624 situées à Collias.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas en l'espèce partie perdante, la somme que demandent les appelants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Gard.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rey-Bèthbéder, président,
M. Bentolila, président-assesseur,
Mme El Gani-Laclautre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur
P. Bentolila
Le président,
É. Rey-Bèthbéder
La greffière,
C. Lanoux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026