mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-21TL04812 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SCHEGIN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E B a demandé au tribunal administratif de Montpellier, à titre principal, d'annuler la décision du 18 février 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à sa charge pour l'emploi de deux ressortissants étrangers non autorisés à travailler, la somme de 36 200 euros au titre de la contribution spéciale, et celle de 4 248 euros au titre de la contribution forfaitaire, de prononcer la décharge de la somme réclamée de 36 200 euros au titre de la contribution spéciale, et, à titre subsidiaire, de ramener ce montant au minimum prévu par les dispositions applicables au litige, ne pouvant dépasser 7 240 euros par travailleur.
Par un jugement n° 2001808 du 23 novembre 2021, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille le 18 décembre 2021, puis réenregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, M. B, représenté par Me Poilpré, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 23 novembre 2021 ;
2°) à titre principal, d'annuler la décision du 18 février 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à sa charge la somme de 36 200 euros au titre de la contribution spéciale et de le décharger du paiement de cette somme;
3°) à titre subsidiaire, de ramener ce montant au minimum prévu par les dispositions applicables, ne pouvant dépasser 7 240 euros par travailleur ;
4°) d'annuler la décision du 18 février 2020 en ce qu'elle met à sa charge la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement, d'un montant de 4 248 euros, et de le décharger du paiement de cette somme;
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 660 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et est insuffisamment motivée au regard des éléments de fait dès lors qu'elle n'expose pas la situation de la société et sa situation personnelle et ne fait état ni de la circonstance selon laquelle les deux salariés en cause n'ont travaillé qu'une journée ni des raisons qui l'ont amené à les faire travailler ;
- elle méconnaît l'article R. 8253-2 du code du travail, qui permet une modération de la contribution spéciale à hauteur de 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti ; en effet, aucun cumul d'infractions n'est retenu à son encontre, seule la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail lui étant opposée ; il est donc demandé à la cour de limiter la contribution spéciale à 7 240 euros par travailleur ;
- il est par ailleurs demandé à la cour de tenir compte des circonstances particulières dans lesquelles s'est produite l'infraction unique qui lui est reprochée, et qui a pour cause la détresse financière et personnelle dans laquelle il se trouve, et, compte tenu de ce que les infractions reprochées se sont produites sur une seule journée, que la contribution spéciale soit réduite, voire annulée ;
- en ce qui concerne la somme de 4 248 euros qui lui est demandée, à raison des deux salariés, sur le fondement de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement, en vertu de la jurisprudence du Conseil d'État, cette sanction ne peut présenter un caractère automatique, le juge devant apprécier les circonstances de l'espèce ; par ailleurs, cette sanction ne peut intervenir qu'à l'issue d'une procédure contradictoire permettant à l'employeur de présenter des observations ;
- il convient de tenir compte de sa situation particulière, laquelle doit être traitée avec indulgence, ainsi que cela a été le cas par le procureur de la République ; par ailleurs, les sommes qui lui sont demandées sont excessives, alors que les deux étrangers concernés par ces mesures n'ont pas fait l'objet de mesures d'éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par Me Schegin, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués par l'appelant ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bentolila, président-assesseur,
- et les conclusions de Mme Françoise Perrin, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. À l'occasion d'un contrôle effectué le 13 novembre 2019 sur un chantier situé à Gigean (Hérault), les services de police ont constaté la présence de M. A C, ressortissant marocain dépourvu de titre l'autorisant à travailler et séjourner en France, et de M. F D, également de nationalité marocaine, titulaire d'un permis de résidence espagnol qui ne l'autorisait pas à travailler en France. Par une décision du 18 février 2020, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à la charge de M. B, entrepreneur individuel ayant déclaré être l'employeur de ces deux ressortissants étrangers, une somme de 36 200 euros au titre de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du code du travail et une somme de 4 248 euros au titre de la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit une somme totale de 40 448 euros, ramenée à 30 000 euros par application du bouclier pénal. M. B a demandé l'annulation de cette décision et la décharge des sommes demandées par ces deux contributions devant le tribunal administratif de Montpellier. Par un jugement du 23 novembre 2021, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande. M. B demande à la cour l'annulation de ce jugement.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre principal à fin d'annulation et de décharge totale des contributions spéciale et forfaitaire mises à la charge de M. B par la décision du 18 février 2020 :
S'agissant du moyen tiré de l'insuffisance de motivation et de l'absence d'examen sérieux de sa situation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui () infligent une sanction ". Et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui met à la charge d'un employeur la contribution spéciale et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent cette sanction.
4. La décision du 18 février 2020 citée au point 1 vise les considérations de droit qui en constituent le fondement, à savoir, d'une part, les articles L. 8251-1, L. 8253-1, R. 8253-2 et R. 8253-4 du code du travail, d'autre part, les articles L. 626-1 et R. 626-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui définissent le manquement et les sanctions pécuniaires, déterminent leur montant et leur mode de calcul, et indiquent que les sanctions, dont le montant se déduit des dispositions de l'article R. 8253-2 du code du travail et des barèmes fixés par arrêté du 5 décembre 2006, sont infligées à raison de l'emploi de deux travailleurs. Au titre des considérations de fait, elle indique qu'elle est prise à la suite des constatations faites par le procès-verbal établi le 13 novembre 2019, dont M. B ne conteste pas avoir reçu communication, et mentionne, en son annexe, les noms des deux salariés concernés. Dans ces conditions, cette décision est, aussi bien concernant les contributions forfaitaire que spéciale, suffisamment motivée tant en droit qu'en fait. Il résulte également de ce qui vient d'être exposé que le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ne peut qu'être écarté.
S'agissant du bien-fondé des contributions spéciale et forfaitaire
5. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () ". L'article L. 8253-1 de ce même code prévoit que " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre de travail, une contribution spéciale. () ". En vertu de l'article L. 8256-2 dudit code, " Le fait pour toute personne, directement ou par personne interposée, d'embaucher, de conserver à son service ou d'employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France, en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1, est puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 15 000 euros () ". Aux termes de l'article R. 8253-6 dans sa rédaction applicable du même code : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 et notifie sa décision à l'employeur ainsi que le titre de recouvrement ". Aux termes de l'article L. 8271-8 de ce code : " Les infractions aux interdictions du travail dissimulé sont constatées au moyen de procès-verbaux qui font foi jusqu'à preuve du contraire ().
6. S'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci doit apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, notamment quant à d'éventuelles difficultés financières. Le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions précitées ou en décharger l'employeur.
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du procès-verbal d'infraction du 13 novembre 2019, lequel en vertu de l'article 431 du code de procédure pénale et de l'article L. 8271-8 précité du code du travail, fait foi jusqu'à preuve contraire, que la présence de M. C, ressortissant marocain dépourvu de titre l'autorisant à travailler et séjourner en France, et de M. D, également de nationalité marocaine, titulaire d'un permis de résidence espagnol qui ne l'autorisait pas à travailler en France, a été constatée lors d'un contrôle effectué le 13 novembre 2019 sur un chantier situé à Gigean. M. B, qui exerce le métier de plombier-chauffagiste, a reconnu, notamment lors de son audition par les services de police le 14 novembre 2019 intervenir sur ce chantier et avoir procédé à cet effet à l'embauche de M. C et de M. D. L'existence du lien de subordination est donc établie. Par suite, ainsi que l'ont considéré à bon droit les premiers juges, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu légalement infliger à l'appelant la sanction prévue par les dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail. Les conclusions présentées par l'appelant tendant à l'annulation et à la décharge de la contribution spéciale doivent dès lors être rejetées.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / () / L'office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de liquider cette contribution. () ". Aux termes du premier paragraphe de l'article R. 626-1 du même code : " La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. / Cette contribution est à la charge de l'employeur qui, en violation de l'article L. 8251-1 du code du travail, a embauché ou employé un travailleur étranger dépourvu de titre de séjour ".
9. Tout d'abord, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement est prononcée par une décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration laquelle, en vertu des droits de la défense, ne peut être infligée qu'à l'issue d'une procédure contradictoire lui permettant de statuer en tenant compte des observations de l'employeur intéressé. En l'espèce, les droits de la défense ont été respectés, ainsi que cela résulte des informations données à M.B lors de la notification de ses droits, le 14 novembre 2019 et lors de son audition du même jour, et par la possibilité qui lui a été offerte de présenter des observations.
10. Par ailleurs, si les dispositions de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instituent une sanction qui ne saurait revêtir un caractère automatique, toutefois, en l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B au regard du procès-verbal d'infraction et des procès-verbaux d'audition dont il disposait.
11. Le moyen tiré de l'indulgence dont il aurait bénéficié de la part du procureur de la République, est compte tenu de l'indépendance entre les procédures administrative et pénale, inopérant, et il en va de même du moyen tiré du caractère excessif des sommes qui lui sont demandées.
12. Enfin, ni les dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni aucune autre disposition, ne subordonnent la mise à la charge de l'employeur de la contribution forfaitaire à la condition que les étrangers en cause aient été effectivement réacheminés dans leur pays d'origine. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir que la mise à sa charge de la contribution forfaitaire serait illégale faute pour les étrangers en situation de séjour irrégulier qu'il employait d'avoir été réacheminés dans leur pays d'origine.
En ce qui concerne les conclusions aux fins de modération de la contribution spéciale :
13. En vertu de l'article R. 8253-2 du code du travail : " I. - Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II. -Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. III. -Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ".
14. Dès lors que, comme il a été dit au point 7, le lien de subordination entre M. B et MM. C et D est établi par l'instruction, et d'ailleurs non contesté par l'appelant, ce dernier était tenu de verser aux intéressés les rémunérations mentionnées par les dispositions précitées de l'article R. 8253-2 du code du travail. Or, il est constant que ces rémunérations ne leur ont pas été versées. En conséquence, les conclusions à fins de modération de la contribution spéciale ne peuvent être que rejetées, alors même que comme le fait valoir l'appelant, le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail, lequel vise uniquement l'absence de détention par un ressortissant étranger d'un titre de séjour l' autorisant à travailler.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du jugement du 23 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande .
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant pas, dans la présente instance, partie perdante, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être que rejetées.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au profit de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à l'Office français de l'immigration et de l'intégration au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. E B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rey-Bèthbéder, président,
M. Bentolila, président-assesseur,
Mme Beltrami, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur
P. Bentolila
Le président,
É. Rey-Bèthbéder
La greffière,
M-M. Maillat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026