lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-21TL23158 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | THIAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a saisi le tribunal administratif de Toulouse d'une contestation, intitulée " demande recours gracieux ", de l'arrêté du 29 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par une ordonnance n° 2102243 du 5 juillet 2021, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2021 sous le n° 21BX03158 au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux et ensuite sous le n° 21TL23158 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, et un mémoire complémentaire enregistré le 24 février 2023, M. B, représenté par Me Thiam, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Il soutient que :
- le premier juge ne pouvait regarder sa demande de première instance comme constituant un recours gracieux et étant ainsi irrecevable et devait, sauf à le priver de son droit au recours garanti par les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par les dispositions de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, faire usage de son pouvoir d'interprétation ;
- le principe de sécurité juridique ne pourrait lui être opposé dès lors qu'il n'avait pas connaissance de son droit.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 2 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () 7° Rejeter après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables ou des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). / Les () présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article, à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7° () ".
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a saisi le tribunal administratif de Toulouse d'une demande qui portait le titre : " demande recours gracieux ", la mention de " recours gracieux " apparaissant ensuite à nouveau. Toutefois, M. B indiquait explicitement que sa demande avait pour objet l'arrêté du 29 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français. Il demandait également à bénéficier de l'aide juridictionnelle et que soit désigné un avocat. Il mentionnait brièvement avoir " diverses expériences dans le travail ". Eu égard à l'ensemble de ces éléments, c'est à tort que le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a estimé, sans avoir invité M. B à saisir le bureau d'aide juridictionnelle, que sa requête était manifestement irrecevable et l'a rejetée en application des dispositions précédemment citées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
3. Son ordonnance du 5 juillet 2021 doit, dès lors, être annulée. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Toulouse.
4. M. B ne soulève, tant en première instance qu'appel, à fin d'annulation de l'arrêté du 29 mars 2021, que des moyens qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. La requête de M. B doit donc être rejetée en application des dispositions précédemment citées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'ordonnance du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse du 5 juillet 2021 est annulée.
Article 2 : La demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Toulouse est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Khadim Thiam.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 3 avril 2023.
Le président de la 1ère chambre,
A. Barthez
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026