jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL20015 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B C a demandé au tribunal administratif de Toulouse de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, de désigner un interprète en langue arabe et d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile et l'arrêté du même jour par lequel il a été assigné à résidence.
Par un jugement n° 2105280 du 15 septembre 2021, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse l'a admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a rejeté le surplus des conclusions de la requête.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 4 janvier 2022 sous le n° 22BX00015 au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux puis le 1er mars 2022 sous le n° 22TL20015 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, M. B C, représenté par Me Laspalles, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler les arrêtés préfectoraux du 8 septembre 2021 portant décision de transfert aux autorités italiennes et assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande d'asile et ce dans le délai de soixante-douze heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités italiennes :
- il a été adopté par une autorité administrative incompétente ;
- il est entaché d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L.211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice de procédure en ce qu'il a été privé de l'information prévue par l'article 26 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 sur la possibilité de se rendre par ses propres moyens en Italie ;
- il n'indique pas que la France sera responsable du traitement de sa demande d'asile à l'issue d'un délai de six mois suivant l'acceptation des autorités italiennes ;
- il méconnaît les dispositions des articles 4 et 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, le préfet n'ayant pas justifié de l'accomplissement des formalités d'information et de remise des brochures ni de réalisation de l'entretien individuel ;
- l'autorité préfectorale n'établit pas l'avoir informé des finalités de la prise de ses empreintes digitales exigées par l'article 29 du règlement (UE) n°603/2013 du 26 juin 2013 ;
- le résultat de la comparaison de ses empreintes décadactylaires n'a pas été vérifié par un expert en empreintes digitales, en méconnaissance des dispositions du paragraphe 4 de l'article 25 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
- le préfet a édicté sa décision sans prendre en considération ses observations ;
- il n'a pas été mis en mesure de quitter volontairement le territoire national ;
- la décision de transfert d'office n'est pas justifiée ;
- le préfet n'établit pas que l'Italie aurait été saisie d'une demande de prise en charge en application de l'article 18.1 b du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- le préfet n'a pas explicité les raisons pour lesquelles il considérait qu'il n'y a pas lieu de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il se fonde sur des faits matériellement inexacts ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article L.742-7 du CESEDA alors que l'Italie connaît des défaillances systémiques dans les conditions d'accueil des demandeurs d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article L.742-1 du CESEDA dès lors que le préfet s'est abstenu de faire application des dispositions dérogatoires dites " clauses discrétionnaires " ;
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut de base légale du fait de l'illégalité de l'arrêté de transfert aux autorités italiennes ;
- il porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir ;
- il ne démontre pas la perspective raisonnable d'éloignement.
Par une décision n° 2021/023377 en date du 16 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement du Parlement européen et du Conseil (UE) n° 604/2013 en date du
26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B C, ressortissant soudanais né le 8 avril 1996 à El Geneina (Soudan), relève appel du jugement du 15 septembre 2021 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation des deux arrêtés du 8 septembre 2021 par lesquels le préfet de Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités italiennes et l'a assigné à résidence.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cour administrative d'appel, () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5º Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ()".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et des articles L. 572-4 à 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'introduction d'un recours devant le tribunal administratif contre la décision de transfert a pour effet d'interrompre le délai de six mois fixé à l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013, qui courait à compter de l'acceptation du transfert par l'Etat requis, délai qui recommence à courir intégralement à compter de la date de notification à l'administration du jugement du tribunal administratif statuant au principal sur cette demande, quel que soit le sens de sa décision. Un appel n'a pas pour effet d'interrompre ce nouveau délai. Son expiration a pour conséquence qu'en application des dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement précité, la France devient responsable de l'examen de la demande de protection internationale.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 8 septembre 2021 par lequel le préfet de Haute-Garonne a ordonné le transfert de M. B C aux autorités italiennes est intervenu moins de six mois après la décision d'accord implicite du 21 août 2021 des autorités de cet Etat pour la prise en charge de la demande d'asile de l'intéressé demandée par le préfet de Haute-Garonne le 21 juin 2021, dans le délai d'exécution du transfert fixé par l'article 29 du règlement du 26 juin 2013 susvisé. Ce délai a toutefois été interrompu par l'introduction, par M. B C, du recours qu'il a présenté contre cette décision sur le fondement de l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Un nouveau délai de six mois a commencé à courir à compter de la notification au préfet de la Haute-Garonne le 15 septembre 2021 du jugement rendu le jour même par le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse qui a rejeté sa demande. Par ailleurs, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas répondu au courrier du 4 juillet 2022 envoyé par le greffe de la cour l'invitant à l'informer de toute prorogation éventuelle du délai d'exécution de ce transfert. Dès lors, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cet arrêté de transfert aurait été exécuté ni que ce délai aurait été prorogé, en application des dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement du 26 juin 2013. Ainsi, la France est devenue responsable de l'examen de la demande de protection internationale de M. B C à la date du 15 mars 2022. Par suite, la décision de transfert étant devenue caduque postérieurement à l'introduction de l'appel et ne pouvant plus être légalement exécutée, les conclusions aux fins d'annulation du jugement et des arrêtés attaqués ont perdu leur objet.
5. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les autorités françaises sont devenues responsables de l'examen de la demande d'asile de M. B C à compter du 15 mars 2022. Cette responsabilité découle cependant de la seule expiration du délai fixé par les dispositions précitées du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. La présente ordonnance qui se borne à prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions d'annulation n'implique par elle-même aucune mesure d'exécution au sens des dispositions de l'article L. 911- 1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B C.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B C tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B C dirigées contre le jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse du 15 septembre 2021 et tendant à l'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 8 septembre 2021.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. B C est rejeté.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B C, Me Laspalles et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 15 septembre 2022.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026