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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL20127

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL20127

mardi 17 octobre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL20127
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantHIRTZLIN-PINÇON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A a demandé au tribunal administratif de Toulouse, sous le n° 1907125, d'annuler la décision du 23 août 2019 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Haute-Garonne de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Occitanie a autorisé son licenciement ainsi que, d'une part, la lettre du 26 septembre 2019 par laquelle cette même autorité l'a informée qu'elle n'excluait pas de procéder au retrait de cette décision d'autorisation de licenciement du 23 août 2019 et, d'autre part, la décision du 14 octobre 2019 par laquelle l'inspectrice du travail a retiré la décision du 23 août 2019 et a, par un motif propre, autorisé son licenciement. Sous le n° 2003757, Mme A a demandé à ce même tribunal d'annuler les décisions précitées des 23 août et 14 octobre 2019 ainsi que la décision la décision du 16 juin 2020 par laquelle la ministre du travail a retiré la décision de l'inspectrice du travail en date du 14 octobre 2019 et de nouveau autorisé son licenciement.

Par un jugement n°s 1907125 - 2003757 du 2 novembre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux, le 13 janvier 2022, puis devant la cour administrative d'appel de Toulouse, et un mémoire enregistré le 27 juin 2023, Mme A, représentée par Me Hirtzlin-Pinçon, doit être regardée comme demandant à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Toulouse du 2 novembre 2021 ;

2°) d'annuler, premièrement, la décision du 23 août 2019 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Haute-Garonne de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Occitanie a autorisé son licenciement, deuxièmement, la décision du 26 septembre 2019 par laquelle cette même autorité l'a informée qu'elle n'excluait pas de procéder au retrait de la décision d'autorisation de licenciement du 23 août 2019, troisièmement, la décision du 14 octobre 2019 par laquelle cette autorité a, par un motif propre, autorisé son licenciement et, enfin, quatrièmement, la décision la décision du 16 juin 2020 par laquelle la ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail en date du 14 octobre 2019 et de nouveau autorisé son licenciement ;

3°) d'enjoindre au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion de procéder à une enquête contradictoire dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le tribunal n'a pas communiqué le mémoire , enregistré le 27 septembre 2021, soit avant l'intervention de la clôture de l'instruction, alors qu'il contenait l'exposé de faits et de moyens nouveaux, en méconnaissance du principe du contradictoire ;

- le jugement est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il mentionne la réalisation de trois contrôles d'alcoolémie alors qu'il manquait l'ultime test prévu par le règlement intérieur et omet de préciser qu'elle n'a jamais été destinataire d'une convocation par lettre recommandée avec accusé de réception ;

- la décision ministérielle du 16 juin 2020 est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée, notamment en fait ;

- elle est entachée d'inexactitude matérielle en ce qu'elle mentionne, de manière contradictoire, qu'elle ne trouvait en état d'ivresse tout en relevant que les résultats de ses tests d'alcoolémie ont été obtenus de façon illicite ;

- les attestations émanant de personnes présentant un lien de subordination avec la société Vartan, sont dépourvues de valeur probante ;

- la procédure de licenciement est entachée d'irrégularité dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de consulter sa messagerie professionnelle en raison de sa suspension à titre conservatoire et n'a, dès lors, pas été en mesure de se présenter devant le comité social et économique ;

- la décision autorisant son licenciement est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors, d'une part, qu'elle a été à nouveau engagée par la société Airbus au mois de mars 2020 ce qui démontre qu'elle n'aurait jamais été recrutée si son comportement représentait un danger ou avait porté un quelconque préjudice à cette société et, d'autre part, qu'un licenciement pour cause d'ivresse ne présente aucun caractère d'automaticité en l'absence de conséquence pour la sécurité des personnes et du matériel, pour la continuité du travail et de violence ;

- son licenciement est en lien avec ses activités syndicales et présente, à tout le moins, un caractère discriminatoire ;

- la décision du 23 août 2019 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été notifiée dans le délai légal de quinze jours ;

- les décisions autorisant son licenciement ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, qu'elles n'ont pas été précédées d'une procédure contradictoire préalable, en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et, d'autre part, qu'il n'est pas établi qu'elle a obtenu la communication de l'ensemble des documents lui faisant grief et qu'elle a pu être assistée par un conseil durant l'enquête préalable à la décision autorisant son licenciement pour contester la réalité des faits qui lui sont reprochés ;

- la procédure de licenciement est entachée d'irrégularités dès lors, d'une part, que les deux premiers tests d'alcoolémie sont irréguliers et ne présentent pas de garanties suffisantes, d'autre part, que les mesures de dépistage par éthylotest ne sont pas fiables ni vérifiables tandis que son employeur n'a pas mis en œuvre les dispositions du règlement intérieur prévoyant de pratiquer un troisième test d'alcoolémie et qu'une contre-expertise lui a été refusée et, d'autre part, qu'elle a été prise en méconnaissance de son droit à l'information et de ses droits de la défense ;

- elles sont entachées d'inexactitude matérielle en l'absence de preuve de son état d'ébriété sur son lieu de travail, lequel ne constitue au demeurant pas un motif de licenciement pour motif disciplinaire ;

- les témoignages et éléments produits par son employeur sur son état d'ébriété et sur l'occupation d'un emploi à risques pour justifier de pratiquer un test d'alcoolémie sont dépourvus de valeur probante ;

- la procédure de licenciement est irrégulière dès lors, d'une part, qu'elle n'a pas reçu la notification de la lettre d'entretien préalable à son licenciement et, d'autre part, qu'elle n'était ni présente ni régulièrement convoquée à la réunion du comité social et économique du 31 juillet 2019 chargé d'émettre un avis sur son licenciement en l'absence de notification régulière de la lettre de convocation et d'accès à sa messagerie professionnelle de sorte qu'elle n'a pas été en mesure de s'expliquer sur les faits qui lui sont reprochés ;

- sur les trois précédents avertissements dont se prévaut son employeur, seul celui du 25 juin 2019 est daté et signé, tandis qu'elle n'a jamais été informée des deux autres qui ont été versés à son dossier sans qu'elle en soit informée et dont elle n'a eu connaissance qu'à l'occasion de sa procédure de licenciement.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 7 mars 2022 et le 13 juillet 2023, et une régularisation de pièces, enregistrée le 10 mars 2022, la société Vartan France, représentée en dernier lieu par Me Iglesis, conclut au rejet de la requête de Mme A et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête a perdu son objet en tant qu'elle tend à l'annulation des décisions de l'inspectrice du travail des 23 août et 14 octobre 2019 dès lors que la première a été retirée par la décision ultérieure de la même autorité du 14 octobre 2019 et que la seconde a été annulée par la décision de la ministre du travail du 16 juin 2020 statuant sur le recours hiérarchique de Mme A ;

- le jugement attaqué n'est pas irrégulier dès lors, d'une part, que le mémoire non communiqué de Mme A ne comportait pas d'éléments nouveaux et, d'autre part, que l'intéressée a été régulièrement convoquée tant à son entretien préalable qu'à la réunion du comité social et économique ;

- il est constant que le jugement attaqué comporte une erreur de plume dans le rappel des faits quant au nombre de contrôles d'alcoolémie pratiqués par ses soins en application du règlement intérieur en vigueur, lesquels sont au nombre de deux, le troisième ayant été réalisé de manière indépendante par le service de sécurité d'Airbus tandis que Mme A n'a, en tout état de cause, pas sollicité de contre-expertise médicale.

- les moyens soulevés contre la décision de l'inspectrice du travail du 14 octobre 2019 ne sont pas fondés ;

- la décision de la ministre du travail du 16 juin 2020 est motivée et ne constitue pas un " copier/coller " des précédentes décisions prises par l'inspectrice du travail ;

- l'autorité administrative a respecté le délai légal de notification de l'autorisation de licenciement ;

- la décision du 14 octobre 2014 procédant au retrait de la décision du 23 août 2019 a bien été prise dans le délai de quatre mois prévu à l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la circonstance que Mme A n'a pas été informée de la possibilité de se faire assister par un avocat au cours de la phase d'enquête contradictoire préalable à son autorisation de licenciement est sans incidence sur la régularité de la procédure suivie par l'autorité administrative, cette information procédant d'un usage de l'administration et ne présentant aucun caractère obligatoire tandis que, en tout état de cause, le ministre du travail a produit en défense les courriers de l'inspection du travail faisant état de cette faculté ;

- les droits de la défense de l'appelante ont été respectés dès lors qu'elle a été destinataire, au cours de l'enquête contradictoire, de l'ensemble des documents lui faisant grief ainsi que l'établit l'attestation de remise de documents produite en défense par le ministre ;

- la procédure de licenciement conduite au sein de la société n'est entachée d'aucune irrégularité ; Mme A a été convoquée à la réunion du comité social et économique du 31 juillet 2019 par une lettre accompagnée de l'ordre du jour de la réunion et d'un dossier contenant des éléments d'information sur les faits motivant son employeur à envisager son licenciement mais n'a pas retiré ce pli ;

- le règlement intérieur de la société, qui a été dûment porté à la connaissance de l'appelante, prévoit la possibilité de pratiquer des contrôles d'alcoolémie au moyen d'éthylotests auprès des salariés occupés à l'exécution de certains travaux ou à la conduite de certains engins ou machines lorsque l'état d'imprégnation alcoolique constitue un danger pour eux-mêmes ou leur environnement ;

- la procédure de contrôle d'alcoolémie mise en œuvre au sein de la société est parfaitement régulière et a été entourée des conditions garantissant les droits de la salariée : réalisation du test par un membre de la direction des ressources humaines, présence de témoins, faculté de solliciter un second test, signature des tests d'alcoolémie par l'ensemble des personnes présentes, information du salarié quant à la possibilité de solliciter une contre-expertise médicale auprès de l'autorité compétente ;

- si le service de sécurité de la société Airbus a décidé, à son niveau, de procéder à un troisième test d'alcoolémie, selon les dispositions propres à son règlement intérieur, afin de déterminer si l'intéressée avait pénétré en état d'ébriété sur son site, les modalités selon lesquelles ce test a été pratiqué sont distinctes et sans incidence sur la procédure suivie par ses propres services ;

- le licenciement de Mme A est parfaitement justifié et repose sur des faits dont la matérialité est établie, l'intéressé ayant présenté des signes manifestes d'ivresse sur son lieu de travail tandis qu'elle était fondée à pratiquer des tests de dépistage de son alcoolémie, qui se sont tous deux révélés positifs et dont elle pouvait tirer toutes les conséquences ;

- la circonstance que certains témoignages émanent de salariés n'est pas de nature à leur ôter toute force probante et les allégations de harcèlement commis par M. C à son endroit ne sont pas établies ;

- Mme A occupait un poste impliquant l'exécution de travaux pouvant se révéler dangereux et pouvant l'amener à conduire des véhicules ;

- contrairement à ce qu'elle soutient, Mme A n'a jamais sollicité la réalisation d'une contre-expertise à la suite des tests réalisés par la responsable des ressources humaines conformément à la procédure prévue par le règlement intérieur en vigueur en son sein ;

- par son comportement, l'appelante a donné une image négative de sa société et du respect des règles de sécurité par cette dernière auprès de son principal partenaire, la société Airbus ; à cet égard, Mme A n'a pas, contrairement à ce qu'elle soutient, été recrutée par cette dernière société à la suite de l'incident en litige, ayant seulement été recrutée par une société d'intérim pour une mission de quelques mois sur le site de cette société ;

- il n'existe aucun lien entre le mandat exercé par Mme A et la décision de procéder à son licenciement ;

- l'ambiance délétère évoquée par Mme A n'est pas établie tandis le vol de son sac à main a eu lieu sur le site Airbus et non au sein des locaux de la société Vartan France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.

Il soutient, en se référant à ses écritures et pièces de première instance, que les moyens soulevés par l'appelante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 6 septembre 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme El Gani-Laclautre,

- les conclusions de Mme Perrin, rapporteure publique,

- et les observations de Me Hirtzlin-Pinçon, représentant Mme A, et celles de Me Iglesis, représentant la société Vartan France.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par la société Vartan France, dont le siège social est à Colomiers (Haute-Garonne), en qualité de technicienne aéronautique sur la ligne d'assemblage final de la société Airbus, cliente de cette société, par un contrat à durée indéterminée prenant effet le 24 décembre 2015, après avoir été déjà recrutée par des contrats à durée déterminée du 30 mars au 23 décembre 2015. Le 19 juillet 2019, alors qu'elle se trouvait sur son lieu de travail, de retour de sa pause déjeuner, Mme A a été soumise par son employeur à deux contrôles d'alcoolémie, l'un pratiqué à 15 heures 30 et le second à 15 heures 35, lesquels se sont révélés positifs. Le service de sécurité de la société Airbus a réalisé, pour sa part un troisième test d'alcoolémie, à 16 heures. Par un courrier du 20 juillet 2019, Mme A a été informée de sa mise à pied à titre conservatoire. Par un autre courrier du 22 juillet 2019, l'intéressée a été convoquée à un entretien préalable à une sanction disciplinaire pouvant conduire à un licenciement, prévu le 31 juillet suivant à 11 heures 30. Lors d'une réunion qui s'est tenue le même jour, à 14 heures, les membres du comité social et économique ont, à l'unanimité, émis un avis favorable au licenciement de l'intéressée. Par un courrier du 1er août 2019, la société Vartan France a saisi l'unité départementale de la Haute-Garonne de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Occitanie d'une demande tendant à obtenir l'autorisation de licencier Mme A, salariée protégée au titre de son mandat de membre suppléante de la délégation du personnel au sein du collège n° 1 " ouvriers, employés administratifs et techniciens de niveaux I, II et III inclus ", du comité social et économique, à la suite des élections professionnelles du 17 juin 2019.

2. Mme A doit être regardée comme demandant à la cour d'annuler le jugement n° 1907125 du 2 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 23 août 2019 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Haute-Garonne de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Occitanie a autorisé son licenciement ainsi que, d'une part, la lettre du 26 septembre 2019 par laquelle cette même autorité l'a informée qu'elle n'excluait pas de procéder au retrait de cette décision d'autorisation de licenciement du 23 août 2019 et, d'autre part, la décision du 14 octobre 2019 par laquelle cette autorité a, par un motif propre, autorisé son licenciement. Elle demande également à la cour d'annuler le jugement du même jour n° 2003757, par lequel ce tribunal a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions précitées des 23 août et 14 octobre 2019 et à l'annulation de la décision du 16 juin 2020 par laquelle la ministre du travail a retiré la décision de l'inspectrice du travail en date du 14 octobre 2019 et de nouveau autorisé son licenciement.

Sur les exceptions de non-lieu partiel opposées en défense par la société Vartan France :

3. Les exceptions de non-lieu partiel opposées en défense par la société Vartan France ont été accueillies par le jugement attaqué et ne sont pas contestées par l'appelante. Par conséquent ces exceptions de non-lieu réitérées en appel par la société intimée ne peuvent qu'être rejetées comme dépourvues d'objet.

Sur l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la lettre de l'inspectrice du travail du 26 septembre 2019 :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration: " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 [notamment les décisions qui retirent ou abrogent une décision créatrice de droits], ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

5. Par la lettre du 26 septembre 2019, l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Haute-Garonne de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Occitanie s'est bornée, d'une part, à informer Mme A de ce qu'elle était susceptible de procéder au retrait de la décision du 23 août précédent autorisant son licenciement et, d'autre part, à organiser une procédure préalable contradictoire en l'invitant à présenter ses observations éventuelles dans le délai de sept jours. Eu égard à sa teneur et à ses effets, cette lettre constitue une simple mesure préparatoire à la décision de retrait intervenue le 14 octobre 2019, par suite, dépourvue de toute portée décisoire. Dès lors que cette lettre est insusceptible de faire grief à l'intéressée, les conclusions par lesquelles Mme A demande à la cour d'annuler la lettre du 26 septembre 2019 sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées, ainsi que l'a jugé à bon droit le tribunal.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées en appel par Mme A doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la décision ministérielle du 16 juin 2020 en tant qu'elle autorise son licenciement.

Sur la régularité du jugement attaqué :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 611-1 du code de justice administrative : " La requête et les mémoires, ainsi que les pièces produites par les parties, sont déposés ou adressés au greffe. / La requête, le mémoire complémentaire annoncé dans la requête et le premier mémoire de chaque défendeur sont communiqués aux parties avec les pièces jointes dans les conditions prévues aux articles R. 611-2 à R. 611-6. / Les répliques, autres mémoires et pièces sont communiqués s'ils contiennent des éléments nouveaux ". Il résulte de ces dispositions, destinées à garantir le caractère contradictoire de l'instruction, que la méconnaissance de l'obligation de communiquer le premier mémoire d'un défendeur ou tout mémoire contenant des éléments nouveaux, est en principe de nature à entacher la procédure d'irrégularité. Il n'en va autrement que dans le cas où il ressort des pièces du dossier que, dans les circonstances de l'espèce, cette méconnaissance n'a pu préjudicier aux droits des parties.

8. Il ressort des pièces de la procédure enregistrée sous le n° 2003757 devant le tribunal administratif de Toulouse que Mme A a produit un mémoire, enregistré le 27 septembre 2021 au greffe du tribunal, qui contenait un moyen nouveau, tiré de l'incompétence du signataire de la décision ministérielle d'autorisation de licenciement, et qui n'a pas été communiqué aux défendeurs à cette instance. Toutefois, le défaut de communication de ce mémoire n'affecte pas le respect du caractère contradictoire de la procédure à l'égard de Mme A et ne saurait être utilement invoqué par elle alors, du reste, qu'il ressort des termes du jugement attaqué que les premiers juges ont examiné les éléments et le moyen nouveau contenus dans ce mémoire et les ont écartés après les avoir visés. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le défaut de communication du mémoire de Mme A du 21 septembre 2021 n'a pas préjudicié aux droits des parties. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le jugement attaqué serait irrégulier sur ce point.

9. En second lieu, le moyen tiré de ce que le tribunal a entaché son jugement d'inexactitude matérielle des faits en ce qu'il mentionne, à tort, la réalisation de trois contrôles d'alcoolémie et omet de préciser que l'appelante n'a jamais été destinataire d'une convocation par lettre recommandée avec accusé de réception, ne se rapporte pas à la régularité mais au bien-fondé du jugement attaqué. Il est inopérant et doit, dès lors, écarté.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

10. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision de la ministre du travail du 16 juin 2020 serait entachée d'incompétence de son auteur doit être écarté par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal au point 5 du jugement attaqué.

11. En deuxième lieu, dans le cas où le ministre, saisi d'un recours hiérarchique, annule la décision par laquelle un inspecteur du travail a délivré l'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, il est tenu de motiver l'annulation de cette décision ainsi que le prévoit l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et en particulier, lorsqu'il estime que le ou les motifs fondant une décision d'autorisation de licenciement sont illégaux, d'indiquer les considérations pour lesquelles il estime que ce motif ou, en cas de pluralité de motifs, chacun des motifs fondant la décision de l'inspecteur du travail, est illégal.

12. Il ressort de la décision du 16 juin 2020 que la ministre du travail, après avoir visé le code du travail, notamment les dispositions de l'article L. 2411-5 de ce code, a effectivement apprécié la légalité de la décision de l'inspectrice du travail du 14 octobre 2019 en mentionnant les considérations de droit et de fait pour lesquelles elle a estimé que le motif fondant la décision de l'inspectrice du travail du 14 octobre 2019 était illégal avant de se prononcer sur la demande d'autorisation de licenciement présentée par la société Vartan France dont elle restait saisie. À cet égard, après avoir estimé que l'inspectrice du travail avait entaché sa décision d'une erreur de droit en se fondant uniquement sur les résultats de deux éthylotests pratiqués le 19 juillet 2019 pour établir la matérialité des faits d'ivresse reprochés à Mme A alors que ces derniers avaient été obtenus de manière illicite, en méconnaissance des dispositions de l'article 4.4.3 du règlement intérieur de l'entreprise en l'absence de réalisation de la contre-expertise médicale demandée en vain par cette salariée, la ministre du travail a annulé la décision du 14 octobre 2019 en tant qu'elle autorise le licenciement de l'appelante. De nouveau saisie, par l'effet de cette annulation, de la demande d'autorisation de travail présentée par l'employeur, la ministre du travail s'est, pour établir la matérialité des faits d'ivresse reprochés à Mme A, fondée sur les attestations rédigées le 5 septembre 2019 par le supérieur hiérarchique de l'appelante qui a alerté la direction sur l'état d'ébriété de cette dernière et le 11 janvier 2010 par le salarié qui a assisté aux contrôles d'alcoolémie précités faisant état de faits concordants selon lesquels l'appelante présentait, au retour de son déjeuner, le 19 juillet 2019, les signes d'un état d'imprégnation alcoolique tels qu'une haleine fortement alcoolisée, des lèvres rouges, une démarche et des gestes incertains ainsi que des propos incohérents. La ministre du travail s'est également fondée sur les attestations émanant de Mme A elle-même, en particulier l'attestation du 5 août 2019 par lequel le salarié choisi par l'appelante pour assister aux différents contrôles de son alcoolémie a relaté les propos de l'intéressée reconnaissant avoir consommé du vin ainsi que l'attestation du 12 décembre 2019 de l'ami avec lequel elle a déjeuné indiquant qu'elle n'avait pas bu " plus de deux verres de vin ". Pour établir le caractère fautif et la gravité de ces faits, la ministre du travail s'est également fondée, d'une part, sur l'article 4.4.2 du règlement intérieur de la société Vartan France interdisant aux salariés en état d'ivresse d'entrer et de séjourner dans les lieux de travail, d'autre part, sur la nature des fonctions de technicienne aéronautique exercées par l'intéressée, lesquelles nécessitent une vigilance et une concentration incompatibles avec un état d'ivresse source de danger pour elle-même, ses collègues et le personnel des autres entreprises présentes sur le site de la société Airbus et, enfin, sur le préjudice d'image subi par son employeur à l'égard de la société Airbus. Enfin, la ministre du travail a précisé que la mesure de licenciement envisagée par l'employeur ne présente aucun lien avec l'exercice, par Mme A, de ses fonctions représentatives. La décision ministérielle du 16 juin 2020 qui comporte, dans le respect de l'office du ministre chargé du travail saisi du recours hiérarchique rappelé au point précédent, l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, est, par suite, suffisamment motivée.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail : " Le licenciement envisagé par l'employeur d'un membre élu à la délégation du personnel au comité social et économique titulaire ou suppléant () est soumis au comité social et économique, qui donne un avis sur le projet de licenciement. / () En cas de faute grave, l'employeur peut prononcer la mise à pied immédiate de l'intéressé dans l'attente de la décision définitive. () ". Aux termes de l'article R. 2421-8 du même code : " L'entretien préalable au licenciement a lieu avant la consultation du comité social et économique faite en application de l'article L. 2421-3 ". L'article R. 2421-9 de ce code précise que : " L'avis du comité social et économique est exprimé au scrutin secret après audition de l'intéressé. () ".

14. Il résulte des dispositions de l'article L. 2421-3 du code du travail, que tout licenciement envisagé par l'employeur d'un salarié élu délégué du personnel ou membre du comité social et économique, en qualité de titulaire ou de suppléant, est obligatoirement soumis à l'avis du comité social et économique Il appartient à l'employeur de mettre le comité social et économique à même d'émettre son avis, en toute connaissance de cause, sur la procédure dont fait l'objet le salarié protégé. À cette fin, il doit lui transmettre, notamment à l'occasion de la communication qui est faite aux membres du comité de l'ordre du jour de la réunion en cause, des informations précises et écrites sur l'identité du salarié visé par la procédure, sur l'intégralité des mandats détenus par ce dernier ainsi que sur les motifs du licenciement envisagé.

15. Saisie par l'employeur d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé auquel s'appliquent l'article L. 2421-3 et le premier alinéa de l'article R. 2421-9 du code du travail, il appartient à l'administration de s'assurer que la procédure de consultation du comité d'entreprise a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée que si le comité d'entreprise a été mis à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.

16. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des mentions " reçu en mains propres ", des signatures apposées par l'intéressée et des courriels échangés avec la responsable des ressources humaines de la société Vartan France, que Mme A a reçu, en mains propres et à sa demande, le 23 juillet 2019, la notification de lettre du 19 juillet 2019 prononçant sa mise à pied ainsi que la lettre du 22 juillet 2019, la convoquant à son entretien préalable, prévu le 31 juillet 2019 à 11 heures 30, ces lettres ayant été également adressées par lettre recommandée avec accusé de réception à la dernière adresse connue de son employeur, les parties ayant convenu d'une remise en mains propres. S'agissant de sa convocation irrégulière à la réunion du comité social et économique prévue le même jour à 14 heures et, à supposer le moyen dirigé contre la décision ministérielle du 16 juin 2020, il ressort des pièces du dossier que, par une lettre recommandée avec accusé de réception du 24 juillet 2019, l'appelante a été convoquée le 31 juillet 2019, à 14 heures devant le comité social et économique. Si ce courrier de convocation a été retourné à l'employeur avec la mention " pli avisé et non réclamé ", alors, du reste, qu'il avait été envoyé à la nouvelle adresse communiquée par Mme A à son employeur par un courriel du 23 juillet 2019, ce courrier doit être regardé comme ayant été expédié en temps utile tandis que l'intéressée ne se prévaut d'aucun motif sérieux de nature à justifier les raisons pour lesquelles elle n'a pas retiré ce pli dans le délai imparti par les services postaux. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'en sa qualité de membre suppléante au comité social et économique, Mme A a, en tout état de cause et à l'instar de l'ensemble des membres titulaires et suppléants appelés à y siéger, été destinataire d'une convocation à la réunion de cette instance prévue le 31 juillet 2019 à 14 heures, cette convocation étant accompagnée des documents relatifs à sa situation. Si elle indique qu'elle n'a été en mesure ni de consulter sa messagerie professionnelle ni de se présenter devant le comité social et économique en raison de sa mise à pied à titre conservatoire, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision de la ministre du travail du 16 juin 2020 autorisant son licenciement dès lors que la société Vartan France établit avoir notifié sa convocation devant le comité social et économique et qu'elle soutient, sans être contredite sur ce point, que l'intéressé disposait toujours de l'accès à sa messagerie au moyen de l'application " webmail ". Enfin, il ressort de la demande d'autorisation de licenciement présentée par son employeur qu'à l'issue de son entretien préalable, au cours duquel lui a été rappelée la réunion du comité social et économique, Mme A a indiqué ne pas avoir à se justifier auprès de quiconque et elle n'a pas retiré les lettres recommandées qui lui ont été régulièrement adressées à son domicile. Par suite, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de l'irrégularité de la procédure de licenciement conduite par son employeur.

17. En quatrième lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 2411-3 du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives, bénéficient, dans l'intérêt des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle, et ne peuvent être licenciés qu'avec l'autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution du mandat dont il est investi.

18. D'une part, il est constant que la décision ministérielle en litige mentionne que les résultats des deux tests d'alcoolémie pratiqués par son employeur le 19 juillet 2019 ont été obtenus de manière illicite en l'absence de réalisation de la contre-expertise, prévue par le règlement intérieur de la société Vartan France, et demandée en vain par Mme A. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la matérialité des faits d'ivresse reprochés à l'appelante sur son lieu de travail ne repose pas, selon les motifs propres adoptés par la décision de la ministre du travail dans la décision du 16 juin 2020 statuant après l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 14 octobre 2019, sur les résultats de ces deux premiers éthylotests mais sur les témoignages précis et concordants de différents salariés de l'entreprise Vartan attestant de l'état d'imprégnation alcoolique manifeste dans lequel elle se trouvait au retour de son déjeuner le 19 juillet 2019, en particulier de sa démarche titubante, de son haleine fortement imprégnée d'alcool, de son comportement hilare et de ses propos incohérents. Du reste, il ressort des pièces du dossier que l'appelante a fait l'objet d'un troisième test d'alcoolémie, pratiqué par le service de sécurité de la société auprès de laquelle elle a été affectée par son employeur, dont le résultat s'est également avéré positif. Par suite, la matérialité de l'état d'ébriété avancé dans lequel se trouvait Mme A sur son lieu de travail étant pleinement établie, l'intéressée ne peut utilement soutenir que la décision ministérielle en litige serait entachée d'inexactitude matérielle en ce qu'elle mentionne, de manière contradictoire, que les résultats de son test d'alcoolémie ont été obtenus de façon illicite.

19. D'autre part, la seule circonstance que les attestations mentionnées au point précédent émaneraient de personnes présentant un lien de subordination avec la société Vartan France n'est pas, à elle-seule, de nature à leur ôter leur valeur probante.

20. Enfin, la circonstance, à la supposer établie, selon laquelle Mme A a été ultérieurement recrutée, au mois de mars 2020, auprès d'une société cliente de la société Vartan est sans incidence sur la légalité de la décision en litige et ne saurait la faire regarder comme entachée d'une erreur d'appréciation. De même en se bornant à soutenir qu'un licenciement d'un salarié protégé pour des faits d'ivresse sur son lieu de travail ne présente aucun caractère d'automaticité en l'absence de faits de violences, de conséquences sur la sécurité des personnes, sur les biens et la continuité du travail, Mme A ne produit aucun élément précis et circonstancié de nature à établir qu'elle ne se trouvait pas en état d'imprégnation alcoolique sur son lieu de travail, que cette circonstance ne constitue pas une méconnaissance du règlement intérieur de son entreprise et que cet état ne présentait pas une situation de danger pour elle-même, pour les salariés présents et les futurs utilisateurs des avions dont elle avait en charge le montage d'éléments de cabine sur la ligne d'assemblage final alors que, ainsi que cela ressort des pièces du dossier, l'intéressée a bénéficié de plusieurs actions de formation et de sensibilisation sur les dangers de la consommation d'alcool sur le lieu de travail tandis qu'elle a fait l'objet de quatre précédents avertissements de la part de son employeur en raison de son comportement inadapté. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur d'appréciation que la ministre du travail a autorisé le licenciement de Mme A.

21. En cinquième et dernier lieu, en se bornant à soutenir que son licenciement est en lien avec ses activités syndicales et présente, à tout le moins, un caractère discriminatoire, Mme A ne soumet aucun élément à la cour, ainsi que cela lui incombe, de nature à faire présumer que son licenciement serait en lien avec son mandat de membre suppléante de la délégation du personnel au sein du collège n° 1 " ouvriers, employés administratifs et techniciens de niveaux I, II et III inclus ", du comité social et économique de la société Vartan France. Par suite, ainsi que l'a jugé à bon droit le tribunal, il n'existe aucun lien établi entre la demande d'autorisation de licenciement et l'exercice normal de son mandat de représentation par l'appelante.

22. Dans ces conditions, l'état d'imprégnation alcoolique avancé dans lequel s'est trouvée Mme A sur son lieu de travail le 19 juillet 2019 alors qu'elle exerce les fonctions sensibles de technicienne aéronautique sur la ligne d'assemblage final d'un avionneur client de son entreprise constitue, au vu de la situation de danger ainsi créée et de l'atteinte portée à l'image de l'entreprise qui l'emploie, un manquement grave au règlement intérieur de la société Vartan France révélant une faute revêtant une gravité suffisante pour justifier le licenciement de l'intéressée.

23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

24. Le présent arrêt, qui confirme le rejet de la demande de Mme A devant le tribunal administratif n'implique aucune mesure d'exécution au titre des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Vartan Product Support France, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la société Vartan Product Support France, au même titre.

DÉCIDE:

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Vartan France sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B A, à la société à responsabilité limitée Vartan France et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la région Occitanie - direction régionale de l'économie, de l'emploi du travail et des solidarités de la région d'Occitanie.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rey-Bèthbéder, président,

M. Bentolila, président-assesseur,

Mme El Gani-Laclautre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.

La rapporteure,

N. El Gani-LaclautreLe président,

É. Rey-Bèthbéder

La greffière,

C. Lanoux

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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