LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL20652

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL20652

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL20652
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMAINIER - SCHALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler les arrêtés du 26 janvier 2022 par lesquels le préfet de la Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile ainsi que son assignation à résidence.

Par un jugement n° 2200474 du 2 février 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 février 2022 sous le n°22BX00652 au greffe de la cour administrative d'appel de Bordeaux et ensuite sous le n° 22TL20652 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse, M. A, représenté par Me Mainier-Schall, demande à la cour :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler les arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 26 janvier 2022 ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient, s'agissant de la décision portant transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile, que :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans instruction du dossier ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation de sa situation, qui relève du d du 1 de l'article 18 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013 et non pas du b du 1 de l'article 18 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 31 du même règlement.

Il soutient, s'agissant de la décision portant assignation à résidence, qu'elle est entachée d'un défaut de base légale, dès lors que la décision portant transfert aux autorités italiennes est illégale et doit être annulée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : () 3° constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () / Les () présidents de formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A, ressortissant nigérian né le 24 août 1988, a fait l'objet d'un arrêté du 26 janvier 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, et d'un arrêté du même jour prononçant son assignation à résidence jusqu'à la date son départ, dans la limite de quarante-cinq jours renouvelable. M. A fait appel du jugement du 2 février 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". En l'absence de situation d'urgence, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par M. A ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions dirigées contre la décision de transfert :

4. Aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen () ". Il résulte des dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride que le transfert du demandeur doit s'effectuer au plus tard, dans un délai de six mois, et qu'à défaut, " l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant ". Ce même article prévoit que " ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois maximum si la personne concernée prend la fuite ".

5. L'introduction d'un recours contre la décision de transfert, sur le fondement de l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être regardée comme interrompant le délai de six mois prévu à l'article 29 du règlement du 26 juin 2013 jusqu'à la notification du jugement du tribunal administratif. Ce délai court, de nouveau, à compter de la date de notification à l'autorité administrative de ce jugement, l'appel dépourvu de caractère suspensif n'ayant pas pour effet d'interrompre ce nouveau délai.

6. Il ressort des pièces du dossier que le délai de six mois imparti à l'administration pour procéder au transfert de M. A à compter de la décision d'acceptation des autorités italiennes a été interrompu par la présentation, le 28 janvier 2022, de la demande de l'intéressé devant le tribunal administratif de Toulouse tendant à l'annulation de la décision de transfert en litige. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, ce délai a recommencé à courir à compter de la date de notification à l'autorité administrative du jugement par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a statué sur la demande, soit à compter du 9 février 2022. En dépit de la mesure d'instruction diligentée en ce sens dans le courrier du 18 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne ne fait valoir ni que la décision de transfert aurait été exécutée ni que ce délai aurait été prolongé.

7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté en litige est devenu caduc à la date de la présente ordonnance et, par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2022 portant transfert aux autorités italiennes qui sont devenues sans objet. Ce non-lieu peut être constaté, en application du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions dirigées contre la décision d'assignation à résidence :

8. Le requérant demande l'annulation de la décision l'assignant à résidence par voie de conséquence de l'annulation de celui décidant son transfert aux autorités italiennes. Il doit ainsi être regardé comme se prévalant, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision de remise aux autorités italiennes.

9. En premier lieu, les moyens selon lesquels la décision décidant le transfert aux autorités italiennes serait insuffisamment motivée, aurait été prise sans avoir procédé à un examen de sa situation personnelle et serait entachée d'un défaut de base légale doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse, respectivement au point 3, au point 4 et au point 5 du jugement attaqué.

10. En deuxième lieu, en se bornant à produire divers documents rédigés en italien et non traduits en français, M. A n'établit pas la réalité de son allégation selon laquelle les demandes d'asile qu'il aurait présentées en 2008 et en 2013 en Italie auraient été définitivement rejetées. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. A, il ne ressort pas des pièces du dossier que c'est à tort que le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur les dispositions du b du 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et non sur celles du d du 1 du même article pour décider sa remise aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile.

11. En troisième lieu, les dispositions de l'article 31 du règlement (UE) n° 604/2013 sont relatives à l'" Echange d'informations pertinentes avant l'exécution d'un transfert ". De telles dispositions, qui concernent le traitement de la personne transférée une fois le transfert décidé, n'imposaient pas au préfet de la Haute-Garonne de s'assurer auprès des autorités italiennes que M. A pourrait bénéficier immédiatement d'un suivi adapté à sa situation, notamment d'un point de vue médical, avant que ne soit prise la décision de transfert. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait méconnu les dispositions de l'article 31 de ce règlement est inopérant.

12. En dernier lieu, M. A ne produit aucun élément de nature à établir qu'il n'aurait pu bénéficier de soins lorsqu'il résidait en Italie et que son état de santé nécessiterait son maintien en France. Ainsi, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant remise aux autorités italiennes serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

13. Ainsi, le moyen selon lequel la décision portant remise aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile serait entachée d'illégalité doit être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête d'appel tendant à l'annulation de la décision portant assignation à résidence sont manifestement dépourvues de fondement. Elles peuvent être rejetées, conformément aux dispositions précédemment citées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

15. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les autorités françaises sont devenues responsables de l'examen de la demande d'asile de M. A. Cette responsabilité découle cependant de la seule expiration du délai fixé par les dispositions précitées du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. La présente ordonnance, qui se borne à prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions d'annulation à l'encontre de l'arrêté du 26 janvier 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé le transfert de M. A aux autorités italiennes, n'implique par elle-même aucune mesure d'exécution. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.

Sur les frais liés au litige :

16. En tout état de cause, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Constance Lucia Mainier-Schall et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 24 novembre 2022.

Le président de la 1ère chambre,

A. Barthez

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°22TL20652

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions