mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL20900 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BETOE BI EVIE OLIVIA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B E épouse D a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour, d'enjoindre à la préfète du Gard de réexaminer sa situation et celle de sa famille et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2102780 du 17 décembre 2021, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une ordonnance en date du 30 mars 2022, la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille a transmis à la cour administrative d'appel de Toulouse le dossier de la requête de Mme E épouse D.
Par une requête enregistrée le 24 mars 2022 sous le numéro 22MA00908 au greffe de la cour administrative d'appel de Marseille, puis le 30 mars 2022 sous le numéro 22TL20900 au greffe de la cour administrative d'appel de Toulouse et des pièces complémentaires enregistrées le 25 avril 2022, Mme E épouse D, représentée par Me Betoe Bi Evie, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 17 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Gard de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle n'est pas motivée en droit puisqu'elle ne vise pas l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision accordant un délai volontaire de trente jours :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 14 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille, Mme E épouse D été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative: " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme E épouse D, ressortissante algérienne née le 16 septembre 1987 à Hammam Bouhadjar (Algérie), est entrée en France le 3 juin 2015 sous couvert d'un visa C valable du 18 mai 2015 au 17 mai 2017 avec son mari, leurs deux enfants et un enfant à naître et s'est irrégulièrement maintenue sur le territoire national depuis lors. Le 6 juin 2017, elle a sollicité un titre de séjour portant la mention parent d'enfant malade. Par arrêté du 5 décembre 2017, confirmé par arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 30 novembre 2018, le préfet du Gard a rejeté cette demande et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 9 novembre 2020, elle a sollicité un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 27 juillet 2021, la préfète du Gard a rejeté cette demande, a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un jugement du 17 décembre 2021 dont Mme E épouse D relève appel, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa requête tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
3. La décision contestée a été signée par M. A C, sous-préfet d'Alès. Par arrêté du 8 mars 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Gard, la préfète de ce département a donné délégation à M. A C à l'effet de signer, notamment, les arrêtés relatifs à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
Sur la décision de refus de séjour :
4. Il ressort des termes de la décision portant refus de séjour que la préfète du Gard, qui a examiné la demande présentée par Mme E épouse D au regard du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, a précisé les éléments de fait propres à sa situation personnelle et familiale. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'appelante, la décision portant refus de séjour est suffisamment motivée au regard des exigences posées par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Mme E épouse D qui est entrée en France le 3 juin 2015 à l'âge de 27 ans, est en situation irrégulière et a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement par arrêté de la préfète du Gard du 5 décembre 2017, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 30 novembre 2018. Elle se prévaut de la présence en France de ses parents, de membres de sa fratrie, de ses quatre enfants dont deux nés en France, et de son époux, ressortissant algérien, qui est également en situation irrégulière sur le territoire. Si l'intéressée produit de nouvelles pièces en appel à savoir des certificats de scolarité au titre de l'année 2021-2022 des quatre enfants, des attestations établies par les enseignants de Tarek Yacine et Nor El Houda, une attestation manuscrite et quatre bulletins scolaires de l'enfant Nor El Houda pour les années 2020-2021 et 2021-2022 et une attestation de formation non datée du rectorat de Montpellier, ces documents ne démontrent pas que ces quatre enfants, nés entre 2008 et 2017, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en Algérie. Mme E épouse D n'est pas dépourvue d'attache familiale en Algérie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans et ne fait état d'aucune circonstance qui empêcherait la reconstitution de la cellule familiale et la poursuite de la scolarité de ses enfants dans son pays d'origine. La production d'un bulletin de salaire du mois de mars 2022 en qualité d'agent de service n'est pas de nature à justifier d'une intégration particulière sur le territoire français, où l'intéressée et sa famille sont hébergés par l'Association La Clède à Alès et bénéficient des aides du Secours catholique et des restos du cœur. Enfin, la circonstance que ses parents et des membres de sa fratrie résident en France n'est pas de nature à lui ouvrir droit au séjour. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs qui lui ont été opposés.
6. Ainsi que l'ont estimé à bon droit les premiers juges, le refus de titre de séjour n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme E épouse D de ses quatre enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. Dès lors que le refus de séjour n'est pas entachée d'illégalité, Mme E épouse D n'est pas fondée à s'en prévaloir par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 de la présente ordonnance, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Contrairement à que persiste à soutenir Mme E épouse D, la décision d'obligation de quitter le territoire français, qui vise le 3° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur depuis le 1er mai 2021, est motivée en droit.
Sur le délai de départ volontaire :
10. Mme E épouse D, reprend en appel, sans l'assortir d'arguments nouveaux ou de critique utile du jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation affectant la décision fixant le délai de trente jours de départ volontaire. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus au point 12 du jugement attaqué.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E épouse D n'est manifestement pas susceptible d'entraîner l'infirmation du jugement attaqué. Elle doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions citées au point 1 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme E épouse D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B E épouse D.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Gard.
Fait à Toulouse, le 29 novembre 2022.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°22TL20900
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026