jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL20951 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OUDDIZ-NAKACHE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A, épouse de M. C A, a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 10 juin 2021 par lequel le préfet de l'Aude a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par une ordonnance n° 2200462 du 17 mars 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2022 sous le n° 2220951, M. A, représenté par Me Ouddiz-Nakache, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance du 17 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2021 pris par le préfet de l'Aude ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Aude de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, avec délivrance d'une autorisation provisoire pendant la période transitoire ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Aude de procéder au réexamen de sa demande sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, avec délivrance d'une autorisation provisoire pendant la période transitoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête d'appel est recevable du fait de l'apparition de circonstances nouvelles ;
- l'insuffisance de motivation de l'arrêté traduit une absence d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la mesure d'éloignement est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa vie privée se situe désormais en France ;
- la décision portant interdiction de retour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée le 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant marocain né en 1995, est entré, selon ses déclarations, sur le territoire français en 2019 sans effectuer de demande d'asile ni solliciter de titre de séjour. Par un arrêté en date du 10 juin 2021, le préfet de l'Aude l'a obligé à quitter le territoire sans délai et fixé à deux ans la durée de son interdiction de retour. Mme B A, son épouse, a formé un recours contre cette décision le 28 janvier 2022 devant le tribunal administratif de Montpellier. M. A interjette appel de l'ordonnance du 17 mars 2022 par laquelle le tribunal a rejeté la requête de son épouse.
3. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant () ". Seul l'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement justifie d'un intérêt direct lui donnant qualité pour demander l'annulation de cet arrêté. Il s'ensuit que la requête présentée par son conjoint est irrecevable.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 juin 2021 mentionne expressément la faculté pour son destinataire de saisir, dans un délai de deux mois, soit le préfet de l'Aude d'un recours gracieux soit le ministre de l'intérieur d'un recours hiérarchique, ainsi que la faculté de former un recours contentieux devant le tribunal administratif de Montpellier dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'arrêté. Mme A a introduit sa requête de première instance le 28 janvier 2022 en lieu et place de son mari. Sa requête étant manifestement irrecevable au regard du principe exposé au point 3, le tribunal administratif de Montpellier l'a rejetée par une ordonnance du 17 mars 2022. En appel, M. A, exerçant le recours en son nom demande l'annulation de cette ordonnance ainsi que celle de l'arrêté du 10 juin 2021. Pour justifier de la recevabilité de sa requête, il se prévaut de circonstances de fait nouvelles constituées par la naissance de son enfant et l'édiction d'un arrêté portant refus de titre de séjour pris à son encontre le 24 janvier 2022. Toutefois, il ne soulève aucun moyen à l'encontre du motif d'irrecevabilité retenu à bon droit par le premier juge tiré du défaut d'intérêt à agir de son épouse. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, sa requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Aude.
Fait à Toulouse, le 16 mars 2023.
Le président,
J-F. MOUTTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026