mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL21093 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | suspension sursis |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TOUBOUL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation de l'arrêté du 15 février 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 février 2022 et la mise à la charge de l'État de la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement du 19 avril 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
M. B demande à la cour administrative d'appel de Toulouse de prononcer le sursis à exécution du jugement du 19 avril 2022 et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est exposé à un risque grave de persécution en cas de retour en Géorgie en raison notamment d'un combat de boxe qui a eu lieu en 2003 contre un policier et qu'il a refusé de perdre ; la décision méconnaît donc l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le contrôle du juge de l'éloignement sur les risques encourus n'a pas été suffisant et le jugement est donc entaché d'un défaut de motivation ; il a commis une erreur de droit en exigeant des éléments nouveaux par rapport à ceux exposés dans le cadre de la demande d'asile ;
- l'exécution de la mesure d'éloignement le prive de la possibilité de se présenter à l'audience de la Cour nationale du droit d'asile ;
- sa compagne est aussi exposée à un risque grave en cas de retour en Géorgie où elle a subi un mariage imposé et été victime de violences conjugales ; la décision le concernant méconnaît donc l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle a pour effet de séparer le couple ;
- la décision de renouvellement de l'attestation de demandeur d'asile du 9 mars 2022 a nécessairement abrogé l'obligation de quitter le territoire français ;
- les conditions posées par l'article R. 811-17 du code de justice administrative sont donc remplies dès lors qu'il justifie de moyens sérieux et d'un préjudice difficilement réparable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () des cours administratives d'appel, () peuvent, par ordonnance : () rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. Aux termes de l'article R. 811-17 du code de justice administrative : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ".
3. Si le requérant fait valoir que le jugement attaqué permet au préfet de poursuivre l'exécution de son arrêté l'obligeant à quitter le territoire français et le renvoyant dans son pays d'origine, ce qui l'expose à un risque de persécution, l'empêche de se présenter devant la Cour nationale du droit d'asile et le sépare de sa compagne qui peut rester en France, il ne produit aucun élément probant sur le risque encouru en Géorgie alors qu'une séparation momentanée ne suffit pas à caractériser un préjudice difficilement réparable. La seule circonstance qu'il ait été placé en rétention ne suffit pas plus à caractériser ce préjudice. Dans ces conditions, M. B n'établit pas l'existence d'un préjudice difficilement réparable au sens des dispositions précitées qui ne ressort pas plus des pièces du dossier.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé à l'aide juridictionnelle provisoire, que M. B n'est pas fondé à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement rendu le 19 avril 2022 par le tribunal administratif de Montpellier. Ses conclusions tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée ne peuvent donc aussi qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Touboul et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 12 juillet 2022.
Le président,
J-F. MOUTTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°22TL21093
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