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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL21152

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL21152

mardi 14 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL21152
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse, d'une part, d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation et, enfin, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2107064 du 4 février 2022, le tribunal administratif de Toulouse a prononcé un non-lieu sur les conclusions en annulation et injonction et rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2022 sous le n° 2221152, Mme A, représentée par Me Soulas, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 4 février 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 18 novembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du préfet est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle bénéficie de l'admission au séjour de plein droit au titre de l'article L. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle n'a obtenu satisfaction que postérieurement à l'introduction de sa requête, et avait droit, dès lors, au versement par l'Etat des frais irrépétibles.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme A par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse le 13 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme B A, née le 1er mai 1994, de nationalité nigériane, déclare être entrée en France en septembre 2020. Le 16 septembre 2020, elle a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 31 mars 2021 et par la Cour nationale du droit d'asile le 17 septembre 2021. Par un arrêté en date du 18 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du 4 février 2022 dont Mme A relève appel, le tribunal administratif de Toulouse a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions ainsi que celles aux fins d'injonction et rejeté le surplus de sa demande.

3. La décision par laquelle le préfet délivre un récépissé de demande de carte de séjour à un étranger a pour effet d'abroger l'arrêté obligeant l'intéressé à quitter le territoire français. Lorsque l'administration procède à l'abrogation d'un acte qui a fait l'objet d'un recours pour excès de pouvoir avant que le juge n'ait statué, celle-ci, lorsqu'elle devient définitive, emporte des effets identiques à ceux qu'aurait l'annulation par le juge du refus initial. Dès lors, il n'y a pas lieu pour celui-ci de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi alors même que l'acte abrogé aurait reçu exécution pendant la période où il était en vigueur.

4. Dès lors que l'arrêté obligeant l'intéressée à quitter le territoire français a été abrogé par la délivrance d'un récépissé de demande de carte de séjour le 5 janvier 2022, c'est à bon droit que le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a jugé que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction étaient dépourvues d'objet et prononcé un non-lieu à statuer sans qu'y fassent obstacle les circonstances invoquées que la requérante aurait droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle pourrait être regardée comme n'ayant pas respecté temporairement la mesure d'éloignement.

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Aux termes du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. () ". Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en rejetant les conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, le tribunal administratif de Toulouse aurait fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce alors même que l'Etat était partie perdante.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de Mme A doit être rejetée comme étant manifestement infondée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins de versement des frais irrépétibles au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 14 février 2023.

Le président,

J-F. MOUTTE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

N°22TL211520

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