LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL21347

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL21347

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL21347
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantDEMOURANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse suivante :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 19 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit d'y faire retour pour une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2202537 du 6 mai 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a provisoirement admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et a rejeté le surplus des conclusions de sa requête.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2022 sous le n° 22TL21347, M. B, représenté par Me Demourant, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 6 mai 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 19 avril 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences induites sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est privée de sa base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le préfet ne justifie pas du risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de sa base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain, né le 14 janvier 1999 à Kenitra (Maroc), soutient être entré sur le territoire français au cours de l'année 2011. Par un arrêté en date du 19 avril 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit d'y faire retour pour une durée de trois ans. Par un jugement du 6 mai 2022 dont M. B relève appel, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse l'a provisoirement admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et a rejeté le surplus des conclusions de sa requête.

2. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans () "

4. D'une part, M. B n'apporte pas davantage en appel qu'en première instance les éléments de nature à établir sa présence en France depuis, au plus tard, le jour où il a atteint l'âge de treize ans. De plus et ainsi que le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse l'a relevé, il ressort du rapport d'identification ayant donné lieu à l'audition de l'intéressé le 22 mars 2022, qu'il a déclaré à cette occasion avoir quitté le Maroc à l'âge de 12 ans à destination de l'Espagne où il est demeuré deux années consécutives avant de pénétrer sur le territoire français. En conséquence, dès lors que M. B se borne à reprendre en appel les éléments écartés par le premier juge au point 7 du jugement attaqué sans formuler de critiques utiles des motifs qui y sont exposés, il y a lieu de les adopter aux fins d'écarter le moyen formulé dans des termes similaires quant à la méconnaissance du 2° l'article L. 611-3 précité.

5. D'autre part, il ne ressort ni de l'arrêté litigieux ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.

6. En outre, si l'appelant soutient que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a jamais procédé aux démarches nécessaires à l'obtention d'un titre de séjour après avoir acquis la majorité en 2017, qu'il est connu défavorablement des services de police pour la commission de plusieurs infractions impliquant des troubles l'ordre public, qu'il ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société français et qu'il ne fait pas état de liens intenses, stables et anciens sur le territoire français où sa présence continue depuis son entrée en 2015 n'est pas suffisamment démontrée. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision querellée se trouve entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle alors d'ailleurs qu'il n'est pas davantage établi que l'intéressé serait dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

7. L'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée des illégalités alléguées, M. B, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait privée de sa base légale pour ce motif.

8. M. B se borne à reprendre en appel, dans des termes similaires, le moyen tiré de l'inexistence du risque de fuite que lui a opposé le préfet de la Haute-Garonne afin de refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire sans formuler de critique utile du jugement dont appel ni apporter des éléments nouveaux de nature à en soutenir le bien-fondé de cette objection. Dans ces conditions, il y a lieu d'adopter les motifs retenus à bon droit par le premier juge au point 10 du jugement attaqué et d'écarter ce moyen.

Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :

9. L'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée des illégalités alléguées, M. B, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait privée de sa base légale pour ce motif.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

11. Il ressort des termes même de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément. Il résulte également de ces dispositions que dès lors que, sauf circonstance humanitaire y faisant obstacle, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français intervient d'office dans l'hypothèse où le préfet n'a pas assorti l'obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire. Par conséquent, seule la durée de l'interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10.

12. Contrairement à ce que soutient M. B, l'arrêté litigieux comporte l'exposé des considérations de fait et de droit ayant conduit le préfet de la Haute-Garonne à lui opposer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 de la présente ordonnance, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en lui opposant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

14. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B n'est manifestement pas susceptible d'entraîner l'infirmation du jugement attaqué. Elle doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions, citées au point 1 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 28 septembre 2022.

Le président de la 3ème chambre,

É. Rey-Bèthbéder

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°22TL21347

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions