mercredi 11 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL21532 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GONTIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a notamment demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2021 par lequel la préfète de l'Ariège a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois.
Par un jugement n° 2102132 du 2 juin 2022, le tribunal administratif de Toulouse a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et a rejeté le surplus de ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022, M. B, représenté par Me Gontier, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Ariège du 27 janvier 2021 ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, à la préfète de l'Ariège de lui délivrer une carte de séjour d'un an mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation et dans tous les cas, de lui remettre dans l'attente, dès la notification de la décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, le cas échéant, à la préfète de l'Ariège de procéder à l'effacement du signalement du fichier aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de lui restituer les documents d'état civil et d'identité originaux sollicité par ses services dans le cadre de l'instruction de sa demande ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, ou en cas de refus d'aide juridictionnelle à verser au requérant.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, accordant un délai de départ de trente jours, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
- elles sont dépourvues de base légale ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 9 novembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
1. Le dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant ivoirien née le 15 décembre 2002 à Gbapleu-Man (Côte d'Ivoire) a déclaré être entré en France au mois d'avril 2019. Par un jugement du 24 octobre 2019, le juge des enfants du tribunal judiciaire de Toulouse a ordonné son placement au sein du service de l'aide sociale à l'enfance de Haute-Garonne jusqu'à sa majorité. Le 22 octobre 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de jeune majeur pris en charge par l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize et dix-huit ans, sur le fondement de l'article L.313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 janvier 2021, la préfète de l'Ariège a refusé son admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour pendant une durée de 12 mois. M. B relève appel du jugement du 2 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant notamment à l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse en date du 9 novembre 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, la demande du requérant tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté contesté :
4. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé, déjà soulevés en première instance et à l'appui desquels M. B ne présente en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus à bon droit par les premiers juges aux points 3 à 10 du jugement entrepris.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, M. B reprend en appel le moyen tiré de l'erreur de droit en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L.313-11-7°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, comme le relèvent les premiers juges, M. B, célibataire et sans charge de famille, est entré en France au mois d'avril 2019 à l'âge de seize ans, et a bénéficié d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance en qualité de mineur étranger isolé. Si l'intéressé fait valoir qu'il a signé un contrat de formation en apprentissage de CAP pâtissier d'une durée de 36 mois du 1er septembre 2020 au 31 août 2023 et produit une attestation de son employeur faisant état de sa bonne insertion professionnelle au sein de la boulangerie, ce seul document ne peut à lui seul justifier d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et remettre en cause l'appréciation motivée portée par les premiers juges. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait tissé, en dehors de son environnement scolaire et professionnel, des liens d'une particulière intensité et stabilité sur le territoire français, ni qu'il se trouverait en situation d'isolement en cas de retour en Côte d'Ivoire, où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident sa mère, ses frères et sa tante maternelle. Dans ces conditions, la préfète de l'Ariège, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il en résulte que les moyens tirés de ce que cette décision aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 313-11-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " A titre exceptionnel et sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire prévue au 1° de l'article L. 313-10 portant la mention " salarié " ou la mention " travailleur temporaire " peut être délivrée, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, à l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier soumis aux premiers juges que M. B, arrivé en France en avril 2017 à l'âge de 16 ans, a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de la Haute-Garonne jusqu'à sa majorité. L'intéressé a d'abord bénéficié d'un cours d'alphabétisation au sein d'une classe d'enseignement du Français langue étrangère (FLE) à Saverdun puis a effectué plusieurs stages avant de signer le 1er septembre 2020 un contrat d'apprentissage de CAP pâtissier d'une durée de trois ans au centre de formation aux métiers de Foix. Si M. B, qui est scolarisé en première année de CAP pâtisserie, répond aux conditions d'âge, de prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, il est constant qu'à la date du dépôt de sa demande de séjour, le 22 octobre 2020, l'intéressé ne justifiait suivre une formation professionnelle que depuis moins de deux mois et qu'il ne justifiait pas, à la date de la décision contestée le 27 janvier 2021, avoir suivi depuis six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont estimé qu'il ne remplissait pas toutes les conditions requises par l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer le titre de séjour prévu par ces dispositions.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, accordant un délai de départ de trente jours, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour :
8. La décision de refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré du défaut de base légale des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de retour, le délai de départ volontaire, et portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
9. Eu égard à la situation personnelle du requérant telle qu'exposée au point 5, les décisions d'obligation de quitter le territoire, de fixation d'un délai de départ volontaire, du pays de renvoi et d'interdiction de retour pour une durée de 12 mois prises à son encontre par la préfète de l'Ariège, ne portent pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
10. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvu de fondement, et doit être rejeté selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 11 janvier 2023.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°22TL2153
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026