LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL21716

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL21716

jeudi 29 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL21716
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBARBOT - LAFITTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2019 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour en France d'une durée de six mois.

Par un jugement n° 2001751 du 28 janvier 2022, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2022, Mme B, représentée par Me Barbot-Lafitte, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 27 novembre 2019 ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou à titre subsidiaire, d'ordonner au préfet de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir au besoin dans les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'ensemble des décisions :

- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;

Sur la décision portant refus de séjour :

- le refus de séjour est entaché d'erreurs de fait déterminantes dès lors qu'elle établit sa présence sur le territoire français depuis 1997 et qu'un de ses fils entretient régulièrement des liens avec son père ;

- il ressort de la motivation de la décision et des erreurs de fait invoquées que le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale compte tenu de l'intensité de ses liens au regard des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation personnelle et familiale répond à un motif exceptionnel au sens de ces dispositions ;

- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la mesure d'éloignement est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la mesure d'éloignement porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

- la décision est dépourvue de base légale ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation individuelle et démontre que le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa situation justifiait qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- le préfet a commis une erreur de droit en s'abstenant de mentionner le fondement légal de la décision contestée ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires qui caractérisent sa situation ;

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme B, de nationalité équato-guinéenne née le 29 mai 1980, a sollicité le 13 juillet 2018 auprès des services de la préfecture de la Haute-Garonne son admission au séjour sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par un arrêté du 27 novembre 2019, le préfet de la Haute-Garonne a refusé délivrer un titre de séjour à Mme B, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée de six mois. Par la présente requête, Mme B fait appel du jugement du 28 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :

3. Mme B soulève à nouveau en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les moyens tirés de ce que les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois seraient insuffisamment motivées. Elle n'apporte pas d'élément nouveau à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont pertinemment et suffisamment répondu. Par suite, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif aux points 2, 3, 15, 16, 20, 21, 24 et 25 du jugement attaqué.

Sur la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, Mme B Mme B soutient à nouveau en cause d'appel que la décision contestée est entachée d'erreurs de fait déterminantes pour l'appréciation de sa situation. D'une part, l'appelante se prévaut d'une résidence continue sur le territoire français depuis le 31 août 1997 et verse au dossier de nombreuses pièces telles que des attestations, des courriers administratifs, des factures, des ordonnances médicales, la copie de son carnet de vaccination, des relevés de compte et livret bancaires, avis d'imposition. Toutefois, elles ne sauraient établir à elles seules, la continuité de sa présence en France. Par ailleurs, la seule mention portée par le préfet concernant la présence de l'intéressée en France depuis 1997 ne saurait établir sa présence continue sur le territoire. D'autre part, l'appelante se prévaut du fait

que le père de son fils A, né le 22 avril 2011, a toujours entretenu des relations avec ce dernier. Toutefois, il ressort des termes du jugement du tribunal de grande instance de Toulouse du 13 janvier 2014 rectifié le 17 novembre 2014 que, suite à une enquête de police diligentée en août 2012, Mme B a reconnu que la reconnaissance de paternité souscrite initialement par un ressortissant français était mensongère et que M. D, ressortissant camerounais, était le père biologique de l'enfant A. Ce jugement précise également que Mme B et M. D ont demandé au tribunal de dire que M. D " ne versera pas de contribution à l'entretien et l'éducation du mineur ". Enfin, si Mme B se prévaut en appel d'un jugement du juge aux affaires familiales du tribunal judicaire de Toulouse du 26 janvier 2021 portant sur la demande de la requérante relative à l'exercice de l'autorité parentale, de la fixation de la résidence habituelle des enfants mineurs, ou du droit de visite, ce dernier est postérieur à la date de la décision attaquée et, par suite, sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis des erreurs de faits déterminantes doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, eu égard à ce qui vient d'être exposé au point précédent ainsi que de la motivation de l'arrêté litigieux, que, contrairement à ce que soutient l'appelante, le préfet a procédé à un examen de sa situation particulière.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, dispose que : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".

7. Mme B se prévaut de ses attaches personnelles et familiales en France ainsi que de ses efforts d'intégration en indiquant vivre sur le territoire français depuis le 31 août 1997, être mère de deux enfants mineurs nés et scolarisés en France dont l'un aurait des relations avérées avec son père biologique. D'une part, l'intéressée, qui n'a sollicité son admission au séjour qu'au mois de juin 2011, a fait l'objet d'un précédent arrêté préfectoral portant refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement le 12 février 2015, confirmé en dernier lieu par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 15BX02735 du 23 février 2016, qu'elle n'a pas exécuté, s'étant délibérément maintenue en France en situation irrégulière. D'autre part, ains qu'il a été exposé au point 4 de la présente ordonnance, Mme B, n'établit ni la continuité de sa présence en France depuis le 31 août 1997, ni la réalité des liens existant avec le père de l'un de ses enfants à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, si l'appelante, célibataire, fait valoir qu'elle justifie de liens personnels, amicaux et familiaux sur le territoire national, les pièces produites par l'intéressée, notamment l'attestation établie par le pasteur de l'église évangélique source d'eau vive en 2018, ne permettent pas d'établir une insertion particulière dans la société française eu égard à un cercle social ou familial. Au surplus, l'intéressée, qui se prévaut de l'absence de liens avec sa mère ou son père ainsi que du décès de sa tante paternelle ne démontre pas par les pièces qu'elle produit être isolée dans son pays d'origine. Enfin, l'appelante ne justifie d'aucune intégration professionnelle particulière malgré la production de diverses attestations de formation. Dans ces conditions, la décision par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande d'admission au séjour ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés et la requérante ne justifie pas être en situation d'obtenir de plein droit la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur.

8. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus opposé à la demande d'admission au séjour présentée par l'appelante aurait sur sa situation personnelle et familiale des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de telles conséquences doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".

10. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés aux points 7 et 8 de la présente ordonnance, Mme B ne justifie d'aucun motif exceptionnel ni de considérations humanitaires lui permettant de bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet de la Haute-Garonne à avoir refusé une telle admission exceptionnelle au séjour doit être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

12. Mme B reprend en appel son moyen déjà invoqué devant les premiers juges tiré de l'atteinte à l'intérêt supérieur et à la dignité de ses enfants nés et scolarisés en France. Toutefois, la décision contestée n'implique pas, par elle-même, la séparation de la famille ni la rupture des liens entre la requérante et ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale doit, par suite, être écarté.

14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés aux points 7 et 8 de la présente ordonnance, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la mesure d'éloignement en litige aurait des conséquences d'une gravité exceptionnelle sur la situation personnelle et familiale de Mme B ni que cette décision porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

Sur la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

15. En premier lieu, compte-tenu de ce qui a été précédemment exposé, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de l'illégalité des décisions de refus de séjour et obligation de quitter le territoire français au soutien des conclusions dirigées contre la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours.

16. En deuxième lieu, aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Le délai de départ volontaire accordé à l'étranger peut faire l'objet d'une prolongation par l'autorité administrative pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français () ". En vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.

17. Alors que le préfet de la Haute-Garonne a accordé à Mme B le délai de départ volontaire de trente jours prévus par les dispositions du II. De l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, il ne ressort ni des termes de la décision en litige ni d'aucune des pièces du dossier que l'autorité administrative aurait méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant tenue de fixer un tel délai et aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen préalable de la situation de l'intéressée. Par ailleurs, l'appelante n'établit ni même n'allègue avoir présenté une demande au préfet tendant à ce que lui

soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours et ne fait pas état de circonstances relatives à sa situation personnelle de nature à en justifier l'octroi. Par suite, Mme B n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une erreur de droit.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () l'autorité administrative peut, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. / () / La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

19. Mme B reprend en appel ses moyens, soulevés devant le tribunal administratif, tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur de droit commises par le préfet de la Haute-Garonne pour avoir pris une telle décision à son encontre. Elle n'apporte aucun élément de droit et de fait de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal administratif sur son argumentation de première instance au point 26 du jugement attaqué. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par Mme B es manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à Me Caroline Bardot-Lafitte et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 29 juin 2023.

Le président de la 4ème chambre,

D. Chabert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions