jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL21926 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C D, la société civile immobilière de Flouquet et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Toulouse l'annulation de l'arrêté du 7 août 2018 par lequel le maire de Villebrumier ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société anonyme Orange pour l'édification d'une antenne relais de téléphonie mobile.
Par une ordonnance du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat du 4 avril 2022, le dossier a été attribué au tribunal administratif de Nîmes
Par un jugement n° 1922387 du 28 juin 2022, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022, Mme D, la société de Flouquet et Mme B, représentées par Me Groslambert, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision du maire de Villebrumier du 7 août 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villebrumier la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la requête est recevable en ce qu'elles justifient d'un intérêt à agir ;
- c'est à tort que le tribunal administratif de Nîmes a considéré que leur demande était tardive dès lors que l'affichage de l'autorisation d'urbanisme sur le terrain n'était ni visible, ni lisible depuis la voie publique ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce qu'elle porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, la commune de Villebrumier, représentée par la SCP Courrech et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des appelantes une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, le tribunal a rejeté à bon droit la demande d'annulation de la décision en litige en raison de son caractère tardif ;
- à titre subsidiaire, les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne porte pas atteinte à l'intérêt et au caractère des lieux environnants.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2024, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérantes une somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, le jugement doit être confirmé en ce qu'il a rejeté pour tardiveté la demande ;
- à titre subsidiaire, les requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- la décision en litige n'a pas été prise en violation de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par ordonnance du 12 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 avril 2024.
Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par une décision du 13 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chabert, président,
- les conclusions de M. Diard, rapporteur public,
- les observations de Me Groslambert, représentant les appelantes.
- et les observations de Me Carteret, représentant la commune de Villebrumier.
Considérant ce qui suit :
1. La société Orange a déposé le 10 juillet 2018 auprès des services de la commune de Villebrumier (Tarn-et-Garonne) une déclaration préalable de travaux pour l'installation d'une antenne-relais de téléphonie mobile sur un terrain situé au lieu-dit Grosaize dans l'emprise du stade municipal. Par un arrêté du 7 août 2018, le maire de Villebrumier n'a pas fait opposition à cette déclaration préalable. Par la présente requête, Mme D, la société de Flouquet et Mme B relèvent appel du jugement du 28 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande tendant à l'annulation de cette autorisation d'urbanisme.
2. L'article R. 600-2 du code de l'urbanisme mentionne que : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable () court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". En outre, aux termes de l'article R. 424-15 du même code auquel il est ainsi renvoyé : " Mention () de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ". L'article A. 424-15 du même code dispose que : " L'affichage sur le terrain () de la déclaration préalable, prévu par l'article R. 424-15, est assuré par les soins du bénéficiaire () du déclarant sur un panneau rectangulaire dont les dimensions sont supérieures à 80 centimètres. ". Les articles A. 424-16 et A. 424-17 du code de l'urbanisme précisent les mentions qui doivent être portées sur le panneau prévu à l'article R. 424-15 et notamment : " " Droit de recours : / " Le délai de recours contentieux est de deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain du présent panneau (art. R. 600-2 du code de l'urbanisme). / " Tout recours administratif ou tout recours contentieux doit, à peine d'irrecevabilité, être notifié à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. Cette notification doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du recours (art. R. 600-1 du code de l'urbanisme). " ". Enfin, aux termes de l'article A. 424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des procès-verbaux de constat d'huissier dressés les 16 août 2018, 17 septembre 2018 et 17 octobre 2018, qu'un panneau répondant aux exigences fixées par les articles A. 424-15 et suivants du code de l'urbanisme, a été apposé sur le grillage extérieur d'un court de tennis compris dans l'enceinte du stade municipal situé en bordure de la route départementale de Montauban à Villebrumier. S'il est vrai qu'un espace enherbé sépare le grillage sur lequel a été apposé ce panneau du cheminement piétonnier auquel il fait face, aucun obstacle n'empêche le public empruntant ce cheminement de se rendre au pied du grillage pour prendre connaissance des informations figurant sur ce panneau. Dans ces conditions, l'affichage de la décision de non-opposition à déclaration préalable a été réalisé dans le respect des dispositions citées au point précédent et le délai de recours contentieux à l'encontre de cette décision a commencé à courir à compter du 16 août 2018 pour expirer le 17 octobre suivant. Par suite, la demande d'annulation de cette décision, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse initialement saisi le 2 mai 2019, était irrecevable en raison de son caractère tardif.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées à la requête d'appel, que Mme D, la société de Flouquet et Mme B ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué du 14 juin 2022, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté leur demande.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villebrumier, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés par les appelantes et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme D, de la société de Flouquet et de Mme B, les sommes que demandent la commune de Villebrumier et la société Orange sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D, de la société de Flouquet et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villebrumier et la société Orange sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C D, première dénommée pour l'ensemble des requérantes, à Me Groslambert, à la commune de Villebrumier et à la société anonyme Orange.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, où siégeaient :
- M. Chabert, président de chambre,
- M. Jazeron, premier conseiller,
- Mme Lasserre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
D. Chabert
L'assesseur le plus ancien,
F. Jazeron La greffière,
N. Baali
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026