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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-22TL22008

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-22TL22008

mardi 7 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-22TL22008
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2204857 du 23 août 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. B, représenté par Me Laspalles, demande à la cour :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 16 août 2022 en toutes ses décisions ;

4°) d'ordonner la suppression sans délai du signalement au système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la régularité du jugement :

- le tribunal n'a pas répondu à l'argumention qu'il a présentée en première instance tendant notamment à démontrer, compte tenu de l'évolution de son comportement, que sa présence en France ne représente plus une menace à l'ordre public ;

Sur le bien-fondé du jugement :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée ne répond pas aux exigences de motivation imposées par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet n'a pas respecté la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du même code ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux et attentif de sa situation ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée et a ainsi méconnu l'étendue de sa compétence ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue plus une menace à l'ordre public ;

- la mesure attaquée comporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle et se trouve entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision porte une atteinte manifestement excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :

- la décision n'est pas suffisamment motivée et révèle une absence d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit et se trouve dépourvue de base légale ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation et s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision n'est pas suffisamment motivée ;

- aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant cette interdiction de retour sur le territoire français ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision a été prise en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, de nationalité albanaise né le 13 avril 1972, demande l'annulation du jugement du 23 août 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 8 février 2023. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la régularité du jugement :

4. M. B soutient en cause d'appel que le magistrat désigné n'a pas répondu à toute son argumention, notamment celle relative à l'absence de menace à l'ordre public. Toutefois, il ressort des termes mêmes du jugement que le premier juge, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés par le requérant, a suffisamment répondu aux moyens tirés de l'erreur de droit au regard des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation du préfet au point 7 du jugement attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité du jugement attaqué ne peut qu'être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne, de façon suffisamment circonstanciée pour permettre à M. B A les discuter, les motifs de droit et les circonstances de fait qui en constituent le fondement notamment les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé en France, l'existence d'une précédente mesure d'éloignement ainsi que sa condamnation par le tribunal correctionnel de Toulouse le 26 avril 2022 et son incarcération. Il mentionne également les éléments de la situation personnelle et familiale du requérant et notamment le fait qu'il se déclare en couple avec une compatriote albanaise et qu'il soit père. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation en méconnaissance des dispositions du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Il ressort des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse portant obligation de quitter le territoire n'aurait pas été précédée de l'organisation de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme étant inopérant.

7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de l'intéressé avant de prendre sa décision ou qu'elle se serait estimée en situation de compétence liée pour l'obliger à quitter le territoire français.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

9. M. B soulève à nouveau en appel le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet de la Haute-Garonne à l'avoir obligé à quitter le territoire français alors que sa présence sur le territoire français ne constituait plus selon lui une menace à l'ordre public à la date de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Toutefois, il est constant que l'intéressé a été condamné en dernier lieu à une peine de six mois d'emprisonnement par un jugement du tribunal correctionnel de Toulouse du 26 avril 2022, pour des faits de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance. Par ailleurs, l'intéressé a fait l'objet de trois autres condamnations à des peines d'emprisonnement, dont une seulement une avec sursis, depuis son entrée sur le territoire français en septembre 2018 selon ses déclarations. Si la seule circonstance qu'un étranger ait fait l'objet d'une condamnation pénale ne saurait justifier que soit prise à son encontre une mesure d'éloignement sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'espèce, le caractère répété de faits délictueux ainsi que le caractère récent de sa dernière condamnation à la date de la mesure contestée révèle, eu égard à leur nature,

un comportement constituant une menace à l'ordre public. Par suite le préfet de la Haute-Garonne a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, estimer que le comportement de M. B constituait une menace à l'ordre public.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. B fait valoir qu'il vit depuis plusieurs années en couple avec une compatriote avec laquelle il a deux enfants nés en 2015 et 2022. Toutefois, il n'est pas contesté que sa compagne a également fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français le 27 septembre 2021. Par ailleurs, aucune circonstance ne fait obstacle à la reconstitution de leur cellule familiale dans un autre pays que la France, notamment leur pays d'origine. En outre, M. B qui a vécu en Albanie jusqu'à l'âge de quarante-six ans, n'allègue pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Enfin, l'appelant ne justifie pas d'une insertion dans la société française, compte tenu notamment de ses condamnations répétées à des peines d'emprisonnement. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne saurait être regardée comme ayant porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis.

12. En sixième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. B aurait sur sa situation personnelle en France des conséquences d'une exceptionnelle gravité et serait ainsi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990, publiée par décret du 8 octobre 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

14. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la cellule familiale de M. B ne pourrait pas se reconstituer en Albanie, pays dont tous les membres ont la nationalité, ni que son premier enfant ne pourrait pas y poursuivre sa scolarité. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'implique pas la séparation du requérant de ses enfants, ne peut être regardée comme ayant été prise en méconnaissance de leur intérêt supérieur.

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

15. En premier lieu, la décision du préfet de la Haute-Garonne refusant à M. B un délai de départ volontaire mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application et précise les circonstances de fait justifiant qu'un tel délai ne soit pas accordé à l'intéressé. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des termes de la décision que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation ou se serait cru en situation de compétence liée pour refuser d'accorder un tel délai.

16. En deuxième lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il ne peut utilement soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire serait dépourvue de base légale.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

18. M. B soulève à nouveau les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation commises par le préfet à ne pas lui avoir accordé un délai de départ volontaire. Toutefois, il n'apporte pas en appel d'éléments nouveaux de fait ou de droit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le magistrat désigné. Par suite, par adoption des motifs retenus à bon droit au point 14 du jugement attaqué, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision refusant un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, cette décision vise les textes dont il a été fait application et précise les éléments de fait propres à la situation personnelle et familiale en France de M. B, qui a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et dont le comportement a troublé l'ordre public et qui ne peut être regardé comme étant isolé dans son pays d'origine.

20. En deuxième lieu, Si le requérant entend invoquer à nouveau la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il y a lieu d'écarter ce moyen, tiré de l'absence de procédure contradictoire pour les motifs exposés au point 6 de la présente ordonnance.

21. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et attentif de la situation de M. B avant de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français.

22. En dernier lieu, M. B soulève à nouveau le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que l'intéressé ne justifie ni d'une présence ancienne en France, ni d'une insertion dans la société française, compte tenu notamment de ses condamnations répétées à des peines d'emprisonnement. De surcroît, les membres de sa famille présents sur le territoire français dont il fait état sont de nationalité albanaise. Enfin, il ne précise pas la nature des circonstances humanitaires qui auraient pu justifier que le préfet n'assortisse pas la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour. Par conséquent et alors que le préfet de la Haute-Garonne a pu considérer comme exposé précédemment que le comportement de M. B constituait une menace à l'ordre public, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis erreur d'appréciation en lui interdisant de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

23. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination vise les textes dont il a été fait application et précise que M. B n'établit pas être exposé à des risques dans son pays d'origine. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.

24. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

25. M. B, ressortissant albanais, n'apporte aucune précision ni aucune justification sur la nature et les raisons des risques auxquels il allègue être exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Sylvain Laspalles et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 7 mars 2023.

Le président de la 4ème chambre,

D. Chabert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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