jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL22073 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DESSALCES & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2202679 du 19 septembre 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2022, M. A, représentée par la société civile professionnelle d'avocats Dessalces, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 19 septembre 2022 du tribunal administratif de Montpellier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
3°) d'enjoindre au préfet précité de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de l'arrêt à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour, dans les deux cas dans un délai de deux mois à compter de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le jugement attaqué a méconnu les dispositions de l'article L. 9 du code de justice administrative en ce qu'il a insuffisamment motivé sa réponse au moyen tiré du défaut
-
d'examen particulier de sa situation, le préfet s'étant cru lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence en se croyant lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- contrairement à ce qu'ont estimé le tribunal et le préfet, son retour au Maroc aurait des conséquences manifestement excessives sur son état de santé, aucun traitement approprié à ses pathologies ne lui étant accessible dans ce pays ; en conséquence, la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en ce qu'elle fait une mauvaise application de l'article L. 425-9 du code de justice administrative ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît, de plus, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité marocaine, est entré en France le 18 octobre 2019 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités néerlandaises et valable du 4 octobre au 18 novembre 2019. Il s'est maintenu sur le territoire français après l'expiration de la validité de ce visa puis a demandé, le 25 janvier 2022, la délivrance d'un titre de séjour en tant qu'étranger malade. Cependant, par arrêté du 28 avril 2022 le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance de ce titre, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il doit être éloigné.
2. M. A relève appel du jugement du 19 septembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.
3. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que :
" () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
4. M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 7 octobre 2022. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
1.
Sur la régularité du jugement attaqué :
5. En relevant qu'il ne ressortait des pièces du dossier que le préfet n'avait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé et se serait cru à tort lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, les premiers juges ont suffisamment motivé leur réponse au moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
6. En premier lieu et ainsi qu'exposé au point précédent, les premiers juges ont estimé que le préfet ne s'était pas cru lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et n'avait ainsi pas méconnu l'étendue de sa compétence. M. A reprend en appel ce moyen, sans l'assortir d'élément de fait ou de droit nouveau, qu'il y a lieu d'écarter par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal.
7. En deuxième lieu, l'appelant reprend en appel les moyens tirés de la méconnaissance par le préfet de l'Hérault des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation, sans les assortir d'éléments de fait ou de droit nouveau. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinemment retenus par le tribunal.
8. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. A est entré en France récemment, à l'âge de 51 ans, et son épouse et quatre de ses cinq enfants résident au Maroc. De plus, il ne justifie d'aucune insertion particulière en France. En conséquence, c'est à bon droit que les premiers juges ont estimé qu'eu égard à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé en France, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme ayant méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, ne peut qu'être rejetée, tant dans ses conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué que, par voie de conséquence, dans ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
1.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault. Fait à Toulouse, le 9 février 2023.
Le président de la 3ème chambre,
Éric Rey-Bèthbéder
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026