mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-22TL22427 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DEBUISSON PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2206258 du 28 octobre 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2022, M. A, représenté par Me Debuisson, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 28 octobre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision fixant le pays de renvoi manque de motivation en fait en raison de l'absence totale d'indication des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- l'arrêté préfectoral est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à ses conséquences sur sa situation personnelle au regard des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Considérant ce qui suit :
1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant algérien né le 20 juin 1996 à Tiaret (Algérie), déclare être entré en France de façon irrégulière en 2014. Il a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 19 janvier 2015, confirmée par un jugement n° 1503840 du tribunal administratif de C du 28 mai 2015, suivie le 23 juin 2015 d'une reconduite effective en Algérie. Par un jugement du 4 mars 2016 rendu par défaut par le tribunal pour enfants de C, il a été condamné à deux mois d'emprisonnement pour recel de bien provenant d'un vol. En février 2021, l'intéressé est entré à nouveau sur le territoire français, selon ses déclarations. M. A relève appel du jugement du 28 octobre 2022 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Il ressort des pièces du dossier que le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Toulouse a écarté au point 3 de son jugement, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté contesté. Si le moyen soulevé dans sa requête sommaire était intitulé " insuffisance de motivation ", il n'était assorti d'aucune précision et il ne ressort pas des observations orales à l'audience rappelées dans ledit jugement qu'il ait alors été précisé, notamment en ce que l'arrêté n'aurait pas suffisamment examiné les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le jugement contesté n'est entaché d'aucune irrégularité.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, M. A reprend en appel les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle et familiale et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il soutient à l'appui de ces moyens avoir été condamné il y a plus de six ans, le 4 mars 2016, à une courte peine de deux mois d'emprisonnement, vivre à C au domicile de sa mère, Mme D, avec son frère et sa sœur, et être marié religieusement avec sa compagne. Toutefois, il ressort du procès-verbal d'audition du 24 octobre 2022 réalisé par un officier de police judiciaire, que M. A, interrogé sur sa situation personnelle, a indiqué être célibataire et sans enfant. L'intéressé ne produit aucun document nouveau de nature à justifier ses allégations relatives à sa situation personnelle ou matrimoniale et ne précise ni l'identité ni la nationalité de son épouse. Par ailleurs, ainsi que l'a relevé le premier juge, M. A ne vit en France que depuis très peu de temps et n'est pas dépourvu d'attaches en Algérie, où réside son père, atteint de troubles psychiatriques.
Si M. A persiste à soutenir que sa mère serait en mesure de subvenir à ses besoins en France, il ne conteste pas être sans ressource et avoir fait l'objet d'une condamnation à deux mois d'emprisonnement le 4 mars 2016 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol. En outre, il s'est fait connaître à plusieurs reprises et sous différentes identités pour des agissements contraires à l'ordre public. Au regard de ces éléments, la décision litigieuse n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ni ne porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel le requérant pourra être reconduit d'office. En outre, M. A qui n'a, au demeurant, pas présenté de demande d'asile, n'établit pas que, du fait des menaces de mort proférées en 2003 à l'encontre de sa mère en raison de ses déplacements en France, il encourrait effectivement des risques personnels de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Algérie. M. A n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision fixant l'Algérie comme pays à destination duquel il pourra être éloigné serait intervenue en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie sera transmise pour information au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Toulouse, le 28 mars 2023.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°22TL22427
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026