mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL00020 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BARTHELEMY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté du 19 août 2020 par lequel le préfet du Gard a édicté à son encontre une interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une rencontre de football à laquelle participe l'équipe de Nîmes olympique, l'équipe de France de football de la fédération française de football ainsi que celle de l'équipe de France féminine d'une durée de douze mois assortie d'une obligation de répondre aux convocations de police au moment du déroulement des rencontres de l'équipe de football de Nîmes Olympique et de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2003225 du 9 novembre 2022, le tribunal administratif de Nîmes a annulé l'arrêté du 19 août 2020 du préfet du Gard et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2023, M. B, représenté par Me Barthélémy, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 9 novembre 2022 du tribunal administratif de Nîmes en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État le paiement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
2°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 500 euros au titre des frais exposés en première instance, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que c'est à tort que le tribunal a rejeté sa demande tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État le paiement d'une somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; en effet, il a été contraint d'exposer des frais, dès avant l'introduction de l'instance, pour obtenir l'annulation de la mesure contestée, qui constitue une mesure restreignant sa liberté ; de plus, en l'espèce l'absence de mise à la charge de l'État de ces frais est de nature à encourager la prise de telles mesures sans que les agissements qui en sont à l'origine soient établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les frais engagés avant l'introduction de l'instance n'entrent pas dans le champ des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; dans les circonstances de l'espèce, en tout état de cause, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État une somme au titre de ces dispositions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rey-Bèthbéder, président-rapporteur.
- et les conclusions de Mme Perrin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté pris en application de l'article L. 332-16 du code du sport le 19 août 2020, le préfet du Gard a interdit à M. B, pour une durée de douze mois, de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une manifestation sportive de l'équipe de football de Nîmes Olympique, de l'équipe de France de football, de la fédération française de football et des équipes françaises de football se rendant à l'étranger et lui a fait obligation de pointer à la gendarmerie à chaque rencontre de l'équipe de Nîmes Olympique.
2. M. B relève appel du jugement du 9 novembre 2022 du tribunal administratif de Nîmes, qui a annulé l'arrêté précité, en tant qu'il a rejeté ses conclusions relatives à ce qu'il soit mis à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais exposés en première instance et non compris dans les dépens :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
4. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard notamment au motif qui a fondé l'annulation prononcée par les premiers juges de l'arrêté préfectoral cité au point 1, soit l'absence de tout élément de nature à établir la matérialité des faits reprochés à M. B, ainsi qu'au fait que l'intéressé était représenté par un avocat en première instance, c'est à tort que le jugement attaqué a rejeté ses conclusions tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui en première instance et non compris dans les dépens.
Sur les frais de la présente instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le paiement à M. B d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE:
Article 1 : Le jugement du 9 novembre 2022 du tribunal administratif de Nîmes est annulé en ce qu'il a rejeté la demande de M. B relative aux frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 2 : L'État versera à M. B une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par ce dernier en première instance et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 800 euros au titre des frais exposés en appel et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rey-Bèthbéder, président,
M. Bentolila, président-assesseur,
Mme El Gani-Laclautre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
Le président-assesseur,
P. Bentolila
Le président-rapporteur,
É. Rey-Bèthbéder
La greffière,
C. Lanoux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026