mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL00163 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E D a demandé au tribunal administratif de Toulouse de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler l'arrêté du 13 février 2020 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313- 14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision attaquée, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à tout le moins de procéder au réexamen de sa demande.
Par un jugement n° 2001800 du 25 février 2022, le tribunal administratif de Toulouse a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions de M. D tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle et a rejeté le surplus de ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2023, M. D, représenté par Me Brel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 25 février 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Ariège du 13 février 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 16 décembre 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. D, né le 18 juin 1978 à Kutaisi (Gérorgie), est entré en France de manière irrégulière le 20 mars 2013, selon ses déclarations. Le 29 avril 2015, il a déposé une demande de séjour en qualité d'étranger malade qui a été rejetée par un arrêté du préfet de l'Ariège du 24 décembre 2015 assorti d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, confirmé par deux jugements nos1601037 et 1600786 du tribunal administratif de Toulouse, rendus les 8 mars et 8 juillet 2016. L'intéressé n'a pas exécuté la mesure d'éloignement et a déposé deux nouvelles demandes d'admission au séjour en qualité d'étranger malade, l'une le 11 avril 2017, rejetée, l'autre le 5 septembre 2019, demeurée sans suite, et enfin, le 11 octobre 2019, une demande au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 13 février 2020, la préfète de l'Ariège a rejeté sa demande. M. D relève appel du jugement du 25 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
4. A l'appui de sa requête, M. D soutient qu'il réside en France depuis 2013, se prévaut de la vie commune avec son épouse alors enceinte, Mme B, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", de la scolarisation de son fils C B et d'une promesse d'embauche datée du 10 novembre 2017 d'une durée de 6 mois à hauteur de 4 heures hebdomadaires. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 24 décembre 2015 qu'il n'a pas exécutée, s'étant délibérément maintenu en France en situation irrégulière, et ne fait état d'aucune intégration sociale et professionnelle particulière. Par ailleurs, si M. D soutient être remarié avec Mme B depuis le 4 avril 2012 et être le père de son enfant C, né en Russie le 7 octobre 2008, les deux factures d'électricité pour les mois de novembre 2019 et janvier 2020 et l'avis d'imposition commun au titre de l'année 2019 ne sont pas de nature à corroborer l'ancienneté et la stabilité de cette vie commune, ni établir sa paternité au regard de l'acte de naissance russe produit établissant l'unique filiation de l'enfant avec sa mère dont il porte le patronyme, alors qu'il soutenait en mars 2016 dans le cadre d'un précédent recours n° 1601037 devant le tribunal administratif de Toulouse " vivre en union libre avec Mme A B, ressortissante russe, depuis juillet 2014 et () s'occuper au quotidien de l'enfant de celle-ci ", et que la préfète produit au dossier de première instance une attestation sur l'honneur d'union libre établie le 17 octobre 2014 par les concubins à la mairie de Pamiers. Enfin, le requérant présente des antécédents judiciaires et a fait l'objet de deux condamnations, dont l'une à deux ans d'emprisonnement pour des faits de vol en bande organisée et de recel. Par conséquent, eu égard à la durée et aux conditions de séjour en France de l'intéressé, la décision en litige édictée par l'autorité préfectorale ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ".
6. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés au point 4 de la présente ordonnance, M. D, défavorablement connu des services judicaires, ne justifie d'aucun motif exceptionnel ni de considérations humanitaires lui permettant de bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en application de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la préfète de l'Ariège à avoir refusé une telle admission exceptionnelle au séjour doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Si M. D soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, il n'apporte aucun élément justifiant de l'existence d'un lien de filiation avec l'enfant C, ni avec l'enfant alors à naître de Mme B. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté. Pour ces mêmes motifs, le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle doit aussi être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D, qui est manifestement dépourvue de fondement, doit être rejetée par application des dispositions précédemment citées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, celles relatives aux dépens et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M.D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D et à Me Brel.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 27 juin 2023.
La présidente de la 2ème chambre,
A. Geslan-Demaret
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°23TL00163
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026