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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL00460

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL00460

mardi 21 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL00460
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP UGGC AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier de mettre à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au titre de la solidarité nationale, la somme de 88 648 euros en réparation des préjudices subis en raison de l’aggravation de son état de santé imputable aux conséquences dommageables de la vaccination obligatoire reçue dans le cadre de son activité de sapeur-pompier volontaire.

Par un jugement n° 2004177 du 26 décembre 2022, le tribunal administratif de Montpellier a mis à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales la somme de 29 675 euros à verser à M. A... en réparation de ses préjudices en lien avec l’aggravation de son état de santé imputable aux conséquences de la vaccination obligatoire contre l’hépatite B, a mis à la charge définitive de ce même établissement public national les frais d’expertise, taxés et liquidés à hauteur de 2 160 euros, de l’expertise, ordonnée par le juge des référés du tribunal, la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 février 2023 et le 18 juillet 2024, M. B... A..., représenté par Me Pons-Serradeil, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de réformer ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 26 décembre 2022 en tant qu’il a limité son indemnisation à la somme de 29 675 euros en réparation de ses préjudices ;

2°) d’annuler la décision implicite de rejet opposée à sa demande préalable indemnitaire, adressée, le 20 mai 2020, à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ;

3°) de mettre à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales une somme de 108 323 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 26 mai 2020 et de leur capitalisation, au titre de la solidarité nationale, en réparation des préjudices subis et en lien avec l’aggravation de son état de santé imputable aux conséquences dommageables de la vaccination obligatoire contre l’hépatite B qu’il a reçue dans le cadre de son activité de sapeur-pompier volontaire ;

4°) de mettre à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Il soutient que :
Sur l’aggravation de son état de santé :
- les premiers juges ont retenu à bon droit qu’il existe une aggravation de son état de santé depuis l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille, rendu le 18 décembre 2014 ;
- il appartient donc à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales de réparer l’ensemble des préjudices en lien avec cette aggravation de son état de santé imputable aux conséquences de la vaccination obligatoire reçue dans le cadre de son activité de sapeur-pompier volontaire.
Sur les préjudices :
- les montants alloués par les premiers juges au titre des frais d’honoraires d’avocat pour saisir l’office d’une demande préalable, des souffrances physiques et morales endurées et du déficit fonctionnel permanent sont à confirmer ;
- il justifie de son impossibilité de poursuivre l’activité antérieure de maçon mais également d’exercer toute activité professionnelle et établit donc, contrairement à ce qu’ont estimé les premiers juges, l’incidence professionnelle du dommage, poste qui peut être fixé, compte tenu de son âge, à la somme de 70 000 euros ;
- l’aggravation de son préjudice sexuel, au regard de douleurs permanentes, doit être déterminée à un montant supérieur et donner lieu à une indemnisation à hauteur de 3 000 euros ;
- le préjudice esthétique peut également être fixé à un montant supérieur et porté à 3 000 euros ;
- contrairement à ce qu’ont estimé les premiers juges, il subit un préjudice d’agrément complémentaire qu’il convient de réparer par la juste somme de 5 000 euros ;
- enfin, la somme de 648 euros allouée, au titre des frais et honoraires d’avocat liés à la demande préalable adressée à l’office, doit être confirmée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales représenté par Me Welsch, de la société civile professionnelle UGGC Avocats, conclut au rejet de la requête, à la confirmation du jugement en tant qu’il a alloué la somme de 25 675 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, la somme de 2 000 euros au titre des souffrances endurées, demande, par la voie de l’appel incident, la réformation du jugement en ce qu’il a mis à sa charge la somme de 2 000 euros au titre du préjudice esthétique et le rejet des demandes de M. A....

Il fait valoir que :
- l’aggravation de l’état de santé de l’appelant, retenue à bon droit par les premiers juges, n’est pas remise en cause ;
- toutefois, aucune indemnisation ne saurait être accordée en réparation de l’incidence professionnelle et du préjudice d’agrément ;
- en outre, les premiers juges ont justement indemnisé les postes de préjudices relatifs au déficit fonctionnel permanent, aux souffrances endurées et au préjudice sexuel ;
- enfin, l’expert n’explique pas en quoi l’aggravation causerait un préjudice esthétique supplémentaire alors que l’appelant a déjà été indemnisé d’un préjudice esthétique de 3/7.

La requête et l’intégralité de la procédure ont été communiquées le 28 mars 2023 à la caisse primaire d’assurance maladie de la Haute-Garonne, qui n’a pas présenté d’observations.

Par une ordonnance du 22 janvier 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 24 février 2025 à 12 heures.


Vu
- le rapport d’expertise, enregistré au greffe du tribunal, le 11 décembre 2018 ;
- l’ordonnance du 4 janvier 2019 de la présidente du tribunal administratif de Montpellier portant liquidation et taxation des frais d’expertise à la somme de 2 160 euros ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Delphine Teuly-Desportes, présidente-assesseure,
- les conclusions de Mme Michèle Torelli, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pons-Serradeil, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., alors âgé de 26 ans, a été vacciné contre l’hépatite B, au mois de mai 1996, dans le cadre de son activité de sapeur-pompier volontaire au service départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Orientales, avec des rappels de vaccination au mois de juin suivant et en janvier 1997. Moins de deux mois après la première injection, il a présenté différents symptômes et notamment une amyotrophie motrice partielle, qui ont conduit à ce qu’un diagnostic de mono-neuropathie multiple soit posé. Le 7 octobre 2009, M. A... a présenté une demande préalable indemnitaire adressée au service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées-Orientales. Par un jugement du 28 décembre 2012, confirmé en appel, le 18 décembre 2014, par la cour administrative d’appel de Marseille, le tribunal administratif de Montpellier a mis à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales la somme de 18 000 euros, au titre de la solidarité nationale, en réparation des préjudices résultant des conséquences dommageables issues de cette vaccination obligatoire et a rejeté le surplus de sa demande. M. A..., invoquant une aggravation de son état de santé, a saisi le 8 février 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier afin que soit ordonnée une expertise en vue de confirmer l’aggravation de son état de santé et d’évaluer les préjudices en résultant. Par une ordonnance en date du 3 septembre 2018, le juge des référés a ordonné l’expertise sollicitée. Le rapport d’expertise a été remis le 11 décembre 2018. Le 22 septembre 2020, sur le fondement des conclusions de ce rapport, M. A..., après avoir adressé à l’Office, le 20 mai 2020, une demande préalable, a saisi le tribunal administratif de Montpellier d’une demande tendant à la mise à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales de la somme de 88 648 euros en réparation des préjudices subis en raison de l’aggravation de son état de santé. M. A... relève appel du jugement du 26 décembre 2022 en tant que le tribunal administratif de Montpellier a limité son indemnisation à la somme de 29 675 euros et sollicite l’annulation du refus implicite opposé à sa demande préalable d’indemnisation. Pour sa part, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales présente, par la voie de l’appel incident, une demande de réduction de l’indemnisation ainsi obtenue au titre du préjudice esthétique permanent.

Sur la demande d’annulation du refus implicite qui aurait été opposé à la demande préalable d’indemnisation de M. A... :

2. Aux termes de l’article R. 3111-27 du code de la santé publique : « La demande en vue de l'indemnisation d'un dommage considéré comme imputable à une vaccination obligatoire est adressée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales mentionné à l'article L. 1142-22, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, ou déposée auprès du secrétariat de l'office contre récépissé. Elle est accompagnée d'un dossier rapportant le caractère obligatoire de la vaccination, eu égard, s'il y a lieu, à l'activité professionnelle de la victime, la réalisation des injections et la nature du dommage imputé à la vaccination. L'office accuse réception du dossier et, le cas échéant, demande les pièces manquantes. » Selon l’article R. 3111-28 du même code : « Le silence de l'office pendant un délai de six mois à compter de la date de réception du dossier complet vaut rejet de la demande. »

3. Il résulte de l’instruction que M. A... a adressé, le 20 mai 2020, une demande préalable d’indemnisation à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, que ce dernier a reçue, le 26 mai suivant. Dans ces conditions, en application des dispositions précitées de l’article R. 3111-27 du code de la santé publique, ainsi que l’oppose à bon droit l’Office, en défense, aucune décision implicite de rejet n’était intervenue, le 22 septembre 2020, à la date du dépôt de la demande de première instance. Au surplus, la décision implicite ou expresse par laquelle une autorité administrative rejette la demande préalable indemnitaire dont elle est saisie, qui a pour seul objet de lier le contentieux en application de ces dispositions, ne peut faire l’objet de conclusions distinctes tendant à son annulation. Au regard de l’objet d’une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l’intéressé à percevoir la somme qu’il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a ainsi lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige et il n’y a lieu pas d’examiner de tels moyens, ni de statuer sur les conclusions en annulation de cette décision.

Sur l’appel principal :

4. Aux termes de l’article L. 3111-9 du code de la santé publique : « Sans préjudice des actions qui pourraient être exercées conformément au droit commun, la réparation d’un dommage imputable directement à une vaccination obligatoire pratiquée dans les conditions mentionnées au présent chapitre, est supportée par l’Etat ». En vertu de l’article 193 de la loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, l'article L. 3111-9 du code de la santé publique est applicable aux personnes exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle ou volontaire au sein de services d'incendie et de secours qui ont été vaccinées contre l'hépatite B depuis la date d'entrée en vigueur de la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales.

5. Il résulte de l’instruction notamment du rapport de l’expertise ordonnée, le 3 septembre 2018, par le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier et il n’est d’ailleurs pas contesté par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales que l’état de santé de M. A... s’est aggravé depuis l’arrêt de la cour administrative d’appel de Marseille rendu le 18 décembre 2014. En effet, selon les conclusions de l’expertise, de nouveaux troubles imputables à la vaccination obligatoire contre l’hépatite B sont depuis lors apparus, et notamment une amyotrophie de la main gauche, de tout l’hémicorps gauche, du membre inférieur et supérieur gauche, une diminution de la force musculaire, une faiblesse des deux bras, des troubles de l’équilibre, des paresthésies de l’hémicorps gauche à l’exception du visage, ainsi que des douleurs très intenses depuis plusieurs années au niveau du dos, de la fesse gauche et du membre supérieur et inférieur gauche, l’expert ayant fixé une nouvelle date de consolidation au 15 octobre 2018. Par suite, M. A... est fondé à soutenir qu’il est en droit d’obtenir l’indemnisation de l’ensemble de ses préjudices en lien direct et certain avec l’aggravation de son état de santé.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S’agissant des frais divers :

6. M. A... établit en appel qu’une somme de 648 euros lui a été réclamée au titre des frais et honoraires d’avocat relatifs à la phase amiable devant l’Office national et notamment à la rédaction de la demande préalable adressée à l’établissement public, le 20 mai 2020, pour obtenir l’indemnisation des préjudices en lien avec l’aggravation de son état de santé. En conséquence, il y a lieu de mettre à la charge de l’Office cette somme de 648 euros.

S’agissant de l’incidence professionnelle :

7. L’incidence professionnelle a pour objet d’indemniser les préjudices périphériques du dommage touchant à la sphère professionnelle, comme le préjudice subi par la victime en raison de sa dévalorisation sur le marché du travail, de sa perte d’une chance professionnelle ou de l’augmentation de la pénibilité de l’emploi qu’elle occupe imputable au dommage, ou encore au préjudice subi qui a trait à sa nécessité de devoir abandonner la profession qu’elle exerçait avant le dommage au profit d’une autre qu’elle a dû exercer en raison de la survenance de son handicap.

8. Il résulte de l’instruction et notamment du rapport de l’expertise, ordonnée par le tribunal, ainsi que d’un compte-rendu de consultation médicale rédigé le 19 janvier 2023 que l’état de santé de M. A... ne permet pas d’envisager une reprise de son activité professionnelle de maçon. En revanche, la décision de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé dès le 1er décembre 2021 et les soins en ambulatoire, reçus à son domicile, au cours de l’année 2018, durant 5 jours, nécessitant une perfusion d’une durée de 7 heures avec un renouvellement 5 à 6 fois toutes les huit semaines, soit pour une durée maximale d’un an, ne suffisent pas à démontrer qu’il est dans l’incapacité d’exercer la moindre activité professionnelle. Toutefois, les attestations de deux de ses anciens employeurs, produites en appel, relèvent que l’importance des douleurs liées à sa pathologie a nécessité une interruption du contrat de travail et établissent par là même une plus grande pénibilité lors de la réalisation de tâches professionnelles notamment celles répétitives ou effectuées en station debout. Dans ces conditions, compte tenu de son âge de quarante-neuf ans à la date de la nouvelle consolidation de son état médico-légal, et de la circonstance que des déficiences motrices substantielles induisant une dévalorisation professionnelle sont apparues dans le cadre de l’aggravation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de l’incidence professionnelle subie par M. A... du fait d’une vaccination exigée dans le cadre d’un engagement civique, en lui allouant la somme forfaitaire de 40 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

S’agissant des souffrances endurées :

9. Aucune des parties ne conteste le montant de 2 000 euros accordé par les premiers juges au titre de l’aggravation des souffrances endurées par M. A... notamment du fait de douleurs permanentes. Il y a lieu de confirmer le montant de ce poste de préjudice.

S’agissant du déficit fonctionnel permanent :

10. Aucune des parties ne conteste l’évaluation par les premiers juges du déficit fonctionnel permanent fixé à 24 675 euros au regard de l’aggravation des atteintes motrices et sensorielles définitives et des troubles dans les conditions d’existence en résultant. En conséquence, il y a lieu de confirmer ce poste de préjudice à hauteur de ce montant.

S’agissant du préjudice esthétique permanent :

11. Le préjudice esthétique supplémentaire subi par M. A..., estimé à 2 sur une échelle de 7, du fait de l’aggravation de l’amyotrophie, notamment au niveau de la main gauche, de tout l’hémicorps gauche, du membre inférieur et supérieur gauche et des différences disgracieuses de mensurations au niveau des biceps, triceps et quadriceps, doit être justement réparé par une somme de 3 000 euros, alors que le tribunal a retenu une somme de 2 000 euros.

S’agissant du préjudice sexuel :

12. Il résulte de l’instruction et notamment du rapport de l’expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal que l’aggravation de l’état de santé de M. A..., induit une gêne lors des relations sexuelles. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l’évaluant à la somme de 1 000 euros, ainsi que les premiers juges l’ont estimé à bon droit.

S’agissant du préjudice d’agrément :

13. M. A..., qui a vu son préjudice d’agrément initial réparé et ses troubles définitifs dans les conditions d’existence faire l’objet d’une indemnisation dans le cadre de l’aggravation de son déficit fonctionnel permanent, n’établit pas l’aggravation d’un préjudice d’agrément en se bornant à soutenir qu’il ne peut plus pratiquer d’activités sportives. En conséquence, aucune somme n’est à allouer à ce titre, ainsi que le tribunal l’a d’ailleurs retenu.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a limité son indemnisation à la somme de 29 675 euros et à demander que cette somme soit portée à un montant de 71 323 euros.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

15. M. A... a droit, conformément à l’article 1231-6 du code civil, aux intérêts au taux légal sur l’indemnité due au titre de la solidarité nationale, à compter du 26 mai 2020, date de la réception de sa demande préalable par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales. Conformément à l’article 1343-2 du même code, la capitalisation des intérêts ayant été demandée pour la première fois dans le mémoire, enregistré le 18 juillet 2024, au greffe de la cour, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter de cette date à laquelle était due une année d’intérêts, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci.

Sur l’appel incident :

16. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 à 14, l’appel incident présenté par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ne peut qu’être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

17. D’une part, les frais de l’expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 160 euros par l’ordonnance susvisée de la présidente du tribunal administratif de Montpellier, sont laissés à la charge définitive de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

18. D’autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, la somme de 1 500 euros qui sera versée à M. A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :

Article 1er : La somme de 29 675 euros mise à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, au titre de la solidarité nationale, par le jugement n° 2004177 du tribunal administratif de Montpellier du 26 décembre 2022 est portée à 71 323 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 26 mai 2020, date de la réception de sa demande préalable par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, capitalisés à compter du 18 juillet 2024 et à chaque échéance annuelle.
Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Montpellier est réformé en ce qu’il a de contraire au présent arrêt.

Article 3 : L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera à M. A... la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête M. A... est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, par la voie de l’appel incident, sont rejetées.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A..., à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d’assurance maladie de la Haute-Garonne.


Délibéré après l’audience du 7 octobre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Massin, président de chambre,
Mme Teuly-Desportes, présidente-assesseure,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2025

La rapporteure,





D. Teuly-Desportes

Le président,

O. Massin

La greffière,




M-M. Maillat



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent arrêt.



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