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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL00505

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL00505

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL00505
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantCOUPARD

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédures contentieuses antérieures :

Mme B C, divorcée D a demandé au tribunal administratif de Montpellier l'annulation de l'arrêté du 16 septembre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de " parent accompagnant d'un enfant malade ", a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée.

Par jugement n° 2200195 du 21 mars 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2023, Mme C, représentée par Me Coupard, demande à la cour :

1°) d'appeler dans la cause l'Office français de l'immigration et de l'intégration en tant que défendeur ou, à tout le moins, en tant qu'observateur ;

2°) avant dire droit d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de produire l'ensemble du dossier de son fils ;

3°) à titre préjudiciel, saisir le Conseil d'Etat d'une demande d'avis concernant la question de la production des éléments sur lesquels se base l'administration pour déterminer si le défaut du traitement peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

4°) d'annuler le jugement du 21 mars 2022 ;

5°) d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2021 du préfet de l'Hérault ;

6°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité de " parent accompagnant d'un enfant malade " et, à défaut, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 janvier 1991.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- en l'absence de preuve de validation concomitante des avis des médecins du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration il n'est pas établi que le refus de titre de séjour a été rendu à l'issue d'une procédure régulière ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est placée en position de compétence liée et n'a pas examiné attentivement sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'état de santé de son fils, lequel ne peut bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée en Géorgie ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et du refus d'admission au séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence pour son fils d'un accès effectif à un traitement et méconnaît l'intérêt supérieur de ce dernier garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 21 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été reportée et fixée en dernier lieu au 1er décembre 2023.

Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnel du 8 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Chabert, président.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante albanaise, née en 1988, est entrée régulièrement en France, le 16 avril 2019, accompagnée de ses trois enfants et munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Elle a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le 16 juin 2019, décision confirmée, le 25 octobre 2019, par la Cour nationale du droit d'asile. Le 2 septembre 2019, le préfet de l'Hérault a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours assortie d'une interdiction de retour d'une durée de quatre mois à laquelle elle n'a pas déféré. Le 9 juin 2021, invoquant l'état de santé de l'un de ses fils, elle a sollicité un titre de séjour portant la mention " parent accompagnant d'un enfant malade ". Par un arrêté du 16 septembre 2021, le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer ce titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par la présente requête, Mme C relève appel du jugement du 21 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

Sur le bien-fondé du jugement :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, Mme C reprend en appel, sans apporter d'éléments de fait ou de droit nouveaux par rapport à l'argumentation développée en première instance et sans critiquer utilement les réponses qui lui ont été apportées par le tribunal, le moyen tiré de ce que la décision contestée lui refusant le séjour serait insuffisamment motivée. Dès lors, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinents retenus au point 4 du jugement par les premiers juges.

3. En deuxième lieu, l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a versé l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er septembre 2021 dont il ressort de l'examen que le collège des médecins de l'office a bien été destinataire du rapport médical le 25 août 2021, lequel a été établi par un médecin qui n'a pas participé au collège. En outre, alors que la mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire, cet avis indique qu'il est intervenu après un délibéré et a été signé par les trois médecins composant le collège. Par ailleurs, en se bornant à invoquer les dispositions des articles R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016, l'appelante n'assortit son moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'aucune précision suffisante. Par suite, l'appelante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault, qui précise, aux termes de la décision attaquée avoir pris cette dernière au vu de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration mais également des éléments du dossier, se serait estimé lié par cet avis pour statuer sur la demande de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée pour cette raison la décision portant refus de séjour ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. () Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ". Selon l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".

7. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif saisi de l'affaire, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et de la possibilité d'y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et la possibilité d'en bénéficier effectivement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour rejeter la demande d'autorisation provisoire de séjour présentée par Mme C en qualité de " parent accompagnant d'un enfant malade ", le préfet de l'Hérault, s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 1er septembre 2021 selon lequel l'état de santé du jeune A, fils de Mme C, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et lui permet de voyager sans risque vers ce pays.

9. La requérante reprend en appel, sans aucun élément nouveau, le moyen invoqué en première instance tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions combinées de l'article L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à bon droit, par les premiers juges au point 10 du jugement en litige.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ".

11. La requérante reprend en appel, sans aucun élément nouveau, le moyen invoqué en première instance tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus, à bon droit, par les premiers juges au point 12 du jugement en litige.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Ces stipulations imposent à l'autorité administrative, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, d'accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Alors que l'arrêté en litige n'a ni pour objet, ni même pour effet de séparer l'enfant de sa mère et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier de l'avis susmentionné du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er septembre 2021, que la présence en France de son fils présenterait un caractère indispensable sur le plan médical, sa situation impliquant un suivi en psychomotricité, il n'est pas établi que l'enfant de la requérante éprouverait des difficultés d'adaptation particulières en cas de retour en Albanie en compagnie de sa mère. Par suite, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir qu'eu égard à l'intérêt supérieur de ses enfants, le refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que l'illégalité de la décision portant refus de séjour n'est pas établie. Par suite, l'appelante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire serait privée de base légale.

15. Aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

16. Il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 1er septembre 2021 selon lequel l'état de santé du jeune A, fils de Mme C, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et lui permet de voyager sans risque vers ce pays, et en l'absence d'éléments justificatifs et spécifiques à ladite mesure versés par l'appelante, que l'état de santé du fils de Mme C ferait obstacle à l'édiction de la mesure en litige. Par suite, le préfet de l'Hérault n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre de la requérante une obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

17. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire n'est pas établie. Par suite, l'appelante n'est pas fondée à soutenir que les décisions fixant le pays de renvoi seraient privées de base légale.

18. L'appelante ne démontre pas que son fils ne pourrait pas bénéficier d'un accès effectif à un traitement en Albanie. Par suite, l'appelante n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour ce motif et méconnaîtrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de communiquer la copie de l'intégralité du dossier médical sur lequel s'est fondé le collège de médecins de l'office pour rendre son avis, et sans qu'il soit besoin de demander un avis au Conseil d'Etat, que Mme C n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en litige. Les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées par voie de conséquence.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B C, divorcée D, à Me Coupard et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Délibéré après l'audience du septembre 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Chabert, président,

M. Jazeron, premier conseiller,

Mme Lasserre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

D. Chabert

L'assesseur le plus ancien,

F. Jazeron

La greffière,

N. Baali

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 23TL00505

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