mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL00608 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CETINKAYA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A C a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour en France d'une durée d'un an.
Par un jugement n° 2300140 du 8 février 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 10 mars 2023, M. A C, représenté par Me Cetinkaya, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de Vaucluse du 16 décembre 2022 ;
3°) à titre principal, d'ordonner à la préfète de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ou, à titre subsidiaire, d'ordonner le réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- en méconnaissance de l'article R. 741-2 du code de justice administrative, le jugement ne vise pas et ne répond pas aux moyens relatifs à l'interdiction de retour sur le territoire français ;
- le premier juge a omis de statuer sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle commise par la préfète de Vaucluse soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
Sur la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle n'est pas suffisamment motivée et la préfète n'a pas tenu compte de sa situation personnelle ;
- la mesure d'éloignement ne pouvait être fondée sur son placement en garde à vue alors qu'il bénéficie de la présomption d'innocence ;
- une infraction routière ne révèle pas une menace pour l'ordre public ;
- il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors que sa situation ne relève pas des conditions prévues par le 3° de l'article L. 612-2 et par l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les conditions de notification de la mesure d'éloignement ne respectent pas les dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 613-6 du même code ;
- les conséquences de cette décision sont d'une gravité exceptionnelle sur sa situation personnelle et la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il n'est pas séparé de son épouse avec laquelle il s'est réconcilié après une dispute ;
- son dossier de demande de titre de séjour déposé auprès des services de la préfecture du Haut-Rhin n'a pas été transmis aux services de la préfecture de Vaucluse ;
- aucun retard dans le dépôt de sa demande ne peut lui être reproché alors que la crise sanitaire a perturbé l'instruction de son dossier ;
- son placement en garde à vue a abouti à une médiation pénale ;
- il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de conjoint de français et l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- il craint pour sa sécurité en cas de retour au Maroc et risque d'être exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté en litige ne fait pas mention du pays vers lequel il peut être, le cas échéant, reconduit d'office ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il justifie de circonstances humanitaires qui devaient conduire la préfète à ne pas prononcer une interdiction de retour sur le territoire français ;
- cette décision ne tient pas compte des liens qu'il a tissés en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Par un arrêté du 16 décembre 2022, la préfète de Vaucluse a obligé M. A C, de nationalité marocaine, né le 1er avril 1986, à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A C fait appel du jugement du 8 février 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nîmes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision () contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoires ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application. () ".
4. D'une part, l'appelant se borne à soutenir dans sa requête d'appel que le jugement a " omis de viser le moyen relatif à l'interdiction du territoire français et () n'a pas répondu à ces moyens ". En l'absence de toute précision complémentaire permettant d'identifier le ou les moyens qui n'auraient pas été visés ni analysés par le premier juge, ce moyen de régularité ne peut qu'être écarté. D'autre part, il ressort des pièces de première instance que, dans ses écritures concernant la critique de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A C a indiqué que " des circonstances humanitaires justifient en l'espèce que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour [à son égard] ". Le requérant ne peut être regardé comme ayant soulevé un moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la préfète de Vaucluse au regard de sa situation personnelle en prononçant une telle interdiction. Par suite, le jugement attaqué, qui ne vise ni ne répond à un tel moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qui n'était pas soulevé dans la demande, n'est pas entaché d'irrégularité.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, l'appelant reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni de critique utile du jugement, le moyen tiré du vice d'incompétence dont serait entachée la mesure d'éloignement prononcée à son encontre par la préfète de Vaucluse. Il y a lieu, par suite, d'écarter ce moyen par adoption des motifs exposés au point 3 du jugement attaqué.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
7. Pour obliger M. A C à quitter le territoire français, la préfète de Vaucluse a visé les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La représentante de l'Etat a mentionné les circonstances de fait propres à la situation personnelle, familiale et administrative de l'intéressé, notamment l'absence de titre de séjour en cours de validité ainsi que son placement en garde à vue le 15 décembre 2022. La mesure d'éloignement est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait et cette motivation démontre que la situation de l'appelant a fait l'objet d'un examen particulier de la part de l'administration.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A C ne disposait d'aucun titre de séjour en cours de validité à la date de l'arrêté en litige. Si l'intéressé soutient que sa demande d'admission au séjour enregistrée auprès des services de la préfecture du Haut-Rhin n'a pas été transmise aux services de la préfecture de Vaucluse après son emménagement à Carpentras, il ressort également des pièces du dossier, en particulier d'un échange de courriers électroniques entre l'épouse de l'appelant et les services de la préfecture du Haut-Rhin des 4 et 8 avril 2022, que la demande de renouvellement du titre de séjour de l'intéressé a été classée pour incomplétude avec une invitation à renvoyer un dossier complet. Par ailleurs, le caractère tardif des démarches accomplies par M. A C ne saurait en l'espèce s'expliquer par la seule crise sanitaire. Dans ces conditions, à défaut d'être titulaire d'un titre de séjour et de justifier avoir demandé le renouvellement du dernier titre qui lui a été été délivré, M. A C se trouvait dans le cas prévu par les dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans lequel l'administration peut prononcer une obligation de quitter le territoire français. Par suite, la circonstance selon laquelle sa seule garde à vue et sa condamnation pour une infraction routière ne pourraient être regardées comme constituant une menace pour l'ordre public est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement dès lors qu'il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision sur le seul fondement du 2° de l'article L. 611-1.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ".
11. M. A C, marié à une ressortissante française le 11 mai 2016, soutient qu'il remplissait les conditions pour obtenir la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en application de l'article L. 423-1 précité. Toutefois, il ressort des motifs de l'arrêté en litige que l'intéressé a déclaré être séparé de son épouse, Mme D née le 11 mai 1977, et aucun élément n'est versé au dossier permettant d'établir une communauté de vie du coupe à la date de l'arrêté en litige pris le 16 décembre 2022, le lendemain du placement en garde à vue de l'intéressé pour des fait de violation de domicile, dégradations de biens privés et menaces de mort réitérées. La circonstance qu'il se soit ensuite réconcilié avec son épouse après une dispute ne permet pas d'établir que la préfète de Vaucluse aurait commis une erreur de droit en prenant à son encontre la mesure d'éloignement en litige. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par la représentante de l'Etat ne peut qu'être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ; () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A C s'est marié au Maroc avec une ressortissante française le 11 mai 2016 et a bénéficié d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable du 18 octobre 2019 au 17 avril 2020. Ainsi qu'il a été exposé au point 9 de la présente ordonnance, l'intéressé ne justifie pas avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour à la date de l'arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français. S'il produit également un relevé de prestations de la caisse d'allocations familiales de Vaucluse pour la période de septembre 2021 à novembre 2022 au nom du couple, il ressort également des pièces du dossier que la mesure d'éloignement en litige a été prise après son placement en garde à vue pour des faits de violation de domicile, dégradations de biens privés et menaces de mort réitérées. Alors qu'aucun enfant n'est né de l'union de l'intéressé, M. A C se borne à produire ce relevé de prestations sociales, un rapport de contrôle technique d'un véhicule ainsi qu'un certificat de cession du même véhicule et une attestation d'assurance. Au regard de ces éléments et des conditions du séjour en France de l'intéressé, la mesure d'éloignement ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés au point précédent, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. A C aurait, sur sa situation personnelle et familiale, des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est informé, par cette notification écrite, des conditions, prévues aux articles L. 722-3 et L. 722-7, dans lesquelles cette décision peut être exécutée d'office. Lorsque le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, l'étranger est mis en mesure, dans les meilleurs délais, d'avertir un conseil, son consulat ou une personne de son choix. ".
16. Les conditions dans lesquelles la préfète de Vaucluse a notifié à M. A C la mesure lui faisant obligation de quitter le territoire français sont postérieures à la date à laquelle a été prise cette mesure et, par suite, sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
17. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () ".
18. M. A C a bénéficié d'un titre de séjour qui expirait le 17 avril 2020 et n'a pas justifié avoir sollicité le renouvellement de ce titre de séjour à la date du 16 décembre 2022 lorsque la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français à la suite de son placement en garde à vue. Dans ces conditions, en refusant d'accorder un délai de départ volontaire à l'intéressé, la représentante de l'Etat n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
19. En premier lieu, l'arrêté en litige, après avoir indiqué la nationalité marocaine de
M. A C, précise que l'intéressé pourra être reconduit d'office à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre Etat vers lequel il serait légalement admissible. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté ne préciserait pas le pays de destination ne peut qu'être écarté.
20. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
21. M. A C soutient qu'il serait exposé personnellement et directement à des risques en cas de retour dans son pays d'origine compte tenu de son choix de n'adhérer à aucune religion et précise qu'il a subi des violences physiques de la part de son père pour cette raison. Toutefois, il n'apporte aucune précision ni aucune justification complémentaire permettant d'établir que son retour au Maroc l'exposerait à des traitements contraires à l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la violation de ces stipulations ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
23. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. A C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. En se bornant à indiquer que ces circonstances humanitaires commandaient de ne pas prononcer une interdiction de retour sur le territoire français, le requérant n'apporte aucune précision ni aucune justification à l'appui de cette allégation et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la préfète de Vaucluse n'aurait pas pris en compte sa situation personnelle et familiale en France avant de prononcer une telle interdiction.
24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A C est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de Vaucluse.
Fait à Toulouse, le 18 juillet 2023.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026