mercredi 6 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL00635 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2201903 du 25 novembre 2022, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mars 2023 et 13 juillet 2023, M. A, représenté par Me Sadek, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou la mention " salarié " sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement a été rendu après dispense de conclusions du rapporteur public et il apparaît qu'une telle dispense est systématique en matière de droit des étrangers ; le prononcé de conclusions serait toutefois utile dans cette matière hautement sensible ;
Sur l'ensemble des décisions :
- le signataire de l'arrêté était incompétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation ;
Sur la décision portant refus de séjour :
- en raison de la durée et des conditions de son séjour en France, cette décision a été prise en violation des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour au motif qu'il pouvait bénéficier de la procédure de regroupement familial, le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ; en raison de ses faibles revenus, son épouse ne remplissait pas les conditions pour se prévaloir de la procédure du regroupement familial ;
- il n'a pas été tenu compte de l'intérêt supérieur des enfants mineurs de son épouse en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; en refusant de lui accorder des droits en qualité de beau-père alors qu'il participe à l'entretien et à l'éducation des enfants de son épouse, le préfet commet une discrimination en violation de la combinaison de l'articles 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales avec les articles 8 de la même convention et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le refus de séjour fondé sur l'absence de détention d'un visa long séjour méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le préfet a refusé de transmettre sa promesse d'embauche aux services du ministère de l'emploi pour l'empêcher de régulariser sa situation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en refusant d'appliquer les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain et les dispositions de l'article R. 5221-17 du code du travail ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est privée de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
-la mesure d'éloignement porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. C A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55 %) par une décision du 5 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C A, de nationalité marocaine né le 7 mars 1988, a sollicité le 10 août 2021 son admission au séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain et sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 février 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A relève appel du jugement du 25 novembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 732-1 du code de justice administrative : " Dans des matières énumérées par décret en Conseil d'État, le président de la formation de jugement peut dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, d'exposer à l'audience ses conclusions sur une requête, eu égard à la nature des questions à juger ". Aux termes de l'article R. 732-1-1 du même code : " Sans préjudice de l'application des dispositions spécifiques à certains contentieux prévoyant que l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public, le président de la formation de jugement ou le magistrat statuant seul peut dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience sur tout litige relevant des contentieux suivants : / () 4° Entrée, séjour et éloignement des étrangers, à l'exception des expulsions ; () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le président de la formation de jugement peut, après examen du dossier par le rapporteur public, le dispenser, sur sa proposition, de prononcer à l'audience des conclusions sur une requête entrant dans le champ d'application de l'article R. 732-1-1. S'il appartient au juge d'appel et, le cas échéant, au juge de cassation, saisi d'un recours dirigé contre un jugement rendu dans ces conditions, de vérifier que le litige relevait de l'un des contentieux mentionnés à l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, il ne peut en revanche être utilement soutenu en appel ni en cassation que les particularités de la requête ne permettaient pas de dispenser le rapporteur public de prononcer des conclusions. Par suite, le moyen soulevé par M. A tiré du caractère systématique de la dispense de conclusions du rapporteur public alors que le prononcé de conclusions serait utile en matière de droit des étrangers ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour :
5. En premier lieu, l'appelant reprend en appel, sans apporter d'élément nouveau ni de critique utile du jugement, le moyen tiré du vice d'incompétence dont serait entaché l'arrêté prononcé à son encontre par le préfet de la Haute-Garonne. Il y a lieu, par suite, d'écarter ce moyen par adoption des motifs exposés au point 2 du jugement en litige.
6. En deuxième lieu, l'arrêté vise les textes dont il a été fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a mentionné les éléments de fait propres à la situation administrative en France de M. A, notamment la circonstance qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement non exécutée le 8 février 2021, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français annulée par le tribunal administratif de Toulouse dans un jugement du 24 mars 2021. L'autorité préfectorale a également fait état des éléments de fait propres à la situation personnelle et familiale de l'appelant, en particulier la présence régulière sur le territoire français de son épouse de nationalité marocaine, et la circonstance qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée en qualité d'ouvrier forestier. Si l'intéressé soutient que l'arrêté ne répond pas à sa demande de séjour au titre du travail, il ressort pourtant des termes de la décision que le préfet s'est expressément prononcé sur ce point, tant au regard des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain que des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de faire état de l'ensemble des éléments de la situation personnelle dont se serait prévalu M. A, notamment la circonstance qu'il vit avec les deux enfants de son épouse issus d'une précédente relation. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige et du défaut d'examen particulier de la situation de l'appelant doivent être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention " salarié " éventuellement assorties de restrictions géographiques ou professionnelles. () ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la situation des ressortissants marocains souhaitant bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " salarié " est subordonnée à la production par le demandeur d'un visa long séjour.
8. M. A, qui a déclaré être entré en France le 18 juillet 2018 sous couvert d'un visa court séjour délivré par les autorités espagnoles valable du 12 juillet au 25 août 2018, soutient que le préfet aurait refusé de faire instruire sa demande par les services relevant du ministère du travail pour l'empêcher de régulariser sa situation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté en litige, l'appelant ne disposait pas du visa long séjour exigé par la législation en vigueur. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne était fondé à refuser la délivrance du titre de séjour pour ce seul motif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain doit donc être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A est marié depuis le 14 décembre 2019 à Mme B, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2025. Dès lors, il résulte des dispositions susvisées que le préfet pouvait légalement fonder le rejet d'une demande de carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le motif tiré de ce qu'il entrait dans les catégories d'étrangers susceptibles de bénéficier du regroupement familial. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet de la Haute-Garonne doit être écarté et M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il résulte de ces dispositions qu'un étranger éligible au regroupement familial peut se prévaloir de l'atteinte disproportionnée que le refus de titre de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention précitée.
12. M. A fait état de l'ancienneté de son séjour sur le territoire national depuis 2018, de sa vie commune avec Mme B, et de sa contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants de son épouse nés d'une précédente union les 7 septembre 2006 et 5 février 2008. Si l'intéressé produit notamment des factures pour des achats réalisés dans des magasins d'ameublement et d'électroménager, dont deux sont postérieures à la date de l'arrêté en litige, et deux témoignages des enfants de Mme B pour établir la réalité de ses allégations, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir l'ancienneté et l'intensité des relations qu'il entretiendrait avec les enfants de son épouse. En tout état de cause, eu égard à l'âge des enfants de son épouse à la date de l'arrêté en litige, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'il existerait des obstacles réels et sérieux à une séparation momentanée le temps qu'une procédure de regroupement familial puisse aboutir. Par ailleurs, si le requérant se prévaut de la naissance de sa fille le 11 juillet 2023, cette circonstance est toutefois postérieure à la décision en litige et, dès lors, sans incidence sur sa légalité. En outre, M. A fait état de son intégration en France en produisant une attestation de participation à des ateliers linguistiques en 2019, deux attestations de participation à des activités de bénévolat dans le quartier de Bellefontaine en 2019, une promesse d'embauche du 10 mai 2021 pour un poste d'ouvrier forestier, et une promesse d'embauche du 26 décembre 2022 pour un poste de découpeur de bois laquelle est cependant postérieure à la date de l'arrêté en litige. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a vécu la majorité de sa vie dans son pays d'origine où il n'est pas dépourvu d'attaches familiales, qu'il s'est maintenu en situation irrégulière en France depuis 2018 et qu'il ne s'est pas conformé à une précédente mesure d'éloignement du 8 février 2021. Dans ces conditions, la durée et les conditions de son séjour sur le territoire français ne permettent pas de faire regarder le refus opposé à sa demande de séjour comme portant à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, l'arrêté en litige n'a pas été pris en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
14. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
15. D'une part, les éléments relatifs à sa situation en France dont fait état M. A, tels que rappelés au point 12 de la présente ordonnance, ne permettent pas d'établir que cette situation relèverait des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale et le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, si l'appelant se prévaut également de ses promesses d'embauche et de tensions sur le marché du travail dans le secteur de la sylviculture, ces éléments ne suffisent pas à établir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
16. En septième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
17. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté en litige, le couple formé par M. A et son épouse n'avait pas d'enfant et l'appelant n'établit pas, ainsi qu'il a été exposé au point 12 de la présente ordonnance, l'ancienneté et l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec les enfants de son épouse issus d'une précédente union. Si un acte de naissance est produit en cause d'appel concernant un enfant du couple né le 11 juillet 2023, cette circonstance est postérieure à l'arrêté en litige et sans incidence sur sa légalité. Par suite, en refusant l'admission au séjour de M. A, le préfet ne peut être regardé comme ayant méconnu l'intérêt supérieur des enfants de son épouse.
18. En dernier lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales combiné aux dispositions de l'article 8 de la même convention et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. En l'absence de critique utile ou d'élément nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal administratif, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges au point 10 du jugement attaqué.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
19. En premier lieu, l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour n'étant pas établie ainsi qu'il vient d'être exposé ci-dessus, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait, par voie de conséquence, privée de base légale ne peut qu'être écarté.
20. En second lieu, compte tenu des circonstances énoncée aux points 10 et 12 de la présente ordonnance, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par M. A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut dès lors qu'être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Sadek et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 6 septembre 2023.
Le président de la 4ème chambre,
D. Chabert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026