LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL00694

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL00694

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL00694
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBADJI OUALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C A a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, d'ordonner au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire avec la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de carte de séjour avec la mention " étudiant " dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en contrepartie de son désistement de l'aide juridictionnelle.

Par un jugement n°2200412 du 21 avril 2022, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 22 mars 2023, M. A, représenté par Me A Ouali, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 21 avril 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2021 du préfet de l'Hérault portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Hérault à lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de justice administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Hérault à réexaminer sa demande de titre de séjour temporaire portant mention " étudiant " sur le fondement de l'article L. 422-1 du même code dans un délai de quinze jours à compter de la notification du " jugement " à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en contrepartie de son désistement de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité du jugement :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation relative à la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant le séjour et portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation relative à la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une décision du président de section du bureau d'aide juridictionnelle près la cour administrative d'appel de Toulouse en date du 17 février 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le du code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant sénégalais né le 24 janvier 1999 à Bignona (Sénégal), a sollicité le 11 septembre 2021 le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " auprès des services de la préfecture de l'Hérault. Par un arrêté en date du 22 octobre 2021, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. A relève appel du jugement n°2200412 du 21 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Montpellier a notamment rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".

4. Il résulte des motifs mêmes du jugement attaqué que le tribunal administratif de Montpellier a expressément répondu à l'ensemble des moyens exposés en première instance, tant par des considérations de droit que de fait. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le jugement attaqué serait entaché d'irrégularité.

5. Si M. A soutient que le jugement est entaché d'irrégularité en ce qu'il méconnait l'article 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de tels moyens relèvent du bien-fondé du jugement et ne sont pas susceptibles d'affecter sa régularité.

Sur la décision refusant le séjour et portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté mentionne les textes sur lesquels il se fonde ainsi que les considérations de droit et de fait au sens des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort notamment de la motivation de l'arrêté contesté que le préfet de l'Hérault a procédé à un examen particulier de la situation de M. A au regard de son parcours universitaire en France avant de statuer sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. (..) ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. A cet égard, le caractère réel et sérieux des études est subordonné à une progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est tout d'abord inscrit, au titre de l'année 2017-2018 en première année de brevet de technicien supérieur assistant technique d'ingénieur au Lycée Carnot pour laquelle il a été admis. Ensuite, M. A s'est inscrit pour l'année 2018-2019 en deuxième année de licence physique fondamentale à l'université de Montpellier à laquelle il a été ajourné. Au titre de l'année 2019-2020, M. A s'est inscrit une seconde fois en deuxième année de licence, pour laquelle il a, cette fois-ci, été admis. Enfin, au titre de l'année 2020-2021, M. A s'est inscrit en troisième année de licence avant de décider d'interrompre ses études de physique et de se réorienter pour l'année 2021-2022 en première année de licence arts du spectacle cinéma et audiovisuel au sein de la même université. Si le requérant justifie avoir validé le premier semestre de cette nouvelle licence, cette seule circonstance ne justifie d'aucune progression réelle dans ses études et nonobstant la lettre de soutien d'un enseignant-chercheur dans son souhait de réorientation qu'il produit, ne permet pas d'établir le caractère sérieux des études poursuivies par l'intéressé, qui s'est réorienté après quatre années d'études supérieures en France en validant seulement une deuxième année de licence de physique fondamentale avant de se réorienter pour sa cinquième année d'études supérieures en première année de licence arts du spectacle cinéma et de l'audiovisuel sans aucun lien avec son cursus antérieur. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault, en refusant de renouveler le titre de séjour mention " étudiant " qui avait été délivré à M. A, aurait entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A se prévaut de sa présence en France depuis 2017 soit une durée de séjour sur le territoire de près de quatre années à la date d'expiration de son dernier titre de séjour et de son parcours étudiant. Toutefois, les titres de séjour portant la mention " étudiant " qui lui ont été délivrés ne lui donnaient pas vocation à s'établir de manière pérenne sur le territoire français. Enfin, si le requérant se prévaut d'avoir établi l'ensemble de ces intérêts privés sur le sol français notamment par la location d'un appartement, l'intéressé est célibataire et sans enfant. En outre, il ne démontre pas qu'il serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a passé la majeure partie de sa vie, soit jusqu'à l'âge de ses 18 ans, ni ne justifie d'une particulière intégration sur le territoire français et y avoir tissé des liens particuliers. Par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit donc être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A qui est manifestement dépourvue de fondement doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et à Me A Ouali.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 11 octobre 2023.

La présidente de la 2ème chambre,

A. Geslan-Demaret

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°23TL00694

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

← Retour aux décisions

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026