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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL00708

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL00708

jeudi 14 septembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL00708
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantARMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour dans les quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, subsidiairement lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Par une ordonnance n° 2200691 du 24 novembre 2022, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Nîmes a dit n'y avoir lieu à statuer sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A et a condamné l'Etat à verser une somme de 900 euros à son conseil, au titre des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 24 mars 2023, M. A, représenté par Me Armand, demande à la cour :

1°) d'annuler cette ordonnance du 24 novembre 2022 ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 6 mai 2021 du silence gardé par la préfète du Gard sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " ;

3°) d'annuler la décision du 15 septembre 2022 de la préfète du Gard l'informant de la délivrance prochaine d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Gard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions de l'article L.911-1 du code de justice administrative et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, de corriger la base de données AGDREF ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- c'est à tort que l'ordonnance a prononcé un non-lieu sur sa demande alors que le titre de séjour dont la délivrance est annoncée par la décision de la préfète du Gard du 15 septembre 2022 est un titre " travailleur temporaire ", en lieu et place du titre " vie privée et familiale " demandé le 6 janvier 2021 en qualité de mineur non accompagné placé à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans ;

- la décision du 15 septembre 2022 est prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle porte atteinte au principe du contradictoire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une violation de la loi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, la préfète du Gard conclut à l'irrecevabilité de la requête, à ce qu'un non-lieu à statuer soit prononcé sur les conclusions en annulation présentées par M. A et à la suppression des propos injurieux, outrageants et diffamatoires contenus dans sa requête sur le fondement de l'article L.741-2 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'en date du 27 décembre 2022, les services de la préfecture du Gard ont remis à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 21 septembre 2022 au 20 septembre 2023.

Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juin 2023 à midi.

Par une décision du 25 janvier 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Armelle Geslan-Demaret, présidente rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien né le 30 novembre 2002 à Diaye Tougouné (Mali) a déclaré être entré en France de manière irrégulière le 26 octobre 2018, à l'âge de 16 ans. Par un jugement du 22 novembre 2018, le juge des enfants près le tribunal judicaire de Nîmes l'a confié à l'Aide sociale à l'enfance du Gard en qualité de mineur non accompagné, jusqu'au 30 novembre 2020, date de sa majorité. Le 23 novembre 2020, il a demandé son admission au séjour sur le fondement de l'article L.313-11 alinéa 2 bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, au titre de la vie privée et familiale. Par un courrier du 18 décembre 2021, M. A a demandé à la préfète du Gard la communication des motifs de la décision implicite de rejet opposée à sa demande titre de séjour portant mention " vie privée et familiale ". Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, M. A a demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler la décision implicite de la préfète rejetant sa demande de titre de séjour. Par un courrier du 15 septembre 2022, la préfète du Gard a informé le requérant de son intention de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire ". M. A relève appel de l'ordonnance n°2200691 du 24 novembre 2022 du tribunal administratif de Nîmes en ce qu'elle a prononcé un non-lieu sur sa demande.

2. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai de recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa demande de première instance, la préfète du Gard a, par une décision du 21 septembre 2022 que M. A n'a pas contestée, retiré sa décision du 15 septembre 2022 l'informant, à tort, de la délivrance prochaine d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " et lui a délivré un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler du 21 septembre 2022 au 20 septembre 2023, qui a été effectivement remis à l'intéressé en préfecture le 27 décembre 2022.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par l'ordonnance attaquée, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Nîmes a prononcé un non-lieu à statuer. Par suite, sa requête d'appel, enregistrée le 24 mars 2023, était dépourvue d'objet dès son introduction et doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction sous astreinte et à fin d'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

5. Les termes du mémoire présenté par M. A n'excèdent pas le droit à la libre discussion et ne présentent pas un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. Les conclusions de la préfète du Gard tendant à leur suppression doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la préfète du Gard tendant à l'application de l'article L.741-2 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise à la préfète du Gard.

Délibéré après l'audience du 31 août 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Geslan-Demaret, présidente de chambre,

Mme Blin, présidente assesseure,

M. Teulière, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.

La présidente rapporteure,

A. Geslan-Demaret La présidente assesseure,

A. Blin

La greffière,

M-M. Maillat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

N°23TL00708

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04/05/2026

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