jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL01003 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiées MIPNET a demandé au tribunal administratif de Montpellier de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015.
Par un jugement n° 2026100, 2026334 du 3 avril 2023, le tribunal administratif de Montpellier a prononcé la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Montpellier du 3 avril 2023 en tant qu'il a prononcé la décharge du supplément d'imposition résultant de la remise en cause du montant de l'exonération prévue pour les entreprises situées dans une zone franche urbaine ;
2°) de rejeter la demande présentée par la société MIPNET devant le tribunal administratif de Montpellier en tant qu'elle porte sur ce rehaussement ;
3°) de rétablir la société MIPNET au supplément d'impôt sur les sociétés qui lui a été réclamé au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015 pour un montant de 13 835 euros.
Il soutient que le tribunal ne pouvait prononcer la décharge intégrale du supplément en litige, y compris pour sa fraction résultant du rehaussement résultant de la remise en cause du montant de l'exonération prévue pour les entreprises situées dans une zone franche urbaine, alors que l'argumentation conduite devant lui ne portait que sur le rehaussement lié à la valorisation des parts de la société.
La requête a été communiquée à la société MIPNET, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Par ordonnance du 12 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fougères,
- et les conclusions de Mme Restino, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société MIPNET, qui exerce une activité de prestations de conseil et formation en stratégie, acquisition et gestion de portefeuille de valeurs mobilières et de participations à Cruscades (Aude), a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service lui a notifié, selon la procédure de rectification contradictoire, son intention de mettre à sa charge un supplément d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015. Par un jugement du 3 avril 2023, le tribunal administratif de Montpellier a déchargé la société MIPNET de l'intégralité de ce supplément. Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique relève appel de ce jugement en tant que le tribunal administratif de Montpellier a prononcé la décharge de la fraction de ce supplément d'imposition résultant de la remise en cause du montant d'exonération auquel la société MIPNET avait droit du fait de sa localisation en zone franche urbaine.
2. Il résulte de l'instruction que le supplément d'impôt sur les sociétés mis à la charge de la société MIPNET au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015 résultait de deux rehaussements, le premier, d'un montant de 362 000 euros en base, portant sur la valorisation des parts de cette société relative à l'opération de cession des titres du 1er août 2014, et le second, d'un montant de 57 960 euros en base, résultant de la réduction du montant de l'exonération à laquelle la société pouvait prétendre à raison de sa localisation en zone franche urbaine. Si la société MIPNET sollicitait devant les premiers juges la décharge intégrale du supplément d'impôt sur les sociétés mis à sa charge, elle ne formulait aucun moyen à l'encontre du second rehaussement et devait, dès lors, être regardée comme sollicitant exclusivement la réduction du supplément d'impôt sur les sociétés mis à sa charge au titre du premier rehaussement. Le tribunal administratif de Montpellier ne pouvait, dès lors, prononcer la décharge intégrale du supplément d'impôt sur les sociétés en litige sans entacher son jugement d'irrégularité. En conséquence, il y a lieu d'annuler le jugement en tant qu'il statue au-delà de ces conclusions.
3. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montpellier a prononcé la décharge de la fraction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés résultant de la remise en cause du montant d'exonération auquel la société MIPNET avait droit du fait de sa localisation en zone franche urbaine. Il y a lieu de rétablir la société MIPNET au rôle de l'impôt sur les sociétés, à hauteur de 13 835 euros au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement du 3 avril 2023 du tribunal administratif de Montpellier est annulé en tant qu'il a prononcé la décharge de la fraction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés résultant de la remise en cause du montant d'exonération auquel la société MIPNET avait droit du fait de sa localisation en zone franche urbaine.
Article 2 : La cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle la société MIPNET a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015 est remise à sa charge à hauteur de 13 835 euros.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la société par actions simplifiées MIPNET.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Occitanie.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Rey-Bèthbéder, président,
M. Lafon, président-assesseur,
Mme Fougères, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
A. Fougères
Le président,
É. Rey-Bèthbéder
Le greffier,
F. Kinach
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
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04/05/2026