jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL01041 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse, premièrement, d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'abroger l'arrêté du 20 mai 2020 par lequel cette autorité lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il serait reconduit d'office ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux à l'encontre de ce même arrêté, et deuxièmement, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2102873 du 9 mars 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2023 sous le n° 23TL01041 et un mémoire enregistré le 4 novembre 2023, M. A, représenté par Me Chambaret, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement rendu par le tribunal administratif de Toulouse le 9 mars 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'abroger l'arrêté du 20 mai 2020 par lequel cette autorité lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il serait reconduit d'office ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas procédé à un examen global de sa demande d'abrogation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'absence de changements de circonstances de faits ou de droit est sans incidence sur l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et, par voie de conséquence, du refus de l'abroger.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / Les présidents des cours administratives d'appel, () peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant tunisien né le 1er octobre 1994, déclare être entré en France le 9 mars 2019. Sa demande d'asile a été rejetée le 16 septembre 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 20 février 2020. Par décision du 19 mars 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté, d'une part, le recours gracieux formé par M. A le 8 décembre 2020 à l'encontre de l'arrêté du 20 mai 2020 portant obligation de quitter le territoire en fixant le délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il serait reconduit d'office, et, d'autre part, sa demande d'abrogation de ce même arrêté. Par un jugement du 9 mars 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant notamment à l'annulation de ces décisions. M. A en relève appel en tant qu'il a rejeté sa demande d'annulation du rejet d'abrogation de l'arrêté préfectoral.
En ce qui concerne la décision portant refus d'abrogation de l'arrêté du 20 mai 2020 :
3. La décision du préfet de la Haute-Garonne, après avoir rappelé le contenu de la demande d'abrogation présentée par le requérant en faisant état de ses deux courriers des 8 et 24 décembre 2020 et les arguments tenant à ses attaches familiales, vise les articles du code des relations entre le public et l'administration et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application. Par ailleurs, le préfet de la Haute-Garonne a précisé les éléments de fait propres à la situation personnelle et administrative de M. A, notamment l'absence de démonstration de sa participation de manière effective à l'entretien de son enfant de nationalité française et l'absence d'ancienneté et de stabilité de la vie commune invoquée avec une personne de nationalité française. Par conséquent, même si elle ne vise pas expressément le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne reprend pas tous les arguments du requérant, notamment le jugement du juge aux affaires familiales du 31 août 2020 produit avec son courrier du 24 décembre 2020, la décision est suffisamment motivée.
4. Cette motivation révèle, contrairement à ce qui est soutenu, que l'administration a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant y compris s'agissant du droit au séjour en qualité de parent d'enfant français dès lors qu'elle a estimé que la condition posée par le 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas remplie. L'administration a également procédé comme elle le devait à l'examen de la situation du requérant au regard des éléments de vie familiale qu'il invoquait et à ses éventuels droits à un titre de séjour sur ces divers fondements et a pu sans commettre d'erreur de droit rappeler les conditions posées par l'article L. 243-2 du code des relatons entre le public et l'administration. Par conséquent, le préfet n'a pas entaché sa décision de l'erreur de droit invoquée à cet égard.
5. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre une décision défavorable, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. Si le requérant avait dans son courrier de demande d'abrogation émis le souhait de présenter des observations orales, il ne fait pas état d'autres éléments d'informations que ceux qu'il avait donnés à l'administration dans ce courrier ainsi que dans celui envoyé en complément et visé dans la décision attaquée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les arguments présentés de manière orale auraient pu influer le sens de la décision prise par le préfet. Le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu tel que garanti par le principe général du droit de l'Union européenne doit, dès lors, être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. A se prévaut de la naissance de son enfant français en date du 24 septembre 2019 qu'il a reconnu le 19 décembre 2019 issu de sa relation avec une ressortissante française dont il est séparé. Si M. A verse aux pièces du dossier de première instance deux récépissés d'émission Western Union faisant état de versements de 150 euros pour le mois de septembre 2020 et de 100 euros pour le mois de décembre 2020 au profit de la mère de son enfant, ces seuls éléments ne démontrent pas que M. A contribue à l'entretien de son fils ni entretienne de liens réguliers avec lui. Par ailleurs, Si M. A verse aux pièces du dossier un jugement en date du 31 août 2020 du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Toulouse fixant l'exercice de l'autorité parentale commune aux deux parents, fixant la résidence habituelle de l'enfant chez sa mère, définissant les modalités du droit de visite et d'hébergement du requérant et fixant le montant de la pension alimentaire qu'il doit verser, M. A n'établit pas assurer l'accueil de l'enfant selon les prescriptions de cette ordonnance et par suite l'intensité et la stabilité de son implication dans les liens avec son enfant. Si M. A se prévaut de son mariage en date du 18 juin 2022, d'ailleurs postérieur à la décision attaquée, avec une ressortissante française avec laquelle il entretenait une relation depuis le mois de novembre 2019 et verse aux pièces du dossier l'acte de mariage ainsi que le livret de famille, cette relation était récente et M. A n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de leur vie commune à la date de la décision attaquée. Enfin, le requérant ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans et ne justifie d'aucune intégration particulière au sein de la société française. Dans ces conditions, la décision refusant d'abroger l'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit du requérant au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation peuvent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 23 mai 2024.
Le président,
signé
J-F. Moutte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
N°23TL01041
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026