mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| Section | Cour administrative d'appel de Toulouse |
| N° Dossier | CAA31-23TL01735 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL Sylvain LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B D a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel la préfète de l'Ariège lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le délai de départ volontaire à trente jours, et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui attribuer un titre de séjour dans le délai de trente jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-1 du Code de justice administrative et à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte.
Par un jugement n° 2300638 du 16 juin 2023, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de M. B D.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, M. B D représenté par Me Laspalles, demande à la cour :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du 16 juin 2023 du tribunal administratif de Toulouse ;
3°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Ariège de lui attribuer le titre de séjour sollicité ou un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-1 du Code de justice administrative ;
5°) à défaut, d'enjoindre au préfet de l'Ariège de réexaminer sa situation dans le délai de trente jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-1 du Code de justice administrative ;
6°) de mettre à la charge de l'État au bénéfice de son conseil, le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Il soutient que :
- la décision portant refus d'admission exceptionnelle au séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- cette décision est entachée de vice de procédure faute de procédure contradictoire menée sur le fondement des dispositions de l'article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l'administration ;
- cette décision méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne qui exige que toute personne soit entendue avant l'édiction d'une décision défavorable ;
- la préfète a commis une erreur de droit en s'abstenant d'examiner sa situation personnelle ;
- la décision de refus d'admission exceptionnelle au séjour est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères de l'article L. 435-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet, il est entré en France le 9 novembre 2018 et y a vécu régulièrement le temps de l'instruction de sa demande d'asile ; il s'est prévalu à l'appui de sa demande, de ses liens personnels et familiaux, ainsi que de ses perspectives d'insertion professionnelle ; il réside en France avec ses parents et son frère Tigran ; il a bénéficié d'une formation linguistique lors de son arrivée en France, et a été inscrit au titre de l'année 2021/2022 au centre de formation des apprentis de Foix, en restauration ; il a effectué des stages en restauration, notamment en 2021, et se trouve désormais inscrit à la Mission Locale ; il bénéficie de perspectives d'intégration en milieu professionnel et toute sa famille proche réside en France ; la cellule familiale ne peut se reconstituer en Arménie ; il dispose d'une promesse d'embauche établie le 1er avril 2022, pour un poste de commis de cuisine ; le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ; toute la famille est bien intégrée, et les enfants sont scolarisés ; il est porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales compte tenu de la présence de sa famille en France, ainsi que du fait des liens entretenus avec des personnes en dehors de sa famille ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et n'a pas respecté de procédure contradictoire ; cette décision méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne qui exige que toute personne soit entendue avant l'édiction d'une décision défavorable ; cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'un vice de procédure faute de procédure contradictoire menée sur le fondement des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; cette décision est entachée d'une erreur de droit pour défaut d'examen de sa situation personnelle, la préfète s'étant placé à tort en situation de compétence liée ; cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'illégalité interne au regard de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article L 513-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une décision du 6 décembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle auprès du tribunal judiciaire de Toulouse a admis M. B D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention internationale des droits de l'Enfant ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le Code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le Code de justice administrative.
Vu la décision du 4 janvier 2023 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a désigné M. A C pour statuer par ordonnance sur les requêtes d'appel en application de l'article R. 222-1 du Code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du Code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B D ressortissant arménien né le 24 février 1999, est entré en France le 9 novembre 2018 avec sa mère et son frère. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 janvier 2021. Par un arrêté du 26 mars 2021, la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français. M. D a présenté le 2 décembre 2021, une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 2 décembre 2021. Par un arrêté du 18 janvier 2023, la préfète de l'Ariège a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur le bien-fondé du jugement et des décisions attaquées :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, M. B D reprend en appel les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'absence de respect d'une procédure contradictoire menée sur le fondement des dispositions de l'article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l'administration et de méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne qui exige que toute personne soit entendue avant l'édiction d'une décision défavorable .En l'absence de critique utile du jugement attaqué sur ces points, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la rédaction de l'arrêté du 18 janvier 2023 de la préfète de l'Ariège, qui est très détaillée, qu'il a été procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé, à la fois quant à sa situation personnelle tenant notamment au fait que s'il avait produit un projet de contrat d'apprentissage, il n'était pas inscrit en contrat d'apprentissage pour l'année 2022/2023. Le refus de séjour se fonde également sur le fait qu'il s'est maintenu en France, où il n'a été admis au séjour que pendant l'instruction de sa demande d'asile, après le rejet de sa demande d'asile, en situation irrégulière, pendant une période de quatre ans, et sur la circonstance que ses parents et son frère avec lesquels il est entré en France, sont également en situation irrégulière, alors que par ailleurs, il ne serait pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où se trouveraient ses grands-parents. Dans ces conditions, le moyen invoqué par M. B D tiré de l'absence d'examen particulier de sa situation, doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
6. Il appartient à l'autorité administrative, en application de ces dispositions, de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale" répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
7. Tout d'abord si M. D se prévaut comme en première instance du fait qu'il était en situation d'apprentissage, il ne conteste pas utilement le motif opposé par l'arrêté du 18 janvier 2023 de la préfète de l'Ariège, selon lequel s'il a produit à l'appui de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, un projet de contrat d'apprentissage, il n'était pas inscrit en contrat d'apprentissage pour l'année 2022/2023. Par ailleurs, les seules circonstances alléguées de l'ancienneté de son séjour en France, alors que comme il est indiqué au point 5 de la présente ordonnance, il n'y a été admis que le temps de l'instruction de sa demande d'asile, qu'il s'est maintenu en France malgré le rejet définitif de celle-ci, et de l'intervention de deux mesures d'éloignement, et que si ses parents et son frère se trouvent en France, ils sont également en situation irrégulière, sont insuffisantes pour faire regarder l'appelant comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la préfète de l'Ariège n'a pas commis d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Compte tenu ainsi qu'il est dit, que M. B D n'a été admis au séjour en France que pendant l'instruction de sa demande d'asile, qu'il s'y est maintenu après le rejet de sa demande d'asile, en situation irrégulière, pendant une période de quatre ans, que ses parents et son frère avec lesquels il est entré en France, sont également en situation irrégulière, alors que par ailleurs, il ne serait pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où se trouveraient ses grands-parents, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, la décision de refus de séjour, n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Il résulte du point 4 de la présente ordonnance que la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée en droit et en fait. Par suite, l'obligation de quitter le territoire, qui, en l'espèce, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, est également suffisamment motivée.
11. En deuxième lieu, il ressort des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français et lui accorde un délai de départ volontaire. Dès lors, si M. D soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l'administration, ce moyen ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
12. En troisième lieu, compte tenu du rejet par la présente ordonnance, des conclusions dirigées contre le refus de séjour, le moyen invoqué contre l'obligation de quitter le territoire par voie d'exception d'illégalité du refus de séjour, doit être écarté.
13. En quatrième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point 9 de la présente ordonnance, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ni que l'obligation de quitter le territoire serait entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Il résulte des dispositions précitées, ainsi que l'ont relevé les premiers juges, que, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation du délai de départ volontaire fixé par la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
15. En deuxième lieu, le moyen invoqué sur le fondement de l'article L. 121-1 du Code des relations entre le public et l'administration, tiré de l'absence de procédure contradictoire, est inopérant, dès lors que les dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminent l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français.
16. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. B D ou se serait cru tenu de limiter le délai de départ volontaire à trente jours. Le moyen invoqué en ce sens par l'appelant doit donc être écarté.
17. En quatrième lieu, compte tenu de ce que les parents et le frère de l'appelant sont également en situation irrégulière en France, et de toute circonstance humanitaire ou matérielle justifiant qu'un délai de départ supérieur à trente jours lui soit accordé, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision limitant à trente jours le délai de départ volontaire, serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
18. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui vise l'article L. 721-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. B D " n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ", comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement. Cette décision, alors que M. B D dont la demande d'asile a été rejetée, n'a pas fait valoir de risques particuliers en cas de retour en Arménie, est donc suffisamment motivée.
19. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète, compte tenu des éléments en sa possession, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. Le moyen d'erreur de droit ainsi invoqué doit dès lors être écarté.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. Si M. D se prévaut de risques en cas de retour dans son pays d'origine, il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Sa requête doit donc être rejetée.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B D qui est manifestement dépourvue de fondement, ne peut qu'être rejetée, tant dans ses conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué, que par voie de conséquence, dans ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du Code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 12 décembre 2023.
Le président-assesseur de la 3ème chambre,
A C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026