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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL01969

Cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL01969

jeudi 26 octobre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Toulouse
SectionCour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL01969
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 10 mars 2021 du préfet du Tarn portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, et fixation du délai de départ et du pays de renvoi.

Par un jugement n°2102155 du 2 juin 2022, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2023, M. A, représenté par Me Ducos-Mortreuil, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 2 juin 2022°) d'annuler l'arrêté du préfet du Tarn du 10 mars 2021

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation,

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées.

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse du 5 juillet 2022 M. A a été admis au bénéfice l'aide juridictionnelle totale

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration

- le code de justice administrative.

Le président de la cour a désigné M. Haïli, président-assesseur, pour statuer dans les conditions fixées par l'article R. 222-1 du code de justice administrative par une décision du 4 janvier 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais, né le 12 décembre 1999 à Sinthiou Bamambe (Sénégal) est entré sur le territoire français le 4 janvier 2016 selon ses déclarations. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance de l'a Haute-Garonne par un jugement en assistance éducative du juge des enfants du tribunal de grande instance de Toulouse du 21 janvier 2016. Le 25 août 2020, il a sollicité son admission au séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 10 mars 2021, le préfet du Tarn a rejeté sa demande de titre de séjour, a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, l'intéressé interjette appel du jugement n°2102155 du 2 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

3. L'appelant requérant reprend en appel, sans critique utile du jugement, le moyen invoqué tiré de l'insuffisance de motivation de l'ensemble des décisions, lequel doit être écarté par adoption des motifs retenu à bon droit par les premiers juges.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. Le requérant reprend en appel, dans des termes identiques et sans critique utile du jugement, à l'encontre de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour les moyens tirés de l'absence d'examen réel et sérieux de sa situation et d'erreurs de fait. Il y a lieu également d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par le tribunal administratif aux points 7 et 8 du jugement attaqué.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est célibataire et sans charge de famille en France, où il ne réside que depuis près de quatre ans à la date de la décision en litige, après avoir passé la majeure partie de sa vie personnelle, familiale et sociale dans son pays d'origine. En outre, il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas sérieusement contesté par l'appelant que ce dernier n'est pas isolé au Sénégal où demeurent, malgré le décès de son père, sa mère et sa sœur. La circonstance, non justifiée, qu'il ait noué en France des liens sociaux et amicaux et la circonstance qu'il ait intégré une formation professionnelle dans le cadre d'un certificat d'aptitude professionnelle en matière notamment de service à la personne et vente en milieu rural et qu'il ait assuré des actions de bénévolat pour l'apprentissage du français auprès des plus démunis, ne suffisent pas à lui conférer un droit au séjour, alors que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne garantissent pas à l'étranger le droit de choisir le lieu le plus approprié pour développer sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, compte tenu du caractère récent de sa présence sur le territoire national, et eu égard à l'absence de la centralité et de l'intensité de ses intérêts personnels en France, la décision préfectorale en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect sa vie privée et familiale, ni méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet du Tarn n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de l'intéressé.

7. M. A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, le moyen invoqué en première instance et tiré d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressé au regard de dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ce moyen, auquel le tribunal administratif a pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. La décision portant refus d'admission au séjour n'étant pas illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas dépourvue de base légale.

9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent arrêt, en l'absence de tout élément particulier invoqué, même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Eu égard aux mêmes circonstances, la mesure d'éloignement n'est pas non plus entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à invoquer le défaut de base légale de la décision fixant le pays de destination qui résulterait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de l'appelant est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation peuvent être rejetées en application de ces dispositions. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 34 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, et à Me Ducos-Mortreuil.

Copie sera adressée pour information au préfet du Tarn.

Fait à Toulouse, le 26 octobre 2023.

Le président-assesseur de la 4ème chambre,

X. Haïli,

La République mande et ordonne ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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