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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA31-23TL02005

cour administrative d'appel de Toulouse — Décision N° CAA31-23TL02005

jeudi 23 mai 2024

Juridictioncour administrative d'appel de Toulouse
Sectioncour administrative d'appel de Toulouse
N° DossierCAA31-23TL02005
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Montpellier d'annuler l'arrêté du 23 mai 2023 du préfet de l'Hérault portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2303207 du 4 juillet 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 août 2023 et le 30 septembre 2023, M. B, représenté par Me Magassa, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler ce jugement du 4 juillet 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 23 mai 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir et, dans l'intervalle, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Il soutient que :

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

- les décisions contenues dans l'arrêté en litige sont insuffisamment motivées ;

Sur le refus de titre de séjour :

- il a fait l'objet d'un refus de rendez-vous pour présenter sa demande de titre de séjour ce qui constitue une décision faisant grief susceptible d'un recours pour excès de pouvoir ;

- les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont applicables à sa situation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale et a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour lui refuser un délai de départ volontaire et n'a pas tenu compte de sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité des décisions d'obligation de quitter le territoire français et de refus de délai de départ volontaire ;

- elle a été prise en violation des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant guinéen né le 7 avril 1993 à Conakry (Guinée), est entré en France le 30 septembre 2015 et a bénéficié d'un titre de séjour en qualité d'étudiant valable du 15 septembre 2016 au 30 juin 2019. A la suite d'un contrôle de police effectué à la gare de Montpellier Saint-Roch le 23 mai 2023, il a été placé en retenue administrative car il n'a pas été en mesure de présenter des pièces et documents l'autorisant à circuler et séjourner sur le territoire. Par un arrêté du même jour, le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B relève appel du jugement du 4 juillet 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Hérault a visé les articles de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 611-1 2°, L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6, L. 812-1 et L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a entendu faire application. Cet arrêté est donc suffisamment motivé en droit. Cet arrêté est également suffisamment motivé au regard des éléments de fait dès lors qu'il mentionne que l'intéressé ne justifie pas être isolé ni démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et fait état de son célibat et de son enfant présent sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

Sur le refus de titre de séjour :

5. M. B soutient qu'il n'a pas pu prendre de rendez-vous sur le site internet de la préfecture afin de pouvoir déposer une demande de titre de séjour ce qui constitue une décision de refus de rendez-vous faisant grief susceptible de recours et que sa situation remplit les conditions prévues par les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquels : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " et " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

6. Il ressort des pièces du dossier qu'aucune décision de refus de rendez-vous n'est née dans la mesure où il n'est pas établi que M. B aurait sollicité la préfecture de l'Hérault pour tenter de prendre rendez-vous et qu'un refus lui aurait été opposé, les captures d'écran versées au dossier n'étant pas explicites. Par suite, M. B ne démontre pas avoir été dans l'impossibilité de déposer une demande de titre de séjour à l'expiration de son titre de séjour. Dès lors, ce moyen doit être écarté. Par ailleurs la circonstance que M. B aurait déposé, le 12 juillet 2023, une demande de titre de séjour, soit postérieurement à l'arrêté contesté, est sans incidence sur sa légalité.

7. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'application des dispositions de des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés comme inopérants.

8. Par ailleurs, il est constant que la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de refuser l'admission de M. B sur le territoire français. Par suite tous les moyens dirigés contre cette décision en tant qu'elle lui refuserait l'admission au séjour sur le territoire français, sont inopérants et doivent être écartés.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, M. B soutient que la décision contestée méconnaît les 5° et 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision contestée, qui dispose que : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / Par dérogation au présent article, l'étranger mentionné aux 2° à 8° peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 s'il vit en France en état de polygamie ".

10. Si le fils de M. B est né en France, celui-ci n'est pas de nationalité française de telle sorte que l'intéressé n'est pas père d'un enfant français mineur. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en Guinée. Par suite, ces dispositions ne sont pas applicables à la situation de M. B, ce moyen doit donc être écarté.

11. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision contestée méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant aux termes duquel : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / 2. Les Etats parties s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées. / 3. Les Etats parties veillent à ce que le fonctionnement des institutions, services et établissements qui ont la charge des enfants et assurent leur protection soit conforme aux normes fixées par les autorités compétentes, particulièrement dans le domaine de la sécurité et de la santé et en ce qui concerne le nombre et la compétence de leur personnel ainsi que l'existence d'un contrôle approprié ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. Il ressort des pièces du dossier que si l'enfant mineur de M. B est en France avec sa mère, l'intéressé ne démontre pas entretenir une vie commune avec la mère de l'enfant ni contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils et qu'ils seraient dans l'impossibilité de se voir en Guinée, pays dont ils ont tous la nationalité. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit donc être écarté.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. M. B soutient que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si Mme A, la mère de l'enfant de M. B, atteste le 24 septembre 2023, dans une pièce nouvelle en appel, que l'intéressé s'occupe de son fils mais qu'ils sont séparés, aucun élément ne vient indiquer qu'ils seraient dans l'impossibilité de se voir en Guinée, pays dont ils ont tous la nationalité. De plus, si M. B se prévaut de la présence de ses frères et sœurs en France et de l'ancienneté de son séjour en France, il a été muni d'un titre de séjour en qualité d'étudiant à l'expiration duquel il avait vocation à rentrer dans son pays d'origine. En tout état de cause, il n'a pas effectué de demande de renouvellement de titre de séjour et il n'est pas démontré que M. B serait dépourvu d'attaches familiales en Guinée. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Dès lors, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait dépourvue de base légale.

16. M. B soutient que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour lui refuser un délai de départ volontaire et n'a pas tenu compte de sa situation personnelle. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". De même, l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu sur le territoire français après expiration de son titre de séjour valable jusqu'au 30 juin 2019 et qu'il a déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français lors de son audition du 23 mai 2023. Dès lors, le préfet ne s'est pas estimé en situation de compétence liée et a tenu compte de sa situation personnelle pour estimer à bon droit qu'il pouvait lui refuser un délai de départ volontaire. Ce moyen doit donc être écarté.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

18. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Dès lors, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait dépourvue de base légale.

19. M. B soutient également que la décision contestée n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des termes mêmes de l'arrêté en litige, que le préfet de l'Hérault n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation du requérant.

Sur la décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an :

20. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ne sont pas établies. Dès lors, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait dépourvue de base légale.

21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

22. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Hérault a pris en compte tous les critères pour édicter une interdiction de retour d'un an à l'encontre de M. B et notamment le fait qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration de son titre de séjour le 30 juin 2019, qu'il ne justifie pas de circonstances humanitaires et qu'il ne justifie pas avoir établi le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Le moyen tiré de la violation des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

23. M. B soutient que la décision contestée porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. Il résulte de ce qui a été dit au point 14 que le moyen tiré de l'atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

25. Il résulte de ce qui a été dit aux points 12 et 14 que les moyens tirés de de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de M. B et de l'atteinte à l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.

26. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées au titre de article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que sa demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire, à défaut de demande enregistrée au bureau d'aide juridictionnelle à la date de la présente ordonnance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Fait à Toulouse, le 23 mai 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

A. Geslan-Demaret

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°23TL02005

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